blogune 180Depuis neuf ans, le père Bruno, salésien de Lyon, entretient un blog en lien avec des jeunes. Comment en est-il venu à se lancer dans cet univers ? Après qu'une maladie l'a obligé à changer son mode de présence auprès des adolescents, le père Bruno s'est investi dans les blogs. C'était l'époque des grandes heures de la radio Skyrock, de son célèbre animateur pour ados, Difool, et des skyblogs. Aujourd'hui le père Bruno a beaucoup à dire sur cette expérience de réseau avec les jeunes... A partager !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DBA : Comment faire du lien sur les blogs ?


B. N : La plupart des jeunes se servent de leur blog comme d'un instrument de dialogue. Mon principal travail, comme blogueur sur une plateforme "jeunes", était de "repérer" ceux qui avaient peu de coms (de "réactions") pour les encourager. Sur une plateforme de blogs "jeunes", il y a, comme dans une classe ou école, les "populaires" et les "rejetés".

 

« Avoir le sentiment d'être lu dans leur détresse aide les jeunes. »


Il y a une véritable capacité de réseautage sur une plateforme de blogs : il y a quatre ans, j'avais ainsi réussi à "créer" une sorte d'escouade "anti-dépression" (et donc préventive face au risque de suicide) pour aller encourager par coms des jeunes qui manifestaient dans leur blog des tentations suicidaires ou lançaient des cris d'alarme désespérés.

 

DBA : Comment vous présentez-vous sur les blogs ?


B. N : Ni comme prêtre ni comme "salésien". L'auteur d'un blog utilise en général un "pseudo", choisi par lui-même, qui cache sa vie privée. J'ai adopté le profil d'un animal sympathique, que j'ai parfois "varié" : j'ai été ainsi écureuil, hérisson, etc. Pour ma part, je tenais beaucoup à "varier" le genre de mes articles : recul réflexif sur tel ou tel événement médiatisé, poésies, petits contes-paraboles, "coups de gueule" contre tel ou tel travers sociétal, "images-choc" sur lesquelles je demandais aux lecteurs de réagir en coms, etc. Tout ceci de manière drolatique et non moralisatrice. Mais l'essentiel de mon action consistait à lire les blogs des autres, et éventuellement à leur laisser un com gentil mais "confortant".

 

DBA : De quoi parlent les jeunes dans leur blog ?


B. N : J'ai souvent "soutenu" psychologiquement des étudiants (surtout de prépa) qui, seuls dans leur "turne" d'étudiants face à un travail absorbant, se découragent et livrent leur découragement ou leur angoisse de ne pas être au niveau sur leur blog. Le seul fait d'avoir le sentiment d'être lu dans leur détresse psychologique et encouragé les aide. Il faut comprendre que souvent un jeune n'a pas révélé l'existence de son blog à ses parents, pudeur ou culpabilité de ne pas "répondre" à l'engagement (souvent aussi financier) de ses parents qui ont "investi" ne serait-ce que pour l'inscription au concours ou la location de la chambre d'étudiants. Evidemment, ces angoisses s'amplifient au fur et à mesure qu'approchent des dates fatidiques d'examens.

 

 

 

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DBA : Qu'est-ce que les jeunes aiment le plus partager ?


B. N : Ils adorent "partager". Tout y passe : photos de voyages, concerts, critiques de films, vie de lycée ou d'université. Mais aussi créations plus personnelles : il y a eu ainsi sur la plateforme de blogs où je me trouvais une véritable éclosion d'artistes, qui s'étaient regroupés sous la catégorie des "dessineux" et qui s'encourageaient les uns les autres (avec des coms qui savaient être sévères ou critiques sur tel ou tel aspect "raté" du dessin créé). Plusieurs d'entre eux ont ensuite réussi leur entrée dans des écoles de Beaux-Arts, certaines prestigieuses.
Il ne faut pas négliger, non plus, les "blogs à thème" : souvent le "suivi" d'un groupe musical ou d'un chanteur vedette. Mais aussi des thèmes plus divers : j'ai même vu un blog centré uniquement sur les vaches et leurs mœurs... Beaucoup de blogs orientés aussi sur les chats, les chevaux, et, exception mais à grand succès, un blog sur les serpents (dont l'auteur, surveillant général dans un lycée, était par ailleurs un excellent dessinateur !).

 

DBA : Quel bénéfice les jeunes y trouvent-ils ?


B. N : Une plateforme de blogs peut être une véritable "coopérative" d'entraide même sur le plan de la progression d'apprentissages de toute sorte. Ma dernière joie, toute récente : voir une fille à l'orthographe déplorable et inscrite en école de couture, mais dessinatrice ultra-douée et "perfectionniste", que j'aide depuis 4 ans en lui renvoyant à chaque fois ses "articles" corrigés avec la bonne orthographe (avec un mot d'encouragement final marquant les progrès !) ; parce qu'elle avait évolué vers la chapellerie de mode, elle vient d'être embauchée par la maison Dior pour un contrat d'apprentissage ! Or se faire recruter comme apprentie par la maison Dior, c'est un avenir assuré ! Dans son dernier article assez long (40 lignes), une seule faute d'orthographe. Il s'agit d'une famille où la mère, seule, assume deux adolescents !

 


DBA BLOG 1 face book v1355DBA : Facebook, Tweeter, se substituent aux blogs. Qu'en pensez-vous ?

 

B. N : Il est plus facile de donner un coup de souris sur l'idéogramme "I like" de Facebook, de s'y agglutiner dans une masse d'opinions, que d'écrire, composer et mettre en forme un article de blog. L'adhésion à Facebook se fait donc souvent au détriment de l'écriture et la rédaction personnelle. On peut le regretter : pour beaucoup de jeunes, leur blog jouait le rôle d'une véritable thérapie et maturation personnelle par l'écriture. Beaucoup de jeunes d'ailleurs se mettent à écrire un blog suite à une thérapie personnelle.

 

 

Propos recueillis par Jean-Pierre Monnier

salésien de Don Bosco

30 janvier 2014

 

 

 

 

 

 

 

DES JEUNES DISENT LEUR MAL DE VIVRE - EXEMPLESDBA BLOG 5 pendu v2 180

 


« Aujourd'hui, ce que mon père a dit sur les homosexuels avec un grand sourire m'a donné envie de crier et de cogner. Et mon frère n'a rien répondu. Je lui ai dit l'année dernière que j'étais amoureuse d'une fille. Il aurait pu m'aider, ce midi.
Il est reparti dans l'après-midi, sans venir me voir une seule fois. Je lui aurais dit : "Avec Céline, c'est fini, parce j'ai eu envie de faire l'amour à un garçon, et que je l'ai fait. Et puis je suis partie, et puis j'ai rencontré un autre garçon, mais ça ne va pas non plus. J'ai peur de ne jamais me sentir bien, ni avec une femme, ni avec un homme. Et il n'existe pas de troisième sexe sur lequel je pourrais me rabattre. Mon corps cherche les autres corps et n'aime jamais ce qu'il trouve. » Mélanie.

 

 

« J'en ai des complexes. Ma pilosité entre autres. Héritage de mon père, je suis énormément poilue, des bras, du dos, et comme je suis brune... pendant longtemps je me suis épilée les bras tellement je ne le supportais pas. Aujourd'hui j'arrive à peu près à l'accepter... tant qu'on ne me fait pas de remarque. Là, les vieux démons remontent, et je me sens très mal. Je vous ferai grâce de la poitrine trop petite, des grandes oreilles et des cheveux frisotants et indomptables.
Maintenant, c'est à vous ! J'attends vos coms ! » Thiffaine.

 


 


 

 

Pour aller plus loin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Mot du jour

Chaque éducateur a un certain degré de tolérance à la transgression. Il réagira plus ou moins vite selon sa conception de ce qu’est un acte grave. Entre la « tolérance zéro » qui ne pardonne rien et sanctionne tout, et le laxisme qui ne voit aucune limite, l’éducateur salésien aime établir avec les jeunes une sorte de contrat de confiance. C’est ensemble qu’ils établissent les règles et les sanctions éventuelles. Ainsi, les jeunes sont invités à la responsabilité. Il n’y a pas de sanction qui leur « tombe dessus » : s’ils n’ont pas respecté le contrat, ils savaient déjà ce qu’ils risquaient, puisqu’ils l’avaient décidé avec l’éducateur. Ce qui est un jeu, ce n’est plus le degré de tolérance de cet éducateur, mais c’est le respect du contrat dont les jeunes sont partenaires.

Chaque éducateur a un certain degré de tolérance à la transgression. Il réagira plus ou moins vite selon sa conception de ce qu’est un acte grave. Entre la « tolérance zéro » qui ne pardonne rien et sanctionne tout, et le laxisme qui ne voit aucune limite, l’éducateur salésien aime établir avec les jeunes une sorte de contrat de confiance. C’est ensemble qu’ils établissent les règles et les sanctions éventuelles. Ainsi, les jeunes sont invités à la responsabilité. Il n’y a pas de sanction qui leur « tombe dessus » : s’ils n’ont pas respecté le contrat, ils savaient déjà ce qu’ils risquaient, puisqu’ils l’avaient décidé avec l’éducateur. Ce qui est un jeu, ce n’est plus le degré de tolérance de cet éducateur, mais c’est le respect du contrat dont les jeunes sont partenaires.
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