Compagnons 4 355Le compagnonnage a, au fil des siècles, acquis des lettres de noblesse. Autour du concept du Devoir, se sont ainsi cristallisées des notions comme : honnêteté, droiture, soif de découverte, envie d’apprendre au contact des autres, nécessité de transmettre aux plus jeunes, souci d’adapter le métier aux exigences d’une société en constante évolution… Avec le temps, les Compagnons du Devoir et du Tour de France ont su construire une identité qui leur a permis de tenir une place originale dans le monde du travail. Petit tour d’horizon sur cette grande école des hommes de métiers en compagnonnage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils sont aujourd’hui 4000 jeunes à effectuer le tour de France chez les Compagnons du Devoir. Répartis dans 28 métiers, ils sillonnent le pays pour acquérir de nouvelles techniques. Fabien Marchalot, vingt-six ans, maçon et technicien métreur, témoigne : « En fin de troisième, j’ai rejoint les Compagnons du Devoir pour faire mon apprentissage à Lille, chez un maçon. Ensuite, sur le Tour de France, j’ai appris tous les aspects du métier : le gros œuvre, la construction de pavillons, la rénovation, la création d’escaliers… J’ai pu par la suite changer de voie, avec le soutien des Compagnons. J’ai passé un BEP de technicien de l’architecture et de l’habitat, puis un Bac Pro technicien du bâtiment, études et économies. Aujourd’hui, chez Eiffage Construction, à Rouen, mon travail consiste à métrer, chiffrer et préparer les chantiers, pour la maçonnerie bien sûr, mais aussi pour les autres corps d’état. C’est de l’organisation et du suivi de chantiers et ça me convient parfaitement. »

 

Certains compagnons partent à l’étranger. C’est le cas de Camille, aujourd’hui vingt-huit ans, menuisier. Elle travaille au sein d’une entreprise à Bruxelles, où elle réalise avec d’autres personnes des créations de designers : « Après un Bac littéraire, j’ai préparé l’Ecole des beaux-Arts. Très vite, j’ai compris que ça n’était pas assez concret pour moi. Je me suis alors orientée vers un CAP menuisier chez les Compagnons du Devoir. J’aime le voyage, et le compagnonnage me permet justement d’être en mouvement, tout en restant bien dans le réel. Le Tour de France m’a fait voyager en Irlande, dans une entreprise où j’ai appris les règles de l’art de ce métier qui garde aussi une vraie dimension créative. »

 

 

 

 

La vie dans la maison permet de rencontrer des professionnels issus de tous les corps de métiers

Quel que soit le lieu de travail, le compagnon du Tour de France est accueilli dans une maison, qui est sous la responsabilité d’un prévôt. La maison des compagnons de Paris est dirigée depuis plus d’un an par Janny Thomas. Celui-ci est menuisier de formation. À l’issue de son tour de France, il fait un an comme compagnon itinérant, où il encadre les plus jeunes dans leur formation. Aujourd’hui prévôt, il explique sa mission : « Premièrement, c’est veiller au bon fonctionnement de la maison avec ses salariés et son intendance en lien avec la maîtresse de maison (hébergement, entretien…). Deuxièmement, c’est être responsable des deux cents jeunes, du suivi de leur formation et du lien avec l’employeur. Et troisièmement, c’est de voir le placement des jeunes en entreprise et leur prévoir leur accueil au sein de notre maison. Car comme les jeunes voyagent, à chaque fois, je prépare leur arrivée en démarchant les employeurs. »

 

 

Des chiffres

  • 6.000 en formation initiale : CAP, BacPro
  • 4.000 en Tour de France 
  • 50% d'entre eux sortent de la formation initiale
  • Un tour de "France" dans 60 pays
  • 85% reste dans le domaine de travail où il a été formé et la plupart n’ont pas de difficulté pour trouver un emploi. 

Il faut apprendre à cohabiter

Une fois la journée de travail terminée, les jeunes ont des cours en soirée. L’encadrement est assuré par des anciens compagnons. « Au départ : les jeunes voient la formation et la vie en communauté plutôt positivement avec ses règles à respecter, le fait de ne pas être seuls, de pouvoir toujours être soutenus, poursuit Janny Thomas. Mais ce cadre peut être aussi perçu négativement. Quand un métallier et un boulanger se retrouvent dans une chambre avec des horaires de levers différents…, il faut aussi apprendre à cohabiter. » La vie dans la maison permet aussi de rencontrer des professionnels issus de tous les corps de métiers, d’établir des contacts avec d’autres jeunes et de se constituer un véritable réseau personnel. Les anciens mettent un point d’honneur à passer dans les communautés.

 

 

Qui entre chez les Compagnons ?

Aujourd’hui, tout jeune, n’ayant pas forcément de formation, peut être accueilli chez les Compagnons du Devoir. Janny Thomas fait des interventions dans le monde scolaire car cette organisation est peu connue. Il reçoit les jeunes intéressés : « Un premier contact permet déjà de présenter globalement ce qui se fait. À cette occasion, un dossier de candidature est distribué. Après acceptation du dossier, une deuxième rencontre plus individuelle permet de donner plus d’éléments en fonction des souhaits du candidat. »

 

 

Les différentes étapes de la formation : étudiant CAP ou BacPro, aspirant, puis Compagnon

Compagnons 2 355« Très vite, j’ai compris que les Beaux Arts, ça n’était pas assez concret pour moi. Je me suis alors orientée vers un CAP menuisier chez les Compagnons du Devoir. »S’ils n’ont pas de formation, ils intègrent un temps d’apprentissage vers un CAP ou un BacPro. En 2ème et 3ème année, ils peuvent prendre la décision de partir faire le Tour de France, muni de leurs premières compétences, de leur « caisse à outils » qu’ils rempliront au fil du voyage. « Durant cette période, ils sont Aspirants, précise Janny Thomas, c'est-à-dire qu’ils aspirent à devenir Compagnon. Ils ont deux travaux : un petit travail d’ « adoption » au moment de partir. C’est un travail qui est corrigé par des anciens Compagnons, qui est plutôt symbolique. Cela permet avant tout de bien cerner la motivation du jeune sans que celui-ci soit jugé sur sa capacité professionnelle, de voir qu’il a bien adopté les règles. Le jeune réalisera son Tour de France entre quatre et six ans. Il passera d’Aspirant à Compagnon par la réalisation du chef d’œuvre du Compagnon, qu’on appelle « réception » : le jeune est reçu Compagnon du Devoir. Là le travail sera jugé sur le plan du métier, les acquisitions, la motivation et la capacité à bien évoluer au sein des Compagnons et dans les entreprises. »

 

 

 

 

Le Compagnon est fidèle à sa devise : Ni s'asservir, ni se servir, mais servir.

Après le Tour de France, s’ouvre une période de un à trois ans de transmission : les Compagnons deviennent encadrant des plus jeunes, au sein d’une mission appelée « gâche ». Certains deviennent prévôt. Après cette période ils deviennent sédentaires, c’est-à-dire qu’ils s’installent dans la vie. Le réseau repose beaucoup sur le bénévolat et la transmission du savoir faire et du savoir être. Fidèle à sa devise : Ni s'asservir, ni se servir, mais servir.

 

 Vincent Grodziski

13 février 2014

 


 

 

Don Bosco initie les contrats d'apprentissages

 

Au milieu du XIXème, siècle, dans les faubourgs de Turin, le sort des jeunes était peu enviable. L'embauche dans le bâtiment était importante, au vu de l'explosion démographique. Alors, bien des parents, pauvres paysans à la merci de mauvaises récoltes, envoyaient leurs enfants dans la ville. Ils étaient alors à la merci de patrons qui les embauchaient et les débauchaient à leur guise, pour des salaires dérisoires.

 

À partir de 1853, Don Bosco commença à ouvrir des ateliers dans la maison annexe de l'Oratoire, en particulier dans le domaine de la charpente. Il s'agissait bien d'ateliers, et non pas encore d'école professionnelle, car il fallait produire pour ne pas alourdir les difficultés financières de la maison. Charpentiers et menuisiers travaillaient pour le bâtiment ou l'aménagement du mobilier de la ville.  Don Bosco noua un partenariat avec des patrons, appelés a participer au financement de ses ateliers avec en retour l'assurance de pouvoir embaucher des jeunes connaissant le métier. Voilà pourquoi on dit de Don Bosco qu'il fut le créateur des contrats d'apprentissage.

 

 

Compagnons jardiniers 355« Sur le Tour de France, j’ai appris tous les aspects du métier »

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin

Devenir Compagnon de Jean Mopin chez Flammarion

Site internet : www.compagnons-du-devoir.com

 

 

 

 

 

 

 

 


Mot du jour

« Pour ne pas se faire bouffer, il faut savoir garder une distance. » Langage de dompteur utilisé parfois par les enseignants ou les éducateurs. Toute la question est de savoir quelle est la juste distance. Trop loin, on peut paraître distant, inaccessible, difficilement abordable. Trop proche, on peut paraître jouer au copain ou au démagogue. Pour l’éducateur salésien, la présence sait se faire assez proche. Il ne faut pas craindre d’aller là où sont les jeunes, quitte à parfois « se faire jeter ». Il faut connaître ce qu’ils aiment et se plaire en leur compagnie. Il n’y a pas de « juste distance » définie une fois pour toutes. Le discernement de l’éducateur saura évaluer différemment, en fonction de la situation de chaque jeune. Une proximité amicale pourra être appréciée et bénéfique pour l’un, alors qu’elle sera vécue par un autre comme une agression, en référence à une mauvaise expérience affective. L’art de l’éducateur comprend aussi celui de savoir trouver sa place par rapport à un jeune.

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