Vivre et aimer 1 355 Don Bosco mettait en avant les liens familiaux pour que les jeunes vivent heureux avec leurs proches, et plus tard dans la société. Jean Claude et Marie Ange Lambert qui ont fait équipe durant trois ans avec le Père Guy Dermond, salésien de Don Bosco, comme responsables au Conseil National belge de Vivre et Aimer témoignent de leur itinéraire.

 

 

Que dire de votre couple avant « Vivre et Aimer » ?

Marie-Ange : L'histoire de notre couple ressemble à celle de beaucoup d'autres : l'arrivée de quatre enfants dans les premières années, et puis on se laisse accaparer chacun par son travail, et tout doucement on partage de moins en moins ce que l'on vit, les silences pèsent, mais on trouve cela normal...

 

Jean-Claude : Mon travail prenait de plus en plus de temps, j'aimais beaucoup ce que je faisais, j'y trouvais des satisfactions, cela me valorisait. Je faisais aussi de la politique au sein du conseil de ma commune.

 

Vivre et Aimer 4 355MA : J'ai souvent protégé Jean-Claude, trouvant normal qu'il soit « à plein temps » dans son travail, et qu'il se donne à la politique. Et c'est ainsi qu'on s'est retrouvés comme sur deux rails, vivant des vies parallèles, avec de moins en moins d'interactions. J'étais insatisfaite, mais c'était ainsi. C'était comme dans la chanson de Maxime le Forestier, « La Rouille » : « L'habitude vous joue des tours, nous qui pensions que notre amour avait une santé de fer... » On était « amoureux » comme ça ; autour de nous, on disait que c'était normal qu'il n'y ait plus de « peps ».

 

JC : Il ne nous manquait pas grand chose, mais il y avait de moins en moins de choses communes, sauf peut-être le passé qui nous tenait ensemble : nous avions les mêmes valeurs, nous nous étions trouvés au Patro et nous y étions encore attachés ; nous faisions les camps en montagne avec les jeunes et « tonton Jean-Marie », salésien. Je ne me rendais pas compte de cette insatisfaction de Marie-Ange.

 

MA : On se racontait peu. On se rechargeait ailleurs. Moi à la chorale ou au théâtre, lui comme président de l'Association des architectes devenue comme sa maîtresse ! Je prenais des vacances seule avec les enfants... J'ai même envisagé de quitter Jean-Claude pour marquer le coup.

 

 

Comment « Vivre et Aimer » est entré dans votre vie ?

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Les propositions de Vivre et Aimer

 

Vivre et Aimer, pour les couples mariés : vous recentrer sur ce que vous désirez vivre à deux. Sortir de la routine, communiquer plus intensément, retoucher votre projet de vie.

 

Amour et Engagement, pour fiancés : poser les fondations pour s'engager, par un projet de vie, en mettant des priorités.

 

Choice, pour jeunes, « Fais tes choix avec ton cœur » : pour se connaître, s'accepter, se faire confiance, et discerner ses choix personnels.

 

Single, pour célibataires de plus de 35 ans, veufs, séparés, divorcés : prendre conscience de sa réalité d'aujourd'hui, construire son avenir avec confiance, en relation avec d'autres.

 

En Belgique Vivre-et-aimer.be

En France Vivre-et-aimer.org

 

MA : Nous en avions entendu parler depuis environ quatre ans, mais vu de l'extérieur, cela ne nous plaisait pas. Nous avions l'impression d'un club fermé, de quelque chose d'artificiel. Pas envie de faire le pas. Finalement, c'est moi qui ai pris la décision. Jean-Claude n'était pas convaincu.

 

JC : Je ne voyais pas à quoi ça pourrait servir, je ne sentais pas tellement le malaise. J'avais donc pris de quoi m'occuper au cas où... Le week-end n'a pas été fulgurant, mais j'ai tout suivi, je n'ai pas eu recours à mes échappatoires. Ce qui m'a frappé, ce sont les témoignages, l'audace de ces couples de parler de tout. Nous nous sommes parlé pendant ce week-end.

 

MA : Toutes les sessions sont basées essentiellement sur les témoignages de couples et d'un prêtre. Ils parlent de leurs sentiments. Ils invitent à toucher des points difficiles comme l'argent, la belle-famille. Ils montrent comment exprimer une peur sans que cela devienne un reproche, et aussi à dire ce qui ferait plaisir. Il n'y a pas eu de « transfiguration » radicale, mais un chemin s'est ouvert, par une nouvelle façon de se parler, un déplacement des points de vue. Jean Claude parlait de politique autrement : il partageait ce qui le touchait, son ressenti. Nous avons appris aussi à ne plus disqualifier la belle-famille. Cela nécessite de déjouer les pièges à l'écoute et une plus grande présence à l'autre qui se manifeste dans les attitudes corporelles. Cela se travaille.

 

JC : Nous avons pris du temps pour parler, en prenant le risque d'être vrais : des enfants, des dépenses, des cadeaux à offrir. Parler de soi et pas de ce qu'on fait, parler de plaisir et de déplaisir, et quitter le ton du reproche. Ce travail s'est fait après le week-end, grâce aux propositions du mouvement qui continue d'accompagner ceux qui le veulent. Il y a le parrainage par un autre couple, les rencontres chaque mois avec des témoins qui abordent un thème précis, et puis les cellules de vie qui rassemblent quelques couples et un prêtre. Enfin, il y a des week-ends de formation.

 

 

Vivre et aimer 2 355Comment se passent les rencontres ?

MA : Chaque rencontre ou formation est basée sur des témoignages. Il y a toujours un temps d'écriture, la « lettre d'amour », pendant 10 minutes, suivi d'un partage en couple. Après ce temps de dialogue, on partage avec les autres couples, librement. On est toujours attentifs aux petits pas que nous pouvons faire pour ne pas rester loin de son rêve. On essaie de dire ce qui nous fait bouger.

 

JC : Il y a deux grands moteurs qui proviennent de deux grands besoins : celui d'être aimé d'abord, et celui de se sentir reconnu, valorisé à l'extérieur et chez soi. Et il y a trois grands sujets, l'argent, le sexe, le pouvoir. On aborde tout cela à travers le vécu du couple, et en vue du couple.

 

 

 

La présence d'un prêtre vous paraît importante ?

MA : Les week-ends ne sont pas des retraites, mais changer les couples est évangélique, car on change le monde. Avec le Père Guy, nous avons formé un vrai « team », et nous avons mis la prière et la dimension spirituelle au cœur de notre démarche. Cela fait du bien à l'Eglise, ça lui apporte du sang neuf.

 

 Jean François Meurs

salésien de Don Bosco,
Centre spirituel de Farnières

29 aout 2014

 

 

 

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Mot du jour

« Pour ne pas se faire bouffer, il faut savoir garder une distance. » Langage de dompteur utilisé parfois par les enseignants ou les éducateurs. Toute la question est de savoir quelle est la juste distance. Trop loin, on peut paraître distant, inaccessible, difficilement abordable. Trop proche, on peut paraître jouer au copain ou au démagogue. Pour l’éducateur salésien, la présence sait se faire assez proche. Il ne faut pas craindre d’aller là où sont les jeunes, quitte à parfois « se faire jeter ». Il faut connaître ce qu’ils aiment et se plaire en leur compagnie. Il n’y a pas de « juste distance » définie une fois pour toutes. Le discernement de l’éducateur saura évaluer différemment, en fonction de la situation de chaque jeune. Une proximité amicale pourra être appréciée et bénéfique pour l’un, alors qu’elle sera vécue par un autre comme une agression, en référence à une mauvaise expérience affective. L’art de l’éducateur comprend aussi celui de savoir trouver sa place par rapport à un jeune.

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