radicalisation Contrairement à ce que croient beaucoup, les jeunes qui se radicalisent ne sont pas tous des maghrébins issus des quartiers sensibles de la banlieue, engoncés dans la délinquance, et qui voient dans l’adhésion à l’islam radical une manière de venger la déconsidération dont ils se sentent l’objet et de pouvoir ainsi acquérir une stature de héros.

 

Ce que ces jeunes cherchent dans la voie de la radicalisation ressemble davantage à une quête existentielle : ils veulent donner un sens à leur vie, en rupture avec leur milieu d’appartenance, manifestant pour beaucoup une sensibilité humanitaire - partir sauver les enfants martyrisés par le régime de Hassad. Les adolescentes sont parfois attirées par l’idée romantique d’épouser un combattant considéré comme un héros.

La puissance d’attraction de Daech, auprès de ces jeunes, est souvent liée à la maîtrise de l’utilisation des techniques modernes de communication : internet, réseaux sociaux…

 

Cinq étapes vers la radicalisation

Le parcours qui conduit à la radicalisation se déroule bien souvent en cinq étapes. Il s’agit d’abord de créer un « nous » à partir de rencontres réelles ou virtuelles, puis de définir un « eux » en opposition à ce « nous » : ce sont tous ceux qui sont alors qualifiés de mécréants. La troisième étape, qui conduit à la violence, consiste alors à disqualifier l’altérité, en en faisant une chose méprisable, en la déshumanisant. Voici que sont qualifiés de « porcs » ceux qui mangent du porc, de « putains » celles qui ne se couvrent pas la tête et le corps. C’est avec la quatrième étape que tout bascule, lorsque l’on se convainc que l’autre représente un danger réel pour soi et pour les siens… Vient alors la cinquième étape où l’on se persuade de la nécessité de passer à l’action pour se défendre de la menace constituée par ce qui apparaît alors comme un grand complot.

« Le jeune commence par être happé par
un groupe, qui lui apporte une sécurité affective. »

L’estime de soi en question

On le voit, l’embrigadement relationnel précède l’endoctrinement idéologique. Le jeune commence par être happé par un groupe, qui lui apporte sécurité affective, contribue à la construction de son estime de soi et l’isole de ceux, membres de sa famille et amis, qui sont prétendus ne pouvoir les comprendre. Survient alors l’endoctrinement idéologique, où on lui fait découvrir que ses besoins et son idéal peuvent être comblés par son adhésion à l’idéologie salafiste.1

Identifier les signes lorsque l’on est parent

Prévenir la radicalisation, lorsque l’on est parent, nécessite d’être attentif, sans vouloir se montrer intrusif, aux relations nouées par son adolescent. Il s’agit surtout d’être vigilant lorsque l’établissement de nouvelles relations va de pair avec l’éloignement de relations anciennes, amicales (en particulier les amis avec lesquels il participait auparavant à des activités) ou familiales (cousins, cousines …). Il s’agit également de maintenir coûte que coûte le dialogue avec le jeune, en accueillant ses propos, mais en l’aidant à conserver une distance critique par rapport à la dérive idéologique.

C’est ainsi que l’on peut prévenir, de manière salésienne, l’embrigadement relationnel de son enfant, en étant attentif à son réseau relationnel, et l’endoctrinement idéologique, par le maintien d’un dialogue lui permettant de développer son esprit critique.

 

Jean-Marie Petitclerc
Salésien de Don Bosco
Coordinateur du réseau Don Bosco Action Sociale
Auteur des « La pédagogie de Don Bosco en douze mots-clés ».

1 : Le salafisme est un mouvement religieux de l’islam sunnite, adoptant une lecture littérale du Coran, et prônant un retour aux pratiques en vigueur dans la communauté musulmane au temps de Mahomet. <revenir à la source>


Mot du jour

Chaque éducateur a un certain degré de tolérance à la transgression. Il réagira plus ou moins vite selon sa conception de ce qu’est un acte grave. Entre la « tolérance zéro » qui ne pardonne rien et sanctionne tout, et le laxisme qui ne voit aucune limite, l’éducateur salésien aime établir avec les jeunes une sorte de contrat de confiance. C’est ensemble qu’ils établissent les règles et les sanctions éventuelles. Ainsi, les jeunes sont invités à la responsabilité. Il n’y a pas de sanction qui leur « tombe dessus » : s’ils n’ont pas respecté le contrat, ils savaient déjà ce qu’ils risquaient, puisqu’ils l’avaient décidé avec l’éducateur. Ce qui est un jeu, ce n’est plus le degré de tolérance de cet éducateur, mais c’est le respect du contrat dont les jeunes sont partenaires.

Chaque éducateur a un certain degré de tolérance à la transgression. Il réagira plus ou moins vite selon sa conception de ce qu’est un acte grave. Entre la « tolérance zéro » qui ne pardonne rien et sanctionne tout, et le laxisme qui ne voit aucune limite, l’éducateur salésien aime établir avec les jeunes une sorte de contrat de confiance. C’est ensemble qu’ils établissent les règles et les sanctions éventuelles. Ainsi, les jeunes sont invités à la responsabilité. Il n’y a pas de sanction qui leur « tombe dessus » : s’ils n’ont pas respecté le contrat, ils savaient déjà ce qu’ils risquaient, puisqu’ils l’avaient décidé avec l’éducateur. Ce qui est un jeu, ce n’est plus le degré de tolérance de cet éducateur, mais c’est le respect du contrat dont les jeunes sont partenaires.
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