Pilar horizon 180«La radicalité de la vie religieuse, je la trouve en France !» Pilar Alonso est une sœur salésienne mexicaine. Suite à sa demande de partir « en mission », elle était destinée à un pays d'Afrique francophone. Il y a quatre ans, elle est arrivée en France pour y apprendre le français ... et y est toujours ! Auparavant elle a vécu au Mexique bien sûr, et aussi à Cuba ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DBA : Sœur Pilar, quelle a été votre expérience missionnaire ?

Sœur Pilar : Cuba a été ma première expérience missionnaire. J'y ai partagé la vie de sœurs et de frères salésiens d'au moins neuf nationalités différentes. Le gouvernement de Fidel Castro à l'époque était fort hostile envers l'Eglise catholique. J'animais une paroisse qui n'avait plus de curé, et il y avait souvent qu'une personne qui écoutait ce que je prêchais : il fallait maquiller les idées et parler surtout de fraternité, de solidarité... Il n'était pas question de dénoncer les injustices et ce qui n'allait pas dans la société cubaine !

Ce dépouillement m'a fait beaucoup grandir dans ma relation à Dieu. Il m'arrivait de pleurer de joie en me disant : « Ici, il n'y a rien que toi, Seigneur. » Il n'y avait pas de musique, c'était interdit ; et le silence de l'île, la mer des Caraïbes, les amitiés sincères et chaleureuses, tout me parlait de Dieu. Cuba reste un point de référence dans ma vie.

DBA : Et la vie salésienne au Mexique, après Cuba. C'était très différent ?

Sr Pilar : Oui ! Au Mexique, nous sommes une province assez jeune. Nous sommes cinq sœurs, une puissance ! Nous avons au moins vingt établissements scolaires tous dirigés par des sœurs. Nous avons quatre ou cinq maisons pour des enfants vraiment en difficultés, sans famille. Mais l'Etat ne paie pas le salaire des professeurs de l'enseignement catholique; ce sont les parents qui doivent le faire. Alors, soit nous n'avons que les élèves de familles aisées, soit nous devons nous bouger beaucoup pour trouver des aides et pouvoir recevoir les enfants pauvres.
Et comme en chaque pays, la vie est tissée avec les fils de la culture. Chez nous, le sens de la famille, de l'autorité, de l'obéissance et de l'appartenance à la communauté est très fort. C'est la communauté qui compte et le développement de la conscience personnelle, de la liberté ou de l'autonomie adulte peut être un peu atrophié !


La foi imprègne toute la culture. La dévotion est exprimée, partagée ; il y a de la ferveur dans le langage, les fêtes, les traditions... Tout tourne autour de l'Eglise, et les religieuses ont une place privilégiée dans la société. Ceci dit, le Mexique m'a fait cadeau d'une certitude qui est toujours pour moi une source de courage et de joie : c'est la conscience de la présence de Marie, la mère de Jésus. C'est quelque chose que j'ai reçu avec le lait maternel si je puis dire et qui s'est purifié et fortifié dans la culture française si cartésienne dans laquelle je baigne maintenant !

DBA : Vous avez été envoyée en France, et vous y êtes restée. Pourquoi ?

Pilar internat dba 355Ce sont les filles de l'internat qui m'ont permis de devenir ce que je suis. (Lycée Don Bosco de Lyon).Sr Pilar : Je suis tombée amoureuse de la manière de vivre la vie religieuse en France. J'ai trouvé une province âgée qui avait traversé les grandes révolutions de Vatican II et de mai 68. Les sœurs sont restées fidèles à leur vocation. J'ai trouvé des plus jeunes qui ont osé s'engager dans la vie religieuse dans des communautés âgées mais rayonnantes. Quel courage !

J'ai trouvé en France une Eglise insérée dans une société anticléricale où être catholique demande une foi courageuse. Les sœurs sont vraiment des citoyennes comme les autres. J'ai trouvé dans les communautés en France que ce qui compte c'est la personne, et qu'elle est accueillie telle qu'elle est.

 

Pas besoin de masques, pas besoin d'entretenir une image idéale de « bonne religieuse ». Au contraire, je ressens une continuelle recherche d'authenticité. Il n'est pas nécessaire d'être parfaite pour vivre la vie religieuse dans la joie ! Ici j'ai trouvé des sœurs capables de se dire la vérité tout en restant fraternelles. Nous vivons dans le respect de chacune, dans une grande simplicité de vie, et parfois même peu de moyens. Il y a une autonomie de chaque sœur dans son travail apostolique, dans la prise des décisions. Cette maturité adulte dans la vie religieuse, cette radicalité dont je rêvais, je l'ai trouvée en France.


En arrivant ici, j'ai perdu tous mes repères... Il y a eu une époque où j'avais l'impression de toujours marcher sur la corde raide en train de chercher l'équilibre dans une société quelque part opposée à la mienne. Ce sont les filles de l'internat qui m'ont permis de devenir ce que je suis. Les initiations « culturelles » qu'elles m'ont fait vivre ont permis un très beau rapprochement entre nous. J'ai été dépouillée de tout mais une sœur salésienne peut toujours, dans n'importe quelle circonstance, entrer en contact avec les jeunes. C'est notre vocation, cela nous est donné par le Christ.


Aujourd'hui après presque quatre ans de vie en France, je me sens partie prenante de ma province, et même s'il y a pas mal de compétences à développer dans ma personnalité mexicaine, je vois chaque jour l'œuvre que l'Esprit-Saint entreprend « courageusement » en moi, pour me faire devenir une sœur salésienne qui a Dieu pour unique pays et l'amour pour langue maternelle !

 

Propos recueillis par Joëlle Drouin et Bénédicte Pitti
30 mai 2013

 

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur la vie en communauté, chez les salésiennes de Don Bosco. http://www.soeurs-salesiennes.fr/

« Il n'est pas nécessaire d'être parfaite pour vivre la vie religieuse dans la joie ! »

 
 
 

 


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Le rire est le propre de l’homme. On pourrait parodier en disant qu’il est le propre des jeunes. En fait, pour eux, ce sont les petits riens, voire les bêtises, qui prêtent à rire. Et, bien sûr, la plus part du temps, ce sont des moments vécus en bande.

Par tempérament ou pour cacher sa timidité les jeunes aiment rire. Pour Hugo « Ça redonne de l’énergie, c’est comme du sucre. » Ils ne font pas allusion à de grands comiques que l’on peut entendre sur les médias mais, c’est bien dans des moments passés entre eux que se partagent d’abord les rires. Et, pour en souligner l’importance, Hugo de conclure. « Une semaine sans rigoler, je suis pas bien. »

Question : Veillons-nous à ce que le rire soit un moment important de partage dans nos familles ?

Voir le 8è épisode de la saison 2 : Qu’est-ce qui te fait rire ?

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