IR 1 Isabelle Rizzo est animatrice en pastorale scolaire à Marseilles« Annoncer l'évangile, quelle joie ! » Après avoir fait des études de commerce et décroché un bon job, Isabelle Rizzo lâche tout pour devenir Animatrice en pastorale scolaire au collège Sévigné, un établissement des sœurs salésiennes de Don Bosco de Marseille. Retour sur un chemin de foi.

 

 

DBA : Qu'est-ce qui vous a conduit à être animatrice en pastorale scolaire ?

Isabelle Rizzo : Il faut remonter loin dans mon enfance pour trouver les racines de cette décision J'avais sept ans, j'étais en vacances en Italie dans ma famille. Mon arrière-grand-mère m'emmenait à l'Eglise tous les après-midi. Elle était très croyante. C'est mon premier contact avec Jésus. Puis j'ai fait du catéchisme. J'accueille Jésus comme « mon ami ». Telle est ma foi à dix ans.
A dix-neuf ans, le curé de ma paroisse me dit : « J'ai besoin de toi pour les jeunes de l'aumônerie ». Je n'avais jamais fait d'aumônerie. J'ai décidé de faire confiance. Je suis devenue animatrice. J'ai adoré les rencontres et puis cette joie d'annoncer l'Evangile, de parler de Jésus. J'ai eu la chance de rencontrer mon mari qui était également animateur de cette aumônerie. Pendant ces années, j'ai fait la découverte du visage de Dieu, non seulement « ami », mais « Père » de tous et donc, mon Père à moi aussi.
C'était aussi le début de ma vie professionnelle. C'était difficile : le week-end je donnais tout pour les jeunes. J'étais dans la joie et la bonne humeur mais quand j'étais à mon travail, c'était autre chose. Je me demandais ce que je faisais là. J'avais envie de donner du sens à ma vie autrement. J'ai essayé de mettre de la qualité humaine dans mon travail, dans mes relations avec mes clients. Mais cela ne suffisait pas et je demandais au Seigneur de venir me chercher. Il a dû entendre mes prières. Il y a cinq ans, à l'occasion d'un réveillon, j'ai recroisé Valérie, une amie d'enfance qui me dit : « Viens à Sévigné, ils cherchent quelqu'un, on travaillera ensemble ».

 

DBA : Connaissiez-vous Don Bosco ?

I.R : Non, pas du tout. A ce moment, j'ai prié le Seigneur d'éclairer ma décision. J'ai dit : « Oui ». Et je suis tombée dans les bras de Don Bosco : le coup de cœur !
Don Bosco est pétri de l'Evangile. Quand il regarde un enfant, il le regarde avec les yeux d'un ami, d'un père, les yeux de la confiance, de la compassion, un père qui n'enferme pas dans les actes, qui donne au jeune une autre chance. Le Seigneur fait bien les choses pour moi. Juste avant Sévigné, j'avais vécu une expérience d'aumônerie de prison. C'est là que le Seigneur a préparé mon regard pour ma future mission au collège Don Bosco Sévigné à Marseille.
Annoncer le Christ, l'Evangile, rencontrer des enfants, des petits, quelle joie ! Cela fait quatre ans et j'ai l'impression que c'était hier. Pour moi, c'est la Résurrection. Je ne me lasse pas.

 

DBA : Pouvez-vous nous raconter votre expérience en prison ?

I.R : C'était une prison pour des jeunes. Un jour, un prêtre m'a demandé de venir travailler dans son équipe à l'aumônerie de cette prison.
Cet appel m'a beaucoup fait réfléchir. Je me suis dit : « Au jour d'aujourd'hui qui peut vraiment t'affirmer que tes enfants n'auront pas un problème dans quelques années. Ils peuvent manquer de discernement un jour et se retrouver en prison. Et que vas-tu faire : tu vas enfermer ton enfant dans son acte ou continuer à l'aimer ? »
C'est en tant que mère que j'ai répondu à cet appel : ces jeunes en prison, ce sont d'abord des enfants qui sont aimés, je l'espère, par une mère, un père. J'ai aussi pensé : celui qui me fait confiance c'est le Christ et si le Christ me fait confiance alors je peux tout. En prison, j'ai découvert « le Dieu compassion. » Cette mission a changé complètement mon regard. Je disais aux prisonniers : « Dieu croit en toi. Il t'aime et il te dit : « Aujourd'hui je suis avec toi, ici en prison, et tu peux repartir autrement dans ta vie. »

 

DBA : Que dites vous aux jeunes auprès desquels vous travaillez aujourd'hui ?

I.R : Quand ça ne va pas, il faut dire aux jeunes que rien n'est fini et qu'il faut faire confiance au Seigneur. Il y a beaucoup d'élèves stressés par les notes, leur avenir « qu'est-ce que je vais devenir... » Je leur dis : « Vous valez plus qu'une note. A chaque âge, vous allez faire autre chose parce que vous grandirez, vous murirez. Accordez-vous du temps. La vie se construit avec du temps, pas tout, tout de suite. »
Les jeunes ont besoin d'être accompagnés. Je suis heureuse aujourd'hui parce que le Seigneur a mis sur mon chemin et dans ma famille des personnes qui m'ont écoutée, tendu la main, façonnée. A mon tour, je peux le faire pour les jeunes. Et chacun peut en faire autant. La catéchèse, c'est un travail d'équipe, je ne suis pas seule. Et puis, je ne me mets pas en quatre. Dieu se révèle en chacun de nous. Il est là. Si ça n'a pas marché, je me dis que cela ne m'appartient pas. Je dis : « C'est à toi Seigneur ».

 

Propos recueillis par Joëlle Drouin
26 septembre 2014

 

 

 

ANIMATEURS EN PASTORALE SCOLAIRE - QUI SONT-ILS ?


Animatrice pastorale scolaire Isabelle Rizzo 355Les Animateurs en Pastorale Scolaire (APS) sont au nombre de 52 dans le réseau des établissements Don Bosco.

Leur mission est de mettre en œuvre, avec toute l'équipe éducative, la pastorale dans un établissement scolaire.

  • culture religieuse pour tous,
  • catéchisme pour les plus jeunes,
  • préparation aux sacrements,
  • accueil permanent, écoute et disponibilité pour tous,
  • invitation à des temps de prière.

 Ils préparent des temps forts : témoignages, célébrations, grandes fêtes liturgiques, pèlerinages. Ils s'investissent pour les fêtes de l'établissement ou les journées d'intégration. Leur rôle principal est de participer à créer un climat chrétien dans l'ensemble de la maison.

 

Les APS suivent des formations au Centre Jean Bosco (CJB) sur des thèmes variés : l'affectivité des jeunes, faire de nos crises une chance, l'écriture du projet pastoral, etc. Certains s'engagent dans le parcours complet dont les Fondements de la Salésianité.


Les APS se retrouvent en région. Ils s'entraident, se soutiennent et forment entre eux un corps très solidaire.


Mot du jour

A Rome, les Salésiens de Don Bosco ont en charge les Catacombes Saint Calixte. On peut y voir une copie, en marbre, du chef d’œuvre du sculpteur italien Stefano Maderno : le martyr de Ste Cécile. Au début du 3e siècle, la jeune Cécile, mariée à Valérien, fut, à la suite de celui-ci, condamnée à mort et décapitée, pour avoir refusé d’adorer les dieux romains. Comment cette jeune femme est-elle devenue la patronne des musiciens ? La légende autour de sa vie raconte que « pendant qu’on la martyrisait, Cécile chantait à Dieu dans son cœur ». Qu’importe qu’elle ait chanté ou non, depuis le XVe siècle, nombre de peintres ont représenté la sainte avec un instrument, très souvent un orgue portatif ; et plusieurs musiciens, comme Gounod (messe solennelle de Ste Cécile) ou Chausson (Légende de Ste Cécile), l’ont honorée de leurs compositions. De nos jours encore, nombreuses sont les Harmonies qui portent son nom et font leur fête en l’honneur de la sainte.

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