Simon Pierre 355Ancien élève du lycée agricole Etienne Gautier de Ressins, Simon-Pierre Escudero a travaillé en qualité d'animateur et d'éducateur spécialisé pour le Valdocco. Parallèlement à ses études en sociologie, il est aujourd'hui « Chargé de mission » pour les salésiens et salesiennes de Don Bosco, afin de piloter le Défi Citoyenneté 2025. Autant d'expériences qui, pour lui, font sens, et qui sont étroitement liées à la confiance que certains adultes lui ont donnée. Entretien.

 

DBA : Quand on regarde ton parcours, on a du mal à distinguer une cohérence, un plan de carrière bien établi...

Simon-Pierre Escudero : « Parce que mon rapport au travail est particulier, et n'est pas pollué par la notion de carrière : quand une opportunité se présente, je l'accepte si elle a du sens pour moi et si elle me propose d'accomplir une mission plutôt que d'occuper simplement une fonction. »

 

DBA : Peux-tu nous expliquer ce que tu entends par là ?

S-P. E : « J'ai toujours vécu mon travail comme un missionnaire. Je repense à cette formule d'un professeur, qui disait : "apprends une fonction à tes élèves et tu en feras des fonctionnaires, donne une mission à tes élèves et tu en feras des missionnaires". Il n'y a aucune condescendance vis-à-vis des fonctionnaires, mais on comprend l'idée ! Il y a une différence entre l'employeur qui te voit comme un candidat pour remplir une fonction prédéterminée, et l'employeur qui te connait et exprime un besoin qu'il te sait apte à combler par tes compétences. »

 

DBA : Le "j'ai besoin de toi" est important. Cela passe forcément par un employeur qui connaisse tes compétences ?

S-P. E : « Oui, j'ai eu de la chance d'avoir eu, à de nombreuses reprises, des personnes qui ont voulu s'attacher mes compétences. Le "j'ai besoin de toi" est important, en tout cas pour moi. C'est lui qui fait que je suis orienté vers telle ou telle mission. Une mission, c'est : on te donne quelque chose à faire parce qu'on estime que tu as, toi, les capacités pour le faire. C'est un défi que tu relèves. Quand Jean-Marie Petitclerc m'a proposé de travailler au Valdocco, ou quand Vincent Grodziski m'a proposé de mener à bien le Défi Citoyenneté 2025 , j'ai toujours ressenti cette confiance, ce "j'ai besoin de toi". »

 

DBA : Cela signifie que tu préfèreras toujours un boulot qui fait sens plutôt qu'un autre, même s'il est mieux payé ?

S-P. E : « Bien sûr, parce que le premier me permettra de m'épanouir et, quand une personne s'épanouit, elle fait du bon boulot. En tout cas : je le vois comme cela. Et puis, il y a la question de l'estime de soi. Accepter une mission, c'est participer à quelque chose de plus grand que soi, pour lequel on a besoin de toi. Aller au bout de cette mission, c'est très positif pour l'estime de soi. C'est extrêmement valorisant ! »

 

« Ce que les jeunes cherchent avant tout,
c'est du sens à ce qu'ils font »

 

DBA : Comment trouver un sens quand on doit faire un job pour payer ses études, ou qu'on n'a pas le choix ?

S-P. E : « J'ai conscience que cela n'est pas toujours simple. J'ai eu à faire quelques fois des petits métiers pour payer mon loyer ou financer mes études. J'ai notamment travaillé dans le bâtiment, et ce n'était pas drôle de se lever dans la nuit pour aller travailler dans des combles, dans la poussière et dans des conduits où je ne passais même pas la tête. Mais il y avait au moins cette finalité de financer mes études. Et puis : cela m'a permis d'intégrer le monde ouvrier, de partager le quotidien de ces gens qui se lèvent tous les jours à 3h du matin. Ca remet les idées en place, quelque part.

 

Simon Pierre we j et f 355L'Intercampobosco de BailleuilCampobosco 2015 0001 355Simon Pierre interview Jefferson, Campobosco 2015

 

Durant cette période, j'ai beaucoup pensé à Don Bosco, qui a fait plusieurs petits boulots quand il était jeune. Cela lui a permis, par la suite, de former ses jeunes du Valdocco à différents corps de métier, et notamment à celui de la cordonnerie... Bon : je ne suis pas sûr que le calorifuge me serve à l'avenir, mais tu fais partie d'une équipe, tu partages des choses, tu rends service. La notion de service est importante aussi. »

 

DBA : Il y a quand même un vrai décalage entre cet idéal et l'idéal de beaucoup d'adultes, qui continuent à voir le CDI comme l'aboutissement d'un parcours professionnel...

S-P. E : « Il y a un réel décalage, c'est vrai. La plupart des parents pensent encore en termes de carrière, de contrats longue durée et de salaires... Notre ère est pourtant très différente de la leur lorsqu'ils étaient jeunes, car ce que les jeunes cherchent avant tout, c'est du sens à ce qu'ils font. On voit bien, avec les suicides qui ont lieu dans certaines boîtes, que la logique qui prévalait hier ne fonctionne plus.

 

Les jeunes ont besoin de savoir pourquoi ils bossent, ils ont besoin qu'on les valorise aussi, que l'on fasse appel à leurs compétences et qu'on leur fasse confiance. On sent une prise de conscience chez les patrons par rapport à une utilisation intelligente des compétences. Cette question de confiance passe, selon moi, par la connaissance de la personne. »

 

 

Rémi Favresse

10 septembre 2015

 

Le Défi Citoyenneté a été lancé à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Don Bosco. Il vise à confier davantage de responsabilités aux jeunes qui fréquentent les maisons salésiennes de France et de Belgique, en prenant pour exemple le cas de la République des Enfants, en Colombie, un foyer que des adolescents gèrent en gouvernement.

 

Pour suivre le Defi Citoyennete 2015 et la visite en France du Maire de la République des Enfants de Bogotà :

 


Mot du jour

La musique est entrée dans ma vie assez tôt. Un violoncelle calé entre mes jambes à 4 ans, je ne comprenais pas trop l’objectif de tout ça. Ce n’était que des devoirs en plus pour moi. Et puis j’ai découvert le chant et m’a facilité à sortir les sons qu’il fallait. Je n’ai pas complètement lâché le violoncelle mais le chant s’avère être ce qui me remplit le plus. Oui car quand je chante je suis pleine. Pleine d’amour et de joie. Je souris dès que la voix de mon amie s’élève et que la mienne est prête à l’accompagner. Je souris en pensant à ce jour au Campobosco où on a vécu ce que j’appelle un orgasme musical. Le sourire aux lèvres on avait des frissons partout. La joie nous inondait. Alors je ne sais toujours pas si Dieu existe et s’il veut mon bien. Mais le chant est là pour me rappeler à chaque fois que je suis heureuse.

ÉcouterOceans Acoustic - Hillsong UNITED

Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées dans un fichier informatisé par Don Bosco Aujourd'hui pour la transmission de l'actualité salésienne. Elles sont conservées pendant 5 ans et sont destinées à la promotion des activités de la famille salésienne. Conformément à la loi « informatique et libertés », vous pouvez exercer votre droit d'accès aux données vous concernant et les faire rectifier en contactant : Patrick Loyer, Salésiens de Don Bosco, 393 bis rue des Pyrénées, 75020 PARIS, France

j offre une messe
Défi Citoyenneté 2025

Campobosco
temoignages
Livre Le systeme preventif p

Multimédia

6e Congrès de l’éducation salésienne
Ce qu'en disent les participants
Voir l'article

Défi citoyenneté :
lancement du label
Voir l'article

« Ils nous ont bluffés ! » Concours de
plaidoirie à l’Institut Lemonnier
Lire l'article

Toutes les vidéos sur la chaîne DBA...

  • Famille Salésienne

    • Serdu ! Dessine-moi Don Bosco !

      Serge Duhayon Serge Duhayon est dessinateur de Presse. Il a collaboré à des revues spécialisées et signé des milliers de dessins pour des tas de bulletins d’associations locales. Ses sujets préférés ? Les jeunes. Depuis trente ans, Serdu prend le crayon pour les pages pédagogiques de Don Bosco Aujourd’hui. Qui se cache derrière ce crayon ?

      Lire la suite

    • Le nouveau Don Bosco Aujourd’hui : Eduquer l’air de rien…

      Une dba 994 Les interventions éducatives des adultes font partout l’objet de programmes, de règles, d’horaires, d’exercices didactiques... Mais il restera toujours des espaces et des moments qui donnent du jeu pour la spontanéité. On parle alors de pédagogie informelle ou non-formelle, ou plus familièrement de pédagogie « du patio » ou « de la cour de récré ». Don Bosco y était très sensible. Quel est l’intérêt aujourd’hui de pratiquer cette pédagogie non formelle ?

      Lire la suite

    • Martin Sautereau : « je veux transmettre ce que j’ai reçu. »

      martin au campobosco 01 Le prochain Campobosco a lieu du 26 au 30 août à Turin (Italie). Écoute de grands témoins et débats entre jeunes, jeux, célébrations, veillées festives, activités sportives, ateliers : théâtre, clown, danse, musique, chant, multimédia… C’est un grand temps fort qui traverse la vie des jeunes. Martin Sautereau, lui, s’est senti transformé par l’expérience du Campobosco. Témoignage.

      Lire la suite

    • Les Anciens élèves de Don Bosco toujours plus innovants !

      ADB ADBS AG Le réseau des anciens élèves s'est réuni mi-mars à Lyon. L'occasion d'annoncer que le projet de plate-forme Don Bosco est entré dans sa phase opérationnelle. Rappelons l'objectif de la plate-forme Don Bosco : permettre aux élèves du réseau de trouver des stages, bénéficier de contacts en entreprise, en s'appuyant sur le réseau des anciens élèves et sur les entreprises proches de nos "maisons".

      Lire la suite

    • Le Décalogue de l’Accompagnateur Salésien

      decalogue accompagnateur Elaboré au cours des Journées de Spiritualité de la Famille Salésienne, le « Décalogue de l’Accompagnateur Salésien » a été un cadeau des sœurs salésiennes de Don Bosco au Recteur Majeur pour le remercier du message de l’Etrenne 2018.

      Lire la suite

    • Whatsapp’El ? 130 jeunes au weekend MSJ de mars 2018

      msj paris 2018 03 Le Mouvement Salésien des Jeunes s’est réuni à Paris autour du thème de l’appel et de la vocation, sous le slogan 2.0 : Whatsapp’El. Et pour le coup, l’appel avait été entendu puisque 130 jeunes étaient présents durant le week-end du 16/18 mars ! Quelle joie d’être si nombreux et de compter tant de nouveaux visages ! Témoignage de Anne-Elisabeth Lesne.

      Lire la suite

  • International

    • Move with Africa : une école de Bruxelles en immersion au Bénin

      bruxelles benin via don bosco 01 Comment pouvons-nous faire des vrais citoyens de nos jeunes ? C'est une question sur laquelle beaucoup d'enseignants débattent. Jérôme Merckx, a travaillé pendant un an avec ses élèves –avec le soutien de Via Don Bosco - à une culture citoyenne ouverte et internationale. Ils sont actuellement au Bénin.

      Lire la suite

    • Les Salésiens de Don Bosco dans un pays en mutation : le Vietnam

      vietnam ecole db dong thuan 07 Depuis ces dernières années, une dizaine de missionnaires salésiens, hommes et femmes, arrivent du Vietnam en France. Grâce aux échanges entre pays, nous connaissons de mieux en mieux ce pays en pleine évolution. Les salésiens et salésiennes de Don Bosco y sont présents, au nombre de 600. Leur travail prend de multiples formes. Toujours auprès des jeunes.Logo video80

      Lire la suite

    • Radio Don Bosco Madagascar : Évangéliser jusqu'aux extrémités de l'île !

      radio don bosco madagascar 04 La province des salésiens a mis en œuvre la phrase de Don Bosco « Faire des jeunes de bons chrétiens et d'honnêtes citoyens » d'une façon originale pour la congrégation : le Radio Don Bosco. Depuis 1996, cette radio permet de diffuser des émissions éducatives et catéchétiques. Elle est nationalement connue sur l'île !

      Lire la suite

    • Mexique : une frontière, une blessure…

      mexique don bosco 05 La frontière entre les Etats-Unis et le Mexique est une blessure ouverte entre deux mondes si proches géographiquement et en même temps si différents culturellement. Et pourtant elle forme une nouvelle région avec sa culture de passage. C’est là que les présences salésiennes se multiplient.

      Lire la suite

  • Société

    • Philo pour enfants : enseigner la morale, mais pas comme un cours de grammaire

      philo pour enfants 02 Enseigner le jugement moral par la philo ! C’est le pari de certains animateurs qui interviennent dans les écoles ou les centres socio culturel… Les ateliers philo destinés aux plus jeunes se développent un peu partout en France et en Belgique. Les approches et les méthodes sont nombreuses. Il s’agit de se familiariser avec les idées, de faire de l’éducation morale et civique par l’apprentissage du questionnement.

      Lire la suite

    • Question d’éducation : « En famille, on n’arrive pas à se parler ! »

      education parler en famille 02 Si le développement de l’esprit critique est au centre de la mission éducative de l’école, il est aussi, évidemment, central… dans nos propres familles. Comment se déroulent les échanges ? Comment donner du poids à la parole de l’enfant ? Et ouvrir leur horizon ? Les parents s’expriment sur les règles qu’ils adoptent.

      Lire la suite

    • Jean-Marie Petitclerc : « Ils continuent d'être appelés »

      Livre jmp appele « Il est deux manières, et peut-être deux manières seulement, de vivre sa vie. Soit je la considère comme une succession de hasards et de nécessités. Soit je la considère sous l’angle de la réponse à une vocation. » Ces quelques lignes sont le centre du livre de Jean-Marie Petitclerc : Ils continuent d'être appelés. Il propose un voyage sur le thème de la vocation... pour tous ceux qui veulent réussir leur vie et en même temps répondre à cet appel sur cette terre.

      Lire la suite

    • Le langage des jeunes change… vous comprenez quelque-chose ?

      Le langage des jeunes et ados le dico pour les parents Vous comprenez quelque chose ? Le langage des jeunes évolue et change constamment ; tout est une affaire de mode, de tendance. Si je vous parle de « tchatcheur », vous reconnaîtrez, pour la plupart, la signification : une personne qui parle beaucoup. Mais, nous pouvons les interpréter de différentes manières. Besoin d’un dictionnaire ?

      Lire la suite