soeur genevieve pelsser Il y a bientôt cinq mois, Geneviève Pelsser a été nommée Provinciale des sœurs salésiennes de Don Bosco pour la nouvelle province, Notre Dame des Nations, qui regroupe la France, la Belgique et la Tunisie. C'est l'occasion de revisiter son parcours.

 

 

Don Bosco Aujourd'hui : Sr Geneviève, vous voici à la tête de la nouvelle Province. Mais avant d'en arriver là, quel a été votre parcours ?

Sr Geneviève Pelsser : À seize ans, j'ai fait une retraite où la question de la vie religieuse m'a effleurée. Ce qui ne m'a pas empêchée de continuer une vie normale d'ado ; j'avais un petit copain, j'aimais danser, j'en faisais voir de toutes les couleurs aux religieuses de l'internat mais je sentais qu'il y avait quand même autre chose qui me travaillait. A l'occasion d'un camp SMJ (Service Missionnaire des Jeunes), j'ai rencontré Hubert qui rentrait chez les Salésiens et qui m'a fait connaître Ephata et Don Bosco. Lors de ma première marche Ephata, j'ai été très touchée par la manière de faire des Salésiens : beaucoup de joie, beaucoup de chaleur. Et ça a été le déclic ! J'ai continué l'animation. Mon chemin était tout tracé ! Ensuite, j'ai eu l'occasion de voyager au Togo et au Bénin avec le VIDÈS. Je me suis occupée de la formation des jeunes sœurs. Puis j'ai été Provinciale de la Belgique Sud.

 

DBA : Qu'est-ce que toutes ces expériences vous ont fait découvrir ?

Sr G. P. : En approfondissant le charisme salésien, je me suis rendu compte que Don Bosco a tellement de facettes qu'il y a un réel risque de n'en présenter que quelques-unes ou de s'arrêter à des clichés. On a tout intérêt à essayer de toujours mieux comprendre le pourquoi de son action et à le recontextualiser pour faire le lien entre sa vie et le monde actuel. Egalement avec Marie-Dominique Mazzarello !

 

DBA : Vous habitiez en communauté dans la ville universitaire de Louvain-la-Neuve. Quels étaient les objectifs de ce foyer d'étudiants ?

Sr G. P. : C'était un véritable défi d'amener les jeunes à accueillir l'autre différent et de le respecter. Nous avons eu la grande joie de les voir grandir en humanité car comme disait Xavier Thévenot : « La joie est ce qui surgit quand on a réussi à faire croître l'humanité en soi-même et en autrui ». C'était un grand bonheur de voir les aînés acquérir ce charisme salésien et prendre la relève auprès des plus jeunes ou des nouveaux !

 

DBA : Quels sont les défis que l'Église et la Famille salésienne devront relever ?

Sr G. P. : Un des défis majeur réside dans la manière dont ensemble, religieux, religieuses, laïcs, jeunes, nous chercherons à nous laisser transformer par la rencontre du Christ, dans sa Parole, dans l'autre, pour devenir missionnaires de joie et d'espérance. Faire l'unité dans notre vie quotidienne entre vie spirituelle, vie fraternelle et vie missionnaire.

 

DBA : Et pour vous-même ?

Sr G. P. : A chaque tournant de ma vie, j'essaye d'accueillir ce qui vient comme un lieu où Dieu est présent. Je me dis toujours que là où je mûris, j'accueille, j'aime le Seigneur. Là où j'essaie de vivre ma vocation à fond, il y aura des bienfaits pour les autres ! Dieu se donne dans le présent. Le reconnaître est ce qui me donne de l'enthousiasme et de l'énergie.

 

Propos recueillis par Annou MERCIER
17 décembre 2015

 

 

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