Gerard Schaffhauser Wittenheim L'année 1994, Gérard Schaffhauser est retenu par les religieuses salésiennes pour diriger le lycée professionnel Don Bosco de Wittenheim. Vingt ans plus tard, il est l'heure pour lui de partir à la retraite. Aujourd'hui, le lycée de Wittenheim fait figure de lycée technologique exemplaire, résolument tourné vers les jeunes en difficulté. Bilan de ces vingt années d'exercice.

 

Don Bosco Aujourd'hui : Quelle était la mission qui vous tenait le plus à cœur ?

Gérard Schaffauser : Du tac au tac : « s’adresser aux plus humbles ». Les religieuses ont démarré l’école ménagère en 1938 en vue de former des épouses et des mamans en bonne chrétienne. Mais, très vite, elles se sont lancées dans les métiers nouveaux : sténo-dactylo, employés techniques de collectivité, et ont ainsi participé à l’indépendance de la femme. C’est un élément qui m’a séduit dès mon arrivée au lycée Don Bosco Wittenheim.

D.B.A. : Comment avez-vous vécu votre venue dans une école Don Bosco ?

G.S. : Comme une continuité ! Durant ces années 80-90, ma femme et moi avons connu et accompagné de nombreux chamboulements dans notre paroisse. Nous avons organisé, les premiers camps mixtes ! Ce n’était pas toujours bien vu par les autorités. Alors, travailler au sein de la famille salésienne a été totalement en accord avec mes pratiques et mes idées.

D.B.A. : Quelle ont été vos plus belles réussites dans l'établissement ?

G.S. : J'en compte trois. Une équipe qui y croit, qui se plie en quatre pour faire progresser les jeunes qui n’aiment pas trop l’école. Un cadre de travail agréable, transformé pour accueillir des élèves avec des équipements adaptés. Des projets menés en parfaite intelligence avec les partenaires extérieurs, la ville de Wittenheim, le diocèse de Strasbourg, la Région Grand Est, les parents d’élèves, les anciens, les coopérateurs et tous les amis qui ont du respect et de la reconnaissance envers l’établissement. Autres satisfactions, l’aménagement de la chapelle St François de Sales et la création du groupe Sawio qui prolonge l'esprit de la maison où vivaient les sœurs avant leur triste départ l'an dernier. Toute une histoire !

D.B.A. : Quels ont été les plus fidèles alliés ?

G.S. : J’ai pu compter sur des personnes dévouées et passionnées. Les membres du Comité Directeur (OGEC) qui m’ont suivis dans des projets inattendus et originaux, mes proches collaborateurs, le conseil de direction. Sans oublier mes collègues avec lesquelles nous avons expérimenté le co-enseignement en Quatrième Techno puis ensuite en SEGPA. Que du bonheur ! Et l’équipe pastorale, avec qui l’interreligieux a pris toute sa place dans notre établissement aux 1000 couleurs.

D.B.A. : Une anecdote ?

G.S. : Il y a de quoi écrire un livre ! Une qui m’est restée gravée, c’était au cours d’un conseil de discipline. Eh oui ! J’en ai fait quelques-uns car, après avoir épuisé tous les dispositifs, il faut à un moment savoir gérer. Nous étions installés dans le salon, et le papa de l’élève concerné nous a avoué être arrivé à pied car son fils lui a emprunté sa voiture ! Ce fils mineur, n’avait pas le permis ! La sanction a été de le «mettre à distance » (selon le Père Jean-Marie Petitclerc). Pas chez lui mais chez son oncle au Sénégal. J'ai appris dernièrement que cet éloignement lui a été bénéfique, il est revenu auprès des siens, employé dans les métiers de l’automobile, marié et père de famille.

D.B.A. : Et une déception ?

G.S. : Il m’en reste une : c’est la fermeture du CAP GDPU (Gestion de Déchets et Propreté Urbaine) que nous avons assuré pendant dix ans avec des élèves orientés par défaut. C’est vrai que l’appellation n’était pas encourageante : dans la maison nous l’avons appelé MDE (Métiers de l’Environnement) puis ECOTRI. Un excellent souvenir quand même : nos élèves ont participé au nettoyage des plages de Belle-Ile après la catastrophe de l’Erica. Mais on s’épuise à force... et nous l’avons transformé en ECMS (Employé de Commerce Multi-Spécialités) avec la « bénédiction » du Rectorat.

D.B.A. : La session de formation des chefs d'établissements du réseau salésien a eu pour thème le bien-être au travail. Que pensez-vous de ce thème ?

G.S. : Cela a toujours été ma préoccupation. Dans mon premier emploi de technicien-dépanneur en usine, j’ai été syndiqué et élu au service des ouvriers et employés. Dans mon second emploi, professeur de Techno, je me suis engagé davantage dans la vie associative. Comme directeur, le bien-être se vit davantage au quotidien, cela passe parfois par de toutes petites choses. Ce qui est drôle, c’est que la prochaine AG de l’UNETP (Union nationale de l'enseignement technique privé), à laquelle je participe comme vice-président, portera sur le même thème !

Pour moi, la phrase de Conficius est toujours d’actualité : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez jamais à travailler un seul jour dans votre vie ».

Le nouveau directeur de Wittenheim 

Depuis la rentrée de septembre 2016, Gérard Schaffhauser a été remplacé par Dominique Picques.

D.B.A. : Qu’aimeriez-vous dire à un futur directeur qui entre dans le réseau salésien ?

G.S. : Qu’il entre dans une famille formidable, qu’il est possible d’aller au bout de bien des projets, que l’écoute est au service du progrès. Je dirais aussi que dans une maison, qui est avant tout un lieu de formation, il n’y a pas de fin. C’est un éternel recommencement sans aucune routine ni ennui !

 

Propos recueillis par Hélène Boissière-Mabille

 


Mot du jour

" Chanter, c'est prier deux fois. " Je suis on ne peut plus d'accord avec St Augustin à ce sujet ! Dire que ma vie est remplie de musique est presque un euphémisme. C'est bien simple, je suis incapable de passer une seule journée sans écouter de la musique, encore moins sans chanter !

Je vis musique, je respire musique, toutes mes journées sont rythmées par la musique. Pour moi, chanter ou jouer d'un instrument est un moyen d'exprimer ce que je ressens, que ce soit de la joie, de la colère, de la tristesse ou une prière... Parfois, les émotions me submergent, mais je ne sais pas toujours mettre de mots dessus. La musique me permet d'évacuer tout ça. Mais elle me permet aussi de m'adresser à Dieu. C'est souvent compliqué pour moi de formuler une prière, de m'adresser à Lui directement. Mais chanter, ça fait partie de moi. Il n'y a plus qu'à se laisser habiter par les mélodies et Le voilà présent, au milieu de nous.

Écouter « Prendre silence » Prendre silence »

Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées dans un fichier informatisé par Don Bosco Aujourd'hui pour la transmission de l'actualité salésienne. Elles sont conservées pendant 5 ans et sont destinées à la promotion des activités de la famille salésienne. Conformément à la loi « informatique et libertés », vous pouvez exercer votre droit d'accès aux données vous concernant et les faire rectifier en contactant : Patrick Loyer, Salésiens de Don Bosco, 393 bis rue des Pyrénées, 75020 PARIS, France

j offre une messe
Défi Citoyenneté 2025

Campobosco
temoignages
Livre Le systeme preventif p

Multimédia

6e Congrès de l’éducation salésienne
Ce qu'en disent les participants
Voir l'article

Défi citoyenneté :
lancement du label
Voir l'article

« Ils nous ont bluffés ! » Concours de
plaidoirie à l’Institut Lemonnier
Lire l'article

Toutes les vidéos sur la chaîne DBA...

  • Famille Salésienne

    • Serdu ! Dessine-moi Don Bosco !

      Serge Duhayon Serge Duhayon est dessinateur de Presse. Il a collaboré à des revues spécialisées et signé des milliers de dessins pour des tas de bulletins d’associations locales. Ses sujets préférés ? Les jeunes. Depuis trente ans, Serdu prend le crayon pour les pages pédagogiques de Don Bosco Aujourd’hui. Qui se cache derrière ce crayon ?

      Lire la suite

    • Le nouveau Don Bosco Aujourd’hui : Eduquer l’air de rien…

      Une dba 994 Les interventions éducatives des adultes font partout l’objet de programmes, de règles, d’horaires, d’exercices didactiques... Mais il restera toujours des espaces et des moments qui donnent du jeu pour la spontanéité. On parle alors de pédagogie informelle ou non-formelle, ou plus familièrement de pédagogie « du patio » ou « de la cour de récré ». Don Bosco y était très sensible. Quel est l’intérêt aujourd’hui de pratiquer cette pédagogie non formelle ?

      Lire la suite

    • Martin Sautereau : « je veux transmettre ce que j’ai reçu. »

      martin au campobosco 01 Le prochain Campobosco a lieu du 26 au 30 août à Turin (Italie). Écoute de grands témoins et débats entre jeunes, jeux, célébrations, veillées festives, activités sportives, ateliers : théâtre, clown, danse, musique, chant, multimédia… C’est un grand temps fort qui traverse la vie des jeunes. Martin Sautereau, lui, s’est senti transformé par l’expérience du Campobosco. Témoignage.

      Lire la suite

    • Les Anciens élèves de Don Bosco toujours plus innovants !

      ADB ADBS AG Le réseau des anciens élèves s'est réuni mi-mars à Lyon. L'occasion d'annoncer que le projet de plate-forme Don Bosco est entré dans sa phase opérationnelle. Rappelons l'objectif de la plate-forme Don Bosco : permettre aux élèves du réseau de trouver des stages, bénéficier de contacts en entreprise, en s'appuyant sur le réseau des anciens élèves et sur les entreprises proches de nos "maisons".

      Lire la suite

    • Le Décalogue de l’Accompagnateur Salésien

      decalogue accompagnateur Elaboré au cours des Journées de Spiritualité de la Famille Salésienne, le « Décalogue de l’Accompagnateur Salésien » a été un cadeau des sœurs salésiennes de Don Bosco au Recteur Majeur pour le remercier du message de l’Etrenne 2018.

      Lire la suite

    • Whatsapp’El ? 130 jeunes au weekend MSJ de mars 2018

      msj paris 2018 03 Le Mouvement Salésien des Jeunes s’est réuni à Paris autour du thème de l’appel et de la vocation, sous le slogan 2.0 : Whatsapp’El. Et pour le coup, l’appel avait été entendu puisque 130 jeunes étaient présents durant le week-end du 16/18 mars ! Quelle joie d’être si nombreux et de compter tant de nouveaux visages ! Témoignage de Anne-Elisabeth Lesne.

      Lire la suite

  • International

    • Move with Africa : une école de Bruxelles en immersion au Bénin

      bruxelles benin via don bosco 01 Comment pouvons-nous faire des vrais citoyens de nos jeunes ? C'est une question sur laquelle beaucoup d'enseignants débattent. Jérôme Merckx, a travaillé pendant un an avec ses élèves –avec le soutien de Via Don Bosco - à une culture citoyenne ouverte et internationale. Ils sont actuellement au Bénin.

      Lire la suite

    • Les Salésiens de Don Bosco dans un pays en mutation : le Vietnam

      vietnam ecole db dong thuan 07 Depuis ces dernières années, une dizaine de missionnaires salésiens, hommes et femmes, arrivent du Vietnam en France. Grâce aux échanges entre pays, nous connaissons de mieux en mieux ce pays en pleine évolution. Les salésiens et salésiennes de Don Bosco y sont présents, au nombre de 600. Leur travail prend de multiples formes. Toujours auprès des jeunes.Logo video80

      Lire la suite

    • Radio Don Bosco Madagascar : Évangéliser jusqu'aux extrémités de l'île !

      radio don bosco madagascar 04 La province des salésiens a mis en œuvre la phrase de Don Bosco « Faire des jeunes de bons chrétiens et d'honnêtes citoyens » d'une façon originale pour la congrégation : le Radio Don Bosco. Depuis 1996, cette radio permet de diffuser des émissions éducatives et catéchétiques. Elle est nationalement connue sur l'île !

      Lire la suite

    • Mexique : une frontière, une blessure…

      mexique don bosco 05 La frontière entre les Etats-Unis et le Mexique est une blessure ouverte entre deux mondes si proches géographiquement et en même temps si différents culturellement. Et pourtant elle forme une nouvelle région avec sa culture de passage. C’est là que les présences salésiennes se multiplient.

      Lire la suite

  • Société

    • Philo pour enfants : enseigner la morale, mais pas comme un cours de grammaire

      philo pour enfants 02 Enseigner le jugement moral par la philo ! C’est le pari de certains animateurs qui interviennent dans les écoles ou les centres socio culturel… Les ateliers philo destinés aux plus jeunes se développent un peu partout en France et en Belgique. Les approches et les méthodes sont nombreuses. Il s’agit de se familiariser avec les idées, de faire de l’éducation morale et civique par l’apprentissage du questionnement.

      Lire la suite

    • Question d’éducation : « En famille, on n’arrive pas à se parler ! »

      education parler en famille 02 Si le développement de l’esprit critique est au centre de la mission éducative de l’école, il est aussi, évidemment, central… dans nos propres familles. Comment se déroulent les échanges ? Comment donner du poids à la parole de l’enfant ? Et ouvrir leur horizon ? Les parents s’expriment sur les règles qu’ils adoptent.

      Lire la suite

    • Jean-Marie Petitclerc : « Ils continuent d'être appelés »

      Livre jmp appele « Il est deux manières, et peut-être deux manières seulement, de vivre sa vie. Soit je la considère comme une succession de hasards et de nécessités. Soit je la considère sous l’angle de la réponse à une vocation. » Ces quelques lignes sont le centre du livre de Jean-Marie Petitclerc : Ils continuent d'être appelés. Il propose un voyage sur le thème de la vocation... pour tous ceux qui veulent réussir leur vie et en même temps répondre à cet appel sur cette terre.

      Lire la suite

    • Le langage des jeunes change… vous comprenez quelque-chose ?

      Le langage des jeunes et ados le dico pour les parents Vous comprenez quelque chose ? Le langage des jeunes évolue et change constamment ; tout est une affaire de mode, de tendance. Si je vous parle de « tchatcheur », vous reconnaîtrez, pour la plupart, la signification : une personne qui parle beaucoup. Mais, nous pouvons les interpréter de différentes manières. Besoin d’un dictionnaire ?

      Lire la suite