jalil animateur a ganshoren 002 Chaque année, le camp Don Bosco Ganshoren ouvre ses portes à une centaine d'enfants encadré par dix animateurs et deux sœurs salésiennes. Parmi ces dix animateurs, de nombreux jeunes ont eux-mêmes été enfants du centre. Ils se construisent aussi leur identité d'adulte après un parcours d'adolescent parfois compliqué. Celui de Jallil était particulièrement chaotique. Aujourd'hui, il est exemplaire.

 

Dans ma vie, je n’ai pas toujours été un ange mais grâce au camp Don Bosco Ganshoren, je commence à m’en sortir. Vous pouvez écrire tout ce que je vais vous dire car Don Bosco m’a aidé et si, à mon tour, je peux en aider d’autres alors je raconte sans problème mes erreurs.

« Vous pouvez écrire tout ce que je vais vous dire car Don Bosco m’a aidé »

J’étais dans un lycée pour me préparer à devenir animateur sportif et éducateur, dans une classe mal fréquentée. Je me suis laissé entraîner et les problèmes ont commencé. D’abord au lycée où je me mettais en colère très vite : une petite parole que je trouvais blessante pouvait déclencher en moi une violence terrible. J’ai été arrêté plusieurs fois par la police. Une fois, au volant d’une voiture volée - mais je ne savais pas qu’elle était volée. Une autre fois, assis à l’arrière d’une moto et le gars a démarré comme une bombe... Et une autre fois, parce que les policiers m’ont entendu employer l’expression « poulet » à proximité d’eux...

jalil animateur a ganshoren 001 jalil animateur a ganshoren 004

 

« Au moindre faux pas, c’est la prison pour mineur »

Enfant, j’ai vécu avec un cousin plus grand que moi qui m’était très cher. Il m’apprenait beaucoup de choses ; il venait me chercher à l’école pour me protéger des grands. C’était mon modèle. Et un jour, parce qu’il tournait mal, il a été envoyé chez son père au Maroc. J’ai eu la haine en moi depuis ce moment-là.

Cette année, cinq ans après son départ, mon cousin est revenu en Belgique. Quand j’ai vu ce qu’il était devenu, j’ai eu un choc. Et c’est seulement là que j’ai compris que si je le suivais, je glisserai sur la mauvaise pente. Je ne veux pas devenir comme lui. Surtout qu’on m’a dit qu’au moindre faux pas, c’est la prison pour mineur.

On m’a demandé d’aller rencontrer quelqu’un dans une association pour la prévention de la délinquance. La dame qui m’a reçue m’a dit : « J’ai vu tous les rapports de justice sur toi, je vais essayer de t’aider. » J’ai rencontré une psychologue - si on m’avait dit, il y a un an, que j’accepterais de rencontrer une psychologue, je ne l’aurai jamais cru. Mais j’y suis allé et j’ai pu dire toute la haine, la violence contenue en moi. Elle m’a écouté et cela m’a beaucoup aidé. La responsable de l’association m’a proposé de m’inscrire dans un club de boxe pour que toute la charge de violence en moi puisse sortir.

« Certains pensent que l’école, la famille sont une prison.
Mais c’est le contraire »

Depuis que j’ai eu le rendez-vous avec cette psy, je me sens beaucoup mieux. Dès le lendemain du premier rendez-vous, j’avais retrouvé la joie de vivre. Depuis, je me suis mis à lire, j’écoute des débats. Je comprends que l’école, la famille sont là pour nous aider à nous construire. Certains pensent que l’école, la famille sont une prison. Mais c’est le contraire. Tout le monde devrait aller visiter le cimetière, l’hôpital et la prison : ce sont trois lieux que tout le monde devrait avoir visité pour comprendre la valeur de la vie.

« Le cimetière, l’hôpital et la prison : tout le monde
devrait les visiter pour comprendre la valeur de la vie »

 Animation Don Bosco à Ganshoren

« On pourrait faire quelque chose pour les jeunes du quartier » a dit un jour un jeune interne de Ganshoren (Bruxelles). Ainsi a commencé ce camp de loisirs, il y a 10 ans. Cet été, il a réuni 80 enfants et adolescents et 20 jeunes animateurs du quartier, de toutes confessions religieuses et de toutes cultures pendant 15 jours. Le tout coordonné par quatre sœurs salésiennes. Au programme : ateliers créatifs, grands jeux, mais aussi sortie à la piscine, à la mer, rencontres de témoins… sans oublier le spectacle  final offert à tous les parents.

J’apprends à parler avec celui que je ne peux pas encaisser et à la fin on peut même devenir amis et s’entraider. Dans la vie, il faut se donner des objectifs et non pas vivre au jour le jour seulement pour gagner de l’argent.

Au centre de loisirs, « je ne faisais pas de bêtises »

Dans toutes ces difficultés, le camp Don Bosco Ganshoren que j’ai fait chaque année m’a beaucoup aidé. Les jeunes que j’y ai rencontrés m’ont donné envie de revenir. Là, je ne faisais pas de bêtises. Et, un jour, on m’a fait confiance et je suis devenu animateur. Ici, à Don Bosco, ce que j’aime c’est la communication entre animateurs. On peut parler ouvertement, dire ce qui ne va pas. Il y a quelquefois des débordements mais tout se règle par la parole et non pas par la violence. On ne garde pas tout sur le cœur et on dort tranquille quand on s’est parlé. C’est un peu comme une famille. On se connaît depuis 10 ans. Les nouveaux, enfants ou jeunes, sont toujours très bien accueillis. On essaye de les intégrer dans nos groupes d’âge, quelle que soit la couleur de leur peau, leur culture d’origine. Chacun trouve à qui parler. On pense à tout le monde. Même si on a plus d’amitié pour l’un ou l’autre, on s’ouvre à tous.

jalil animateur a ganshoren 005 jalil animateur a ganshoren 006  

 

« Je peux parler avec des jeunes qui ont vécu quelque chose de difficile »

Quand on est animateur, on repère un jeune qui nous semble avoir l’étoffe d’un animateur et on le prend un peu sous son aile pour le former à devenir animateur à son tour. Mon maître à moi, c’était Renaud et à mon tour, maintenant je forme Nassim.

Dans ma vie, je n’ai pas grandi avec tout ce que je voulais. J’ai perdu des proches très vite et à cause de ce que j’ai vécu, je peux parler avec des jeunes qui ont vécu quelque chose de difficile. Je veux essayer de les aider.
A la rentrée, je vais dans un tout autre quartier où personne ne me connaît, dans une nouvelle école pour devenir « agent d’éducation ». C’est comme une page blanche qui s’ouvre devant moi.


Mot du jour

Lorsque je joue une musique qui me touche avec mon violon, j’éprouve un besoin d’exprimer mes sentiments, et je m’émeus par le son. Parfois, lorsque la musique est trop belle, je verse une larme pendant que je joue. Cela m’arrive également quand j’en écoute. Elle est pour moi un moyen d’expression universel presque magique permettant de comprendre une personne mieux que par les mots. On compatit, se réjouit avec l’autre, c’est vraiment merveilleux. Alors, bien que je sois peu pratiquant, si Dieu est à l’origine de tout cela, je lui en suis éternellement reconnaissant. Mon professeur de violon au conservatoire, ancien moine franciscain, m’aide à développer mon chant intérieur et à adopter une optique de don de soi à chaque fois que je fais résonner mon violon et je dois dire que sa pédagogie me fait un bien fou.

Écouter : Nathan (auteur de ce mot du jour) au violon

Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées dans un fichier informatisé par Don Bosco Aujourd'hui pour la transmission de l'actualité salésienne. Elles sont conservées pendant 5 ans et sont destinées à la promotion des activités de la famille salésienne. Conformément à la loi « informatique et libertés », vous pouvez exercer votre droit d'accès aux données vous concernant et les faire rectifier en contactant : Patrick Loyer, Salésiens de Don Bosco, 393 bis rue des Pyrénées, 75020 PARIS, France

j offre une messe
Défi Citoyenneté 2025

Campobosco
temoignages
Livre Le systeme preventif p

Multimédia

6e Congrès de l’éducation salésienne
Ce qu'en disent les participants
Voir l'article

Défi citoyenneté :
lancement du label
Voir l'article

« Ils nous ont bluffés ! » Concours de
plaidoirie à l’Institut Lemonnier
Lire l'article

Toutes les vidéos sur la chaîne DBA...

  • Famille Salésienne

    • Serdu ! Dessine-moi Don Bosco !

      Serge Duhayon Serge Duhayon est dessinateur de Presse. Il a collaboré à des revues spécialisées et signé des milliers de dessins pour des tas de bulletins d’associations locales. Ses sujets préférés ? Les jeunes. Depuis trente ans, Serdu prend le crayon pour les pages pédagogiques de Don Bosco Aujourd’hui. Qui se cache derrière ce crayon ?

      Lire la suite

    • Le nouveau Don Bosco Aujourd’hui : Eduquer l’air de rien…

      Une dba 994 Les interventions éducatives des adultes font partout l’objet de programmes, de règles, d’horaires, d’exercices didactiques... Mais il restera toujours des espaces et des moments qui donnent du jeu pour la spontanéité. On parle alors de pédagogie informelle ou non-formelle, ou plus familièrement de pédagogie « du patio » ou « de la cour de récré ». Don Bosco y était très sensible. Quel est l’intérêt aujourd’hui de pratiquer cette pédagogie non formelle ?

      Lire la suite

    • Martin Sautereau : « je veux transmettre ce que j’ai reçu. »

      martin au campobosco 01 Le prochain Campobosco a lieu du 26 au 30 août à Turin (Italie). Écoute de grands témoins et débats entre jeunes, jeux, célébrations, veillées festives, activités sportives, ateliers : théâtre, clown, danse, musique, chant, multimédia… C’est un grand temps fort qui traverse la vie des jeunes. Martin Sautereau, lui, s’est senti transformé par l’expérience du Campobosco. Témoignage.

      Lire la suite

    • Les Anciens élèves de Don Bosco toujours plus innovants !

      ADB ADBS AG Le réseau des anciens élèves s'est réuni mi-mars à Lyon. L'occasion d'annoncer que le projet de plate-forme Don Bosco est entré dans sa phase opérationnelle. Rappelons l'objectif de la plate-forme Don Bosco : permettre aux élèves du réseau de trouver des stages, bénéficier de contacts en entreprise, en s'appuyant sur le réseau des anciens élèves et sur les entreprises proches de nos "maisons".

      Lire la suite

    • Le Décalogue de l’Accompagnateur Salésien

      decalogue accompagnateur Elaboré au cours des Journées de Spiritualité de la Famille Salésienne, le « Décalogue de l’Accompagnateur Salésien » a été un cadeau des sœurs salésiennes de Don Bosco au Recteur Majeur pour le remercier du message de l’Etrenne 2018.

      Lire la suite

    • Whatsapp’El ? 130 jeunes au weekend MSJ de mars 2018

      msj paris 2018 03 Le Mouvement Salésien des Jeunes s’est réuni à Paris autour du thème de l’appel et de la vocation, sous le slogan 2.0 : Whatsapp’El. Et pour le coup, l’appel avait été entendu puisque 130 jeunes étaient présents durant le week-end du 16/18 mars ! Quelle joie d’être si nombreux et de compter tant de nouveaux visages ! Témoignage de Anne-Elisabeth Lesne.

      Lire la suite

  • International

    • Move with Africa : une école de Bruxelles en immersion au Bénin

      bruxelles benin via don bosco 01 Comment pouvons-nous faire des vrais citoyens de nos jeunes ? C'est une question sur laquelle beaucoup d'enseignants débattent. Jérôme Merckx, a travaillé pendant un an avec ses élèves –avec le soutien de Via Don Bosco - à une culture citoyenne ouverte et internationale. Ils sont actuellement au Bénin.

      Lire la suite

    • Les Salésiens de Don Bosco dans un pays en mutation : le Vietnam

      vietnam ecole db dong thuan 07 Depuis ces dernières années, une dizaine de missionnaires salésiens, hommes et femmes, arrivent du Vietnam en France. Grâce aux échanges entre pays, nous connaissons de mieux en mieux ce pays en pleine évolution. Les salésiens et salésiennes de Don Bosco y sont présents, au nombre de 600. Leur travail prend de multiples formes. Toujours auprès des jeunes.Logo video80

      Lire la suite

    • Radio Don Bosco Madagascar : Évangéliser jusqu'aux extrémités de l'île !

      radio don bosco madagascar 04 La province des salésiens a mis en œuvre la phrase de Don Bosco « Faire des jeunes de bons chrétiens et d'honnêtes citoyens » d'une façon originale pour la congrégation : le Radio Don Bosco. Depuis 1996, cette radio permet de diffuser des émissions éducatives et catéchétiques. Elle est nationalement connue sur l'île !

      Lire la suite

    • Mexique : une frontière, une blessure…

      mexique don bosco 05 La frontière entre les Etats-Unis et le Mexique est une blessure ouverte entre deux mondes si proches géographiquement et en même temps si différents culturellement. Et pourtant elle forme une nouvelle région avec sa culture de passage. C’est là que les présences salésiennes se multiplient.

      Lire la suite

  • Société

    • Philo pour enfants : enseigner la morale, mais pas comme un cours de grammaire

      philo pour enfants 02 Enseigner le jugement moral par la philo ! C’est le pari de certains animateurs qui interviennent dans les écoles ou les centres socio culturel… Les ateliers philo destinés aux plus jeunes se développent un peu partout en France et en Belgique. Les approches et les méthodes sont nombreuses. Il s’agit de se familiariser avec les idées, de faire de l’éducation morale et civique par l’apprentissage du questionnement.

      Lire la suite

    • Question d’éducation : « En famille, on n’arrive pas à se parler ! »

      education parler en famille 02 Si le développement de l’esprit critique est au centre de la mission éducative de l’école, il est aussi, évidemment, central… dans nos propres familles. Comment se déroulent les échanges ? Comment donner du poids à la parole de l’enfant ? Et ouvrir leur horizon ? Les parents s’expriment sur les règles qu’ils adoptent.

      Lire la suite

    • Jean-Marie Petitclerc : « Ils continuent d'être appelés »

      Livre jmp appele « Il est deux manières, et peut-être deux manières seulement, de vivre sa vie. Soit je la considère comme une succession de hasards et de nécessités. Soit je la considère sous l’angle de la réponse à une vocation. » Ces quelques lignes sont le centre du livre de Jean-Marie Petitclerc : Ils continuent d'être appelés. Il propose un voyage sur le thème de la vocation... pour tous ceux qui veulent réussir leur vie et en même temps répondre à cet appel sur cette terre.

      Lire la suite

    • Le langage des jeunes change… vous comprenez quelque-chose ?

      Le langage des jeunes et ados le dico pour les parents Vous comprenez quelque chose ? Le langage des jeunes évolue et change constamment ; tout est une affaire de mode, de tendance. Si je vous parle de « tchatcheur », vous reconnaîtrez, pour la plupart, la signification : une personne qui parle beaucoup. Mais, nous pouvons les interpréter de différentes manières. Besoin d’un dictionnaire ?

      Lire la suite