jfmeurs pte carréeLe père Jean-François Meurs, religieux salésien vit en communauté au centre spirituel de Farnières, dans les Ardennes belges, un lieu d'accueil et de formation unique en France et en Belgique salésiennes. Alors, à quoi ressemble une vie de « SDB » ?

 

 

 

 

Ce matin-là, alors que les brumes enserrent la campagne environnante, le centre spirituel de Farnières semble endormi. Le château, ancien relais de chasse d’une riche famille belge, a des allures de monastère, avec sa grande chapelle sur la gauche du parking et le cloître, juste à côté. Mais ici, pas de clôture. Juste la forêt comme horizon. Et le calme de la campagne (le village, Grand-Halleux, est à trois kilomètres).

 

 

« Je n’ai pas de bureau, mais j’ai une grande chambre où je travaille et le lundi matin est consacré à des lectures spirituelles, notamment des commentaires de l’évangile du dimanche suivant ». La journée a débuté réellement pour lui à 7 h 45. « Ce qui rythme vraiment nos journées, c’est cette prière du matin et l’eucharistie à 18 heures ». Des temps de prière où se retrouvent l’ensemble des Salésiens sur place et quelques personnes de passage. Six religieux, prêtres pour certains, mais pas tous : Don Bosco avait voulu des « frères », laïcs consacrés, pour s’occuper de « ses » jeunes. Il les a appelés coadjuteurs. Ici, à Farnières, ils sont deux, Jean-Marie et Manu.

A quoi tient le "made in Farnières"?


De l’oratoire, situé en haut de la tour du château, s’élèvent aussi des voix… féminines. Ce sont celles de la communauté des sœurs salésiennes, installée juste à côté. Une particularité de Farnières. « Nous travaillons ensemble à l’animation du lieu », explique le père Jean-François. Ici, au fil de l’année, vont défiler des jeunes, issus de paroisses, d’écoles ou de mouvements d’Église (patronnés, scouts, …). Mais aussi des particuliers, des familles, des étudiants, venus pour les propositions «made in Farnières» : week-end foi et nature, ateliers d’icônes, week-end « Il était une foi… en famille », stages éducatifs de vacances "Farnistages"...

 

La vie à Farnières n’est pas semblable à celle d’un établissement scolaire, d’une paroisse ou d’une maison d’action sociale, mais il y a un peu de tout cela !

 

Journée avec JF Meurs pte

Une équipe soudée 


Le mercredi, l’équipe se retrouve autour d’une même table : salésiens, salésiennes et laïcs engagés. « C’est un temps d’échanges et de formation, explique le père Jean-François. Cela crée une culture commune. On se connaît mieux. Une grosse partie de la réunion est consacrée à l’évaluation de la semaine écoulée, et à l’agenda, l’accueil des groupes, la préparation des animations. Mercredi prochain, ce seront les enfants de 11-12 ans du caté du groupe paroissial de Stavelot qui seront accueillis, pour deux journées pour faire la « rencontre de Don Bosco, témoin de la foi. Nous préparons de courts enseignements, mais aussi des jeux, des temps de réflexion, des prières ».

Vous faites quoi dans la vie ? Les métiers de J.F Meurs

Quand il anime un groupe, le père Jean-François est présent au milieu d’eux toute la journée, de 9h à 22h. Il alterne conférences, activités ludiques ou créatives, partages de parole, moments d’intériorité, temps de détente conviviale. Il sait s'adapter à chaque groupe que ce soit, des enfants, des professeurs.

 

D’ailleurs, dans la congrégation, il y a autant de « métiers » que de Salésiens. Pierre, à Landser, est animateur pastoral en milieu scolaire. Jean-Pierre, à Paris, est psychopédagogue. Gérard, à Liège, est professeur de soudure. Job, à Paris, et Gabriel, à Bruxelles, sont curés de paroisse. Luc, à Lyon, est éducateur spécialisé.


JF Meurs, aujourd’hui directeur de Farnières a eu, lui aussi, plusieurs « métiers » : prêtre bien sûr, mais aussi professeur de religion et surveillant d’internat (à Liège), éducateur (à Hornu) et professeur de lettres (à Tournai). Et même « famille d’accueil », entre 1983 et 1990 dans la banlieue de Tournai. « J’accueillais des jeunes, jusque trois, âgés de 16 à 21 ans, placés chez moi par les services d’aide à la jeunesse. Une période fondatrice pour moi », raconte le père Jean-François. Une période de crise aussi. « Le type de vie communautaire ne me satisfaisait plus, je suis parti vivre seul. Beaucoup ont cru que je quittais la congrégation. Mais interpellé par Hubert, un jeune salésien, je suis retourné à Tournai en communauté. Puis, Farnières, que je n'ai pas quitté depuis... »


L’heure avance. Le père Jean-François retournera dans sa chambre. Cette fois pour écrire : « 20h-22h, c’est ma période de créativité ». Ainsi va la vie d’un SDB…

 

 

Benoît Deseure

8 mai 2013

 

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