Etre éducateur aujourd’hui : « Comme un phare »
29 août 2025

En cette rentrée scolaire 2025-2026, sœur Anne-Flore Magnan, salésienne de Don Bosco, directrice de l’internat Don Bosco de Bruxelles-Ganshoren, propose trois méditations sur la mission d’éducateur, autour de trois mots : le phare, le marathonien, le bambou.
Voici le premier volet : « Comme un phare »
C’est souvent tout ce dont un marin a besoin pour continuer à avancer.
C’est souvent tout ce dont un jeune a besoin pour continuer à avancer.
Alors, voici que l’éducateur est comme un phare.
Il ne peut pas effacer les difficultés, les colères, les blessures d’un jeune. Mais il peut être cette présence solide et fidèle qui, par petites touches, indique la direction.
Un phare ne se déplace pas vers les bateaux — ce sont eux qui décident de s’approcher ou non. De même, l’éducateur ne peut forcer un jeune à changer. Il reste là, constant, disponible, prêt à accueillir quand l’autre en fait le choix.
Parfois, par beau temps, les marins oublient que le phare existe. Mais quand la mer devient sombre et agitée, ils savent exactement où chercher sa lumière.
Parfois, par beau temps, les jeunes oublient que les éducateurs existent : même s’ils semblent nous repousser, au fond, ils savent que nous sommes là, que nous ne partons pas.
Un phare éclaire chaque navire de la même manière, qu’il soit un petit bateau cabossé ou un grand paquebot flambant neuf.
Un éducateur accompagne chaque jeune avec la même dignité, qu’il ait déjà parcouru un long chemin ou qu’il débute à peine sa traversée.
Et, peut-être le plus important : un phare ne fait pas de bruit. Il n’a pas besoin de discours enflammés pour être utile. Sa force, c’est sa lumière.
La force d’un éducateur, c’est sa présence, sa cohérence, sa fidélité… même quand la tempête dure.
Un phare n’empêche pas la tempête. Il ne calme pas les vagues, ne détourne pas le vent et ne commande pas aux marées.
Pourtant, il est là, debout, face à l’océan, avec une mission simple et vitale : éclairer.
Dans la nuit, il n’illumine pas toute la route. Il n’offre qu’un point de lumière, assez fort pour signaler un danger, assez stable pour servir de repère.
Sœur Anne-Flore MAGNAN
Fille de Marie-Auxiliatrice (FMA)
Communauté de Bruxelles