« Je me souviendrai toujours de ce réveillon du Nouvel An dans la paroisse Saint-Jean-Bosco » : retour sur la rencontre européenne de Taizé, vécue cette semaine à Paris
3 janvier 2026
Environ 15 000 jeunes venant de toute l’Europe se sont rassemblés à Paris pour franchir le passage à l’an neuf et vivre la 48e rencontre européenne de Taizé. Les paroisses de la capitale et d’Île-de-France se sont mobilisées pour accueillir tous ces jeunes, et les paroisses salésiennes de Paris et d’Argenteuil ont aussi ouvert grand leurs portes : 80 jeunes ont été hébergés dans des familles de la paroisse Saint-Jean-Bosco, et 68 l’ont été à Argenteuil. Plusieurs jeunes du MSJ ont également rejoint la capitale pour renforcer la chorale ou aider à la logistique afin d’accueillir le mieux possible tout ce beau monde.

Pologne, Ukraine, Norvège, Portugal, Italie, Allemagne… Tant de nationalités représentées ! Pour se comprendre, l’anglais était bien utile, mais quand il s’agissait de chanter, le don des langues semblait se manifester, chacun se découvrant la capacité de jongler entre « V tebi je izvir življenja » (slovène), « Behüte mich, Gott » (allemand) ou « Bóg jest miłością » (polonais). Et le silence prolongé au cœur des trois temps de prière quotidiens permettait à la Parole de Dieu de se déployer dans les cœurs. La diversité des lieux pour la prière a aussi permis une expérience forte : le matin, elle avait lieu en paroisse, dans un climat plus familial. Le midi, nous étions dans les grandes églises de Paris, devenant signes et porteurs de paix aux touristes et aux Parisiens. Et le fait d’être rassemblés pour la prière du soir à l’Accor Arena (Bercy) a été un signe fort d’unité pour tous.

La nuit du 31 décembre au 1er janvier, une prière pour la paix proposée dans les différentes paroisses a été l’occasion d’élargir au monde cette expérience forte d’unité, de simplicité et de fraternité.
Laissons quelques participants témoigner de ce qui les a touchés durant ces cinq jours :

Ana, au bout de la table, à droite.
Ana, Norvège : « Notre expérience avec la rencontre de Taizé et auprès des Salésiens a été vraiment merveilleuse. La famille salésienne nous a accueillis comme si nous faisions déjà partie de leur famille. Ils étaient chaleureux, ouverts et bienveillants en toutes circonstances, et ils incarnent véritablement ce que signifie une communauté accueillante et inclusive. Ce fut une expérience très enrichissante. Merci encore de nous avoir d’avoir si bien pris soin de nous et de nous avoir fait sentir comme chez nous. »
Joachim, Pologne : « L’événement de Taizé m’a vraiment ouvert les yeux. Durant le temps que nous avons passé à Paris, j’ai découvert de nombreuses perspectives sur le christianisme, représentées par différentes nations et cultures. Les prières multilingues et les rencontres en groupes de partage m’ont permis d’approfondir ma compréhension de la foi en me montrant des points de vue variés sur certains sujets. Cela m’a aussi permis de nouer des amitiés avec des personnes venues d’autres régions d’Europe. Plus important encore, j’ai appris que le seul chemin vers l’unité passe par l’acceptation de la diversité. »

Zala, deuxième à gauche.
Zala, Slovénie : « Mes trois amies et moi avons décidé de participer à la rencontre européenne de Taizé à Paris cette année. C’était une première pour nous toutes et nous sommes très heureuses d’y être allées. Toute cette expérience a été unique et chaque jour nous a apporté quelque chose de nouveau. Parmi les moments marquants, nous garderons en mémoire les prières partagées dans différentes églises, ainsi que dans notre paroisse où nous avons pu échanger avec des personnes de divers pays. C’était très intéressant de partager sur leur vie et leur foi. Nous avons rencontré différentes personnes, et chacun était très sympathique et ouvert à la discussion. Nous avons également célébré le Nouvel An dans notre paroisse, en attendant le passage à la nouvelle année dans la prière et le silence avec Jésus. Nous sommes toutes très reconnaissantes pour cette expérience et tout particulièrement pour l’hospitalité de la paroisse et de tous ses membres, dont les sœurs salésiennes qui nous ont accueillies chez elles avec le sourire et une conversation enrichissante. Merci à tous ! »

Andreas, sur la chaise verte.
Andreas, Allemagne : « Paris, 31 décembre 2025, l’atmosphère de l’Accor Arena de Bercy m’avait déjà donné des frissons. La communauté de Taizé a rendu ce moment inoubliable. Mais le plus important s’est passé à la paroisse Saint-Jean-Bosco. Arrivés à 23 heures, la prière du Nouvel An allait commencer. À la fois locale et intime. Je me suis porté volontaire pour participer à la prière universelle.
Anne-Marie, de la paroisse, nous a conduits, nous, trois Allemands, devant l’autel. J’étais impatient de savoir quoi dire, pour la nouvelle année, pour l’avenir. Ma prière était pour la jeunesse. Prier pour ceux qui portent l’avenir, car c’était un petit morceau d’avenir qui allait commencer à minuit. Les chants de la prière étaient particulièrement émouvants. Chacun participait de toutes ses forces, créant une atmosphère festive. Ma phrase préférée était « La paix est l’amour du prochain ». Elle est devenue réelle dès que nous l’avons chantée.
À minuit, l’atmosphère atteignit son apogée et l’on entendit des « Bonne année ! » Une fois la prière terminée, les jeunes ont eu du mal à partir. La fête du Nouvel An pouvait attendre. Ce moment ne devait pas s’achever et nous l’avons tous prolongé. Réunis autour du piano, nous avons chanté d’autres chants et souhaité un joyeux anniversaire à notre amie ukrainienne née le 1er janvier. Je me souviendrai toujours de ce réveillon du Nouvel An dans la paroisse Saint-Jean-Bosco. »

Théa, à gauche.
Théa, France : « Pour mes premières rencontres européennes de Taizé, Paris, la ville de mes études, c’était l’occasion idéale pour me lancer. J’ai vécu l’accueil d’environ 80 jeunes issus de 13 pays dans ma paroisse d’adoption, Saint-Jean-Bosco. J’ai participé à l’animation des temps de prière le matin, en essayant de chanter le plus juste possible les chants de Taizé, ce qui n’est pas toujours évident ! En dehors de ce service, j’ai pu participer aux temps d’échanges en fraternité, ainsi qu’aux ateliers sur inscription. Le premier jour, j’ai pu réfléchir sur des actions concrètes pour réduire individuellement et collectivement mon empreinte environnementale, au milieu de nombreux scouts et guides de France, comme moi. Le deuxième jour, j’ai participé à un atelier de rencontre interculturelle autour de la danse avec l’association d’accueil des réfugiés JRS : ce fut un grand moment ! La rencontre était sur plusieurs plans : entre jeunes de différents pays, mais également entre chrétiens de différentes Églises. Une rare occasion de vivre l’œcuménisme à grande échelle ! Entre rires et réflexions, entre prière et partage, entre moments en groupes restreints et rassemblements à 15 000 à Bercy, j’ai trouvé un vrai équilibre dans ces quatre jours. Ils m’ont apporté de l’apaisement mais aussi une grande joie. J’en ressors avec de nombreuses perspectives d’engagement, grâce à la rencontre avec de nombreuses associations dont l’action fait vraiment sens pour moi, et l’envie renouvelée d’être une jeune croyante, active dans le monde et portée par sa foi ! Merci à tous les organisateurs, vous nous donnez de la force ! »
Céline BAUMET
