« Nous montrons aux gens qu’ils ne sont pas seuls » : des sœurs salésiennes de Don Bosco présentes en Ukraine témoignent

14 mars 2026

« Nous montrons aux gens qu’ils ne sont pas seuls » : des sœurs salésiennes de Don Bosco présentes en Ukraine témoignent

Le 24 février 2026 a marqué le 4e anniversaire du début du conflit en Ukraine. A cette occasion, des soeurs salésiennes (Filles de Marie-Auxiliatrice) ont témoigné, elles qui sont restées aux côtés de la population à Kiev, Lviv et Odessa.

Les FMA, à Kiev comme dans les autres communautés, poursuivent fidèlement leurs activités ordinaires : l’école, l’accueil des enfants et des parents, l’accompagnement de ceux qui souffrent, des blessés dans les hôpitaux, de ceux qui ont perdu des êtres chers et de ceux qui attendent des membres de leur famille détenus ou emprisonnés en Russie. « Nous prions avec les enfants à l’école, dans la paroisse, avec la communauté éducative et l’Église locale, nous restons aux côtés de notre peuple et nous ravivons l’espoir : même dans l’obscurité de la guerre, nous croyons que Dieu continue d’agir et que la paix est un don possible », dit sœur Natalia Vakulishyna.

Sœur Teresa Matyja partage la situation à Odessa :

« Je voudrais partager la situation actuelle des personnes qui vivent à Odessa et dans la région. Être avec les gens, leur parler, tout ce qu’ils vivent pénètre profondément dans le cœur.

Actuellement, le manque d’électricité et d’eau pose un gros problème. L’électricité est coupée très souvent. La situation est très difficile. Dans la plupart des cas, les enfants suivent un enseignement à distance, les écoles n’étant pas en mesure d’accueillir tout le monde. Lorsqu’il y a une coupure de courant, il n’y a plus d’internet et le cercle se referme.

Les effets du froid sont très graves : les gens tombent malades. Les médicaments sont très chers et tout le monde ne peut pas se permettre de se faire soigner. Tout cela est une conséquence du froid. Si les enfants vont à l’école, ils doivent se réfugier dans des abris où la température avoisine les 7 °C, voire moins, lorsque l’alarme retentit.

Nous attendons tous que le temps s’améliore un peu, car le froid se fait sentir. Les gens traversent une période très difficile, nous essayons donc de les aider autant que possible. Ils dorment avec des bonnets en laine, sous de nombreuses couvertures. Malgré tout, nous ne perdons pas espoir. Nous essayons d’être à leurs côtés, de les aider, de leur parler et de les encourager à prier. Que pouvons-nous faire sans Dieu ? Je considère notre présence comme une présence amicale : nous montrons aux gens qu’ils ne sont pas seuls et que quelqu’un prend soin d’eux.  »

Sœur Jolanta Lisak témoigne, elle, depuis Lviv :

« Après quatre ans, personne ne s’est habitué à la guerre, mais nous avons appris à vivre dans des conditions de guerre. Le visage de la guerre a changé, mais malheureusement, elle n’a rien perdu de sa cruauté. À Lviv, nous sommes situés dans la partie occidentale de l’Ukraine et nous sommes moins bombardés que l’est, mais ici aussi, des bombes tombent de temps en temps.

Depuis le début de la guerre, nous rendons également visite aux soldats blessés à l’hôpital militaire, et depuis deux ans, une fois par mois, avec les membres de l’Association de Marie Auxiliatrice (ADMA) et les jeunes de notre pensionnat, nous leur apportons des gâteaux et des biscuits faits maison. Nous essayons de leur apporter non seulement des douceurs, mais aussi notre gratitude, notre proximité, un mot gentil et nous leur assurons notre prière. Souvent, ce sont des jeunes, sans jambes ni mains, mais vivants, même si certains ont le regard éteint. Par notre présence et nos prières, nous essayons de leur apporter une petite lueur d’espoir. »

Les Filles de Marie Auxiliatrice du monde entier s’unissent par la prière et l’offrande quotidienne aux communautés d’Ukraine et d’autres terres en conflit, qui continuent leur présence parmi les gens en apportant une petite lumière dans l’obscurité. L’Institut compte sur la générosité et la solidarité de tous pour offrir un soutien concret. Il est possible d’envoyer des contributions et des dons, selon les modalités indiquées sur le site internet de l’Institut, en indiquant comme motif Urgence Ukraine. Ou via la fondation salésienne Pastré, passage de la Providence, à Paris.

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