150 ans des Salésiens coopérateurs (9) : « Je deviens petit à petit actrice de l’Amorevolezza », témoigne Vinciane
5 septembre 2026
Le 9 mai 1876, l’Association des Salésiens Coopérateurs, troisième branche de la Famille salésienne, voulue par Don Bosco, était reconnue par le Saint-Siège. En cette année du 150e anniversaire, « Don Bosco Aujourd’hui » vous propose de partir à la rencontre de ces hommes et de ces femmes qui ont répondu à un appel à suivre le Christ selon la manière de Don Bosco. Aujourd’hui, rencontre avec Vinciane Dassy, à Louvain-la-Neuve.
Pour Vinciane, la rencontre avec la famille salésienne date… quasi de sa naissance ! Si ses premiers souvenirs remontent à l’âge de 7 ans, lors de week-ends salésiens à Spa avec « une salle des repas immense, pleine de gens qui rient et se rencontrent« , Vinciane rappelle que dès l’âge de 2 ans, alors que sa maman est appelée par les sœurs pour devenir institutrice dans le centre-ville de Bruxelles, sœur Bénédikta la prend sous son aile.
A 14 ans, après un passage à l’Armée du Salut, ses parents lui demandent d’essayer « autre chose » pour suivre Jésus. Avec Ephata Don Bosco, un pélé « Bruxelles-Turin » à vélo en 1988 inaugure le départ d’une aventure qui ne s’arrêtera plus.
« Certains dons, même petits, peuvent être partagés »
A 20 ans, Vinciane rencontre celui qui deviendra son mari : Michel. « Nous allons construire la plus belle des histoires : une famille. » Impliqués dans la vie de la paroisse, ils commencent les week-ends coopérateurs. « C’est là que Jean Thibaut, salésien coopérateur belge, me montre qu’être salésien, c’est bien plus qu’être célibataire religieux-se. Il me fait prendre conscience que certains dons, même petits, peuvent être partagés simplement. Ça semble évident ? Et pourtant… Mais alors, du coup, moi aussi, je peux ? »
S’ensuivent les week-ends « Foi et Famille » organisés par une équipe de salésiens et salésiennes, d’anciens élèves et de coopérateurs. « De belles histoires se nouent au milieu de notre vie fortement malmenée par un parcours judiciaire pour protéger nos garçons, victimes d’abus. »
Vivre sous le regard de Dieu
A l’âge de 35 ans, Vinciane et Michel décident de remettre leur projet de vie au centre de ce qui les anime : « vivre en famille sous le regard de Dieu« . Chacun a changé de métier, Michel est professeur dans une école à discrimination positive à Schaerbeek, tandis que Vinciane devient professeure dans une école spécialisée, « école d’où des filles extraordinaires vont participer à des rencontres avec la communauté des sœurs aînées à Ganshoren« , explique-t-elle. René, le père de Vinciane, demande au couple, « l’air de rien », si ça leur dit de s’impliquer au quotidien chez les coopérateurs. C’est ainsi que le couple intègre officiellement l’équipe des coopérateurs de Ganshoren.
A 40 ans, tandis que la famille s’est agrandie avec l’arrivée successive de quatre enfants, « le diagnostic de notre aîné atypique est tombé : autisme de haut niveau. Mais la vie est belle même dans notre quotidien peu ordinaire ! » Les week-ends à Farnières se poursuivent et se vivent à présent à trois générations.
La maladie
A 48 ans, après beaucoup de recherches concernant les particularités et douleurs que vit Vinciane, un autre diagnostique tombe : le SED (une maladie génétique touchant notamment les articulations). Puis le covid provoque chez Michel une encéphalite qui lui laisse des séquelles à vie. « Le handicap est une réalité qu’on ne choisit pas, mais toutes les batailles ne sont pas vaines, elles permettent d’avancer avec ce qu’elles nous ont appris » témoigne Vinciane qui, désormais, ose enfin vivre de son métier de psychologue. Une antenne de coopérateurs s’est ouvert à Louvain-la Neuve auprès des sœurs salésiennes. Le fils aîné de Vinciane et Michel les a rejoints, leur fille, troisième de la fratrie, commence Ephata. Chaque mois, ils prennent le temps de vivre la rencontre et approfondir l’esprit salésien. « Vivre au service des jeunes, via les repas pour l’Oratoire, les rencontres, la prière, la paroisse, la vie de famille… Là où enfant, je vivais dans le quotidien l’éducation aimante salésienne, je deviens petit à petit actrice de cet ‘Amorevolezza’ »
Nicolas BOGAERT
Pour aller plus loin :
- Pour leurs 150 ans, les Salésiens Coopérateurs réunis à Rome
- Vingt et un nouveaux salésiens coopérateurs en France en 2025 : « Ils trouvent dans la famille salésienne et dans la pédagogie de Don Bosco ce qu’ils recherchaient sans en avoir parfois conscience«
- A l’agenda, un week-end pour en savoir plus début octobre.