Le père Xavier de Verchère, salésien, termine son mandat d’aumônier général des Scouts et Guides de France : « Le scoutisme peut être un véritable chemin de sainteté »
12 septembre 2026
Pendant six ans, le père Xavier de Verchère, salésien, a été aumônier général des Scouts et Guides de France. Des années pendant lesquelles il a eu l’occasion de voir des jeunes s’épanouir et vivre leur foi au contact des autres et de la nature.
DBA : Comment êtes-vous devenu aumônier général des SGDF ?
P. Xavier de Verchère : J’ai été nommé aumônier général par la Conférence des évêques de France en septembre 2020. Mais je connaissais déjà bien le mouvement ! Je suis un peu un « vieux loup de la meute » : j’ai été chef, aumônier national, formateur… Le père Benoît Vandeputte, mon prédécesseur, la présidente et le délégué général m’ont proposé cette mission. De mon côté, j’avais discerné avec le père Daniel Federspiel, mon provincial [qui a été provincial de France-Belgique Sud de 2013 à 2025, NDLR]. Les clignotants étaient au vert ! J’ai accepté avec joie pour un mandat de six années.
DBA : pourquoi le scoutisme est-il si important pour les jeunes ?
Parce qu’il rejoint des aspirations profondes qui traversent les générations et les cultures : la nature, la bande de copains, le jeu, l’aventure, mais aussi apprendre en faisant, prendre des responsabilités, servir et développer sa vie spirituelle.
Tous ces ingrédients constituent la « méthode scoute », cette intuition géniale de Baden-Powell expérimentée depuis 1907. La force du scoutisme est de proposer une éducation globale de la personne et surtout de faire confiance au jeune.
Au fond, il l’aide à devenir pleinement lui-même, capable de prendre sa place dans le monde et de devenir un artisan de paix. C’est sans doute ce qui rend le scoutisme toujours aussi actuel et attractif.
DBA : qu’avez-vous particulièrement aimé durant cette mission ?
J’ai beaucoup aimé travailler avec les aumôniers et les Cléophas, les animateurs spirituels, pour construire des itinéraires de foi, notamment vers les sacrements de l’initiation chrétienne.
Nous avons peut-être redécouvert quelque chose de très simple : nous avions de l’or entre les mains ! L’Évangile, d’un côté, et des jeunes qui cherchent, de l’autre. Ils posent de vraies questions sur Dieu, Jésus, le sens de leur vie, leur avenir. Et ils savent souvent relier naturellement leur foi à leur vie quotidienne, là où nous, adultes, avons parfois tendance à les séparer.
Dans le scoutisme, cette rencontre se fait autour d’un feu, pendant une marche, dans un service ou un temps de silence. La foi n’est pas « à côté » de la vie : elle vient l’éclairer de l’intérieur.
DBA : un souvenir particulièrement fort ?
Je pense au rassemblement Clameurs !, à Jambville, durant l’été 2025. Lors d’une grande célébration, 94 jeunes ont reçu le sacrement de la confirmation. Quatre d’entre eux ont témoigné de leur foi et de leur espérance devant près de 20 000 participants. C’était extrêmement fort.
Je garde aussi en mémoire la béatification à Notre-Dame de Paris des 50 martyrs de l’apostolat, parmi lesquels 14 Scouts de France. J’ai été heureux que l’Église reconnaisse la sainteté de ces jeunes scouts qui, dans la nuit des camps, ont vécu le don d’eux-mêmes et l’espérance. Cela nous rappelle que le scoutisme peut être un véritable chemin de sainteté.
DBA : et maintenant ?
Je souhaite d’abord prendre le temps de relire ces six années à travers une réflexion théologique et spirituelle, pour essayer d’en recueillir le nectar.
Une nouvelle aventure commence aussi pour moi à la paroisse Saint-Jean-Bosco à Paris (où il vient d’être nommé curé, NDLR). C’est un changement d’échelle après une responsabilité nationale, mais la mission reste finalement la même : rencontrer, accompagner, annoncer l’Évangile et servir là où l’on est envoyé.
Et puis… un salésien s’adapte à tout !
Propos recueillis par Blandine Lelté