Noha, 18 ans, champion du monde de la frite… salarié du RC Lens et élève à Sainte-Marie-Don Bosco, à Bailleul
3 octobre 2026
Noha Logez, 18 ans, apprenti à l’UFA Don Bosco de Bailleul, a encore des étoiles plein les yeux. Samedi 26 septembre, il a été sacré champion du monde de la frite dans la catégorie « espoirs ». Une fierté pour l’apprenti qui travaille depuis l’année passée aux cuisines du Racing Club de Lens.

Noha, sur la Grand-Place d’Arras, à l’issue du concours.
Après deux années d’apprentissage pour obtenir le CAP cuisine à Don Bosco Bailleul, Noha prépare désormais son brevet professionnel « Arts de la cuisine », toujours en alternance (il contribue à régaler depuis l’année les joueurs et le staff du RC Lens). Il a décidé cette année de concourir au championnat du monde de la frite qui se tient tous les ans sur la Grand’ Place d’Arras, dans la catégorie « espoirs »[1]. « Le but est d’élire la meilleure frite du monde. Après les présélections, on était 4 Français à concourir, tous apprentis, comme moi », explique le jeune cuisinier.
Pour arriver à la victoire, il a fallu à Noha de longues heures d’entrainements dans les cuisines de l’UFA avec Benoît Flahault, son formateur, « beaucoup d’entraînements à rechercher, confectionner et travailler sur la recette ».
Chaque candidat démarre de pommes de terre brutes ; pour Noah, il s’agissait de la variété « Artémis » fournie par son partenaire, Terroir d’origine. Ensuite, chacun déroule sa recette et la place est laissée à la créativité. Mais alors, c’est quoi le secret d’une bonne frite ? Pour Noha, la réponse fuse immédiatement : « déjà, il faut une double cuisson, c’est obligatoire ! Et puis, il faut une bonne sauce à côté ». Ici, le secret, c’était la sauce tartare fumée qui accompagnait des frites avec du paprika fumé et du sel de céleri. « Mon formateur m’a beaucoup apporté au niveau de la recette. On a beaucoup parlé, peaufiné, échangé et c’est lui qui a eu l’idée du sel de céleri ! » Au-delà des adultes encadrants, toute la classe de Noha a été mise à contribution, dès les premiers tests, tous les camarades ont goûté car il fallait être certain que la recette plaise au plus grand nombre. « Dès qu’on a goûté la sauce, on savait qu’il allait gagner ! » explique ainsi avec enthousiasme Ousmane, son condisciple qui l’a accompagné au fil des entraînements.

Noha avec son ami Ousmane, devant la maison salésienne de Bailleul.
Et cette victoire, elle change quoi ? « Pas grand-chose dans l’immédiat, mais après autant de travail et de recherche, ça apporte beaucoup d’estime de soi. Et ce titre, c’est une fierté pour moi et mes proches » souligne le champion. Il a d’ailleurs déjà en tête la prochaine édition où il souhaiterait concourir dans la catégorie « Frite authentique », la plus prestigieuse, ou en tout cas celle qui permet le plus de mise en lumière.
Et peut-être d’ici là tenter de commercialiser la très belle (et très bonne) sauce tartare fumée qui accompagnait les frites. Un beau défi que souligne Guilhem Braillon, directeur adjoint de l’UFA Don Bosco : « Noha vous a-t-il dit qu’il avait déjà tenté le championnat il y a deux ans mais que ça n’avait pas marché ? Il n’a rien lâché, c’est vraiment beau cet esprit de pugnacité ! On a la volonté d’accompagner ainsi nos élèves ». D’ailleurs, pendant l’interview, un jeune s’est présenté dans le bureau du directeur adjoint, évoquant son envie de participer aux WorldSkills (qu’on appelait auparavant « Olympiades des métiers ») dans la catégorie des métiers du bois. Peut-être une nouvelle histoire de champion qui va s’écrire…
Nicolas BOGAERT

[1] Le championnat du monde de la frite à Arras a réuni quelques 70 000 spectateurs pour sa 4e édition, sous le parrainage de l’humoriste Nora Hamzawi. Outre les gastronomes, il s’agit du rendez-vous de tous les acteurs de la filière « pommes de terre ».