« Guérillero » : une BD raconte l’histoire d’Alberto, enfant soldat… et le rôle joué par le centre Don Bosco de Cali

6 février 2026

« Guérillero » : une BD raconte l’histoire d’Alberto, enfant soldat… et le rôle joué par le centre Don Bosco de Cali

« Guérillero », bande dessinée de Maria Isabel Ospina et Jean-Emmanuel Vermot-Desroches (éditions Dargaud, janvier 2026), raconte l’aventure d’Alberto, engagé à 11 ans parmi les guérilleros de Colombie. Le Centre Don Bosco de Cali a joué un rôle de premier plan pour la réinsertion du gamin paysan devenu aujourd’hui, à 31 ans, agent immobilier.

Maria Isabel Ospina, la scénariste

À l’âge de 11 ans, Alberto est entré chez les FARCS, un des mouvements rebelles armés de Colombie. Il déserte quand il a 15 ans et entre dans le chemin de réinsertion programmé par l’Etat après un accord conclu avec les mouvements de Guérilla. Son parcours reflète celui de dizaines de jeunes garçons et filles de paysans qui fuient la misère et la faim, ou la violence familiale qui est surtout le fait des pères de famille.

 

L’enfant soldat

La vie de guérillero est rude : obéissance et soumission totale aux chefs, monter la garde durant la nuit, transport de matériel, creuser des tranchée, combats, etc. Alberto est souple et s’adapte assez facilement. Surtout, il bénéficie rapidement de la sympathie, voire de l’affection des guérilleros et du commandant de son unité, qui lui confie le poste de radio. Il entre ainsi dans les secrets des dirigeants. Il dira que les guérilleros étaient sa famille !

La désertion

Mais pour sauver sa sœur, entrée dans le mouvement en même temps que lui, il quittera l’unité. Elle avait été condamnée à l’exécution pour non respect des règles de vie en commun et de sécurité. Il se rend à la police qui l’oriente dans un processus de rééducation sociale et scolaire. C’est le temps des documents administratifs. Il est suivi par une assistante sociale « défenseure des enfants » qui le confie à des institutions éducatives.

Quitter l’unité des Farcs n’est pas une mince affaire : si les déserteurs sont rattrapés, ce sera l’exécution. Mais Alberto craint aussi pour sa famille mise sous pression par vengeance. Sa mère et ses frères sont obligés de tout abandonner et de se réfugier dans des villes où ils ne sont pas connus. Et comment subvenir à leurs besoins quand tout leur entourage a peur de les aider ?

À Don Bosco Cali

Il est envoyé à Cali, petite ville à l’Est de la capitale Bogotà, où il est confié à l’école Don Bosco, laquelle pratique une pédagogie gratifiante et souple, et non la répression. Il y rencontre des personnes bienveillantes qui vont beaucoup l’aider, moralement et financièrement,  à commencer par le salésien directeur de l’œuvre et les éducateurs de la communauté. Dans ce centre spécialisé dans la rééducation des jeunes qui ont vécu dans la violence, on n’hésitera pas à lui donner des responsabilités valorisantes, comme diriger l’atelier de mécanique pour initier d’autres après lui. Les salésiens lui prêteront de l’argent pour étudier.

Alberto témoigne, à la fin de l’album, combien sans l’aide concrète des salésiens, jamais il n’aurait pu rêver d’aller à l’université, et trouver les moyens d’étudier. Mais il faut en même temps souligner l’esprit de décision et la volonté de résilience. Il est servi par son caractère pacifiant, rond, sa capacité d’attendre et de patienter.

Les auteurs

Le dessin de Jean-Emmanuel Vermot-Desroches, rond et souple, convient à cette rondeur de caractère du héros simple et modeste. Il accompagne bien le témoignage d’Alberto, direct, qui retrouve le ton spontané de l’enfance. Le bleu des textes et des planches va dans ce sens. Quelques vignettes ou quelques éléments colorés sont alors mis en relief.

Maria Isabel Ospina, diplômée en communication et journalisme, a travaillé le scénario en le découpant en petits épisodes qui tiennent en deux planches, et présentent soit un évènement de la vie d’Alberto, soit une une explication sur la réalité environnante. Cela permet le lecteur d’interrompre sa lecture des 214 planches pour souffler un peu…

 

Père Jean-François MEURS
Salésien de Don Bosco

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