Mini Transat : les alizés, le piège d’un casier, un costume de pirate, les repas de Ressins… Aymeric Le Renard partage ses souvenirs de course
29 novembre 2025
C’est fait ! Alors que les Salésiens fêtent cette année les 150 ans du premier départ de missionnaires, envoyés par Jean Bosco, de l’autre côté de l’Atlantique, en Patagonie, le navigateur français Aymeric Le Renard a traversé l’Atlantique, avec son bateau aux couleurs de Don Bosco et ses voiles où était inscrit le slogan « Croire en la jeunesse » en cinq langues. En Guadeloupe, arrivée de cette Mini Transat (course à la voile transatlantique en solitaire), où il est arrivé le 11 novembre, il nous raconte son aventure.
DBA : Aymeric, après une première étape très mouvementée pour toi, puis interrompue à cause des intempéries, comment s’est passée cette deuxième entre Palma et la Guadeloupe ?
Aymeric Le Renard : Alors, la première chose, c’est que je suis hyper content d’avoir fini. Je suis parti avec comme objectif de finir la course, sans me soucier du classement. Je savais que les premiers jours allaient être compliqués, d’une part parce que je ne suis jamais bien positionné au départ (par prudence, pour éviter les collisions), et d’autre part parce qu’on avait très peu de vent et que c’est une configuration qui me convient moins.
Après, dès que le vent est revenu, les alizés, c’était génial ; faire 12 jours de spi, c’est quand même un grand plaisir sur ce bateau. J’ai passé beaucoup de temps à aller vers le sud, option qui a un peu payé. J’ai remonté une trentaine de concurrents.

Après, j’ai eu des petits problèmes, pas de choses graves, mais des trucs qui m’ont fait peur parce que je voyais d’autres bateaux qui cassaient leur mat, j’ai donc mis un peu la pédale douce. L’avant-dernier jour, on a été pris dans des nuages d’orage. Pas facile, il faut être hyper réactif. De nuit, c’est dur.
Dernière péripétie, je me suis « pris » un casier à la fin ! Pour faire simple, il y a plein de pêcheurs qui laissent des casiers en mer, c’est-à-dire un coffre en métal relié par un bout et une bouée. Ma quille s’est prise dedans. J’ai dû plonger, en pleine nuit, je n’avais jamais fait ça. On était à une heure, une heure et demie de l’arrivée et je me suis fait doubler !
DBA : sur les vidéos lors de ton arrivée de nuit, on te voit descendre du bateau déguisé… en pirate ! Tu nous expliques ?

J’avais dit aux enfants que ce que je faisais, c’était une aventure de pirate. Du coup, j’avais acheté un déguisement de pirate pour l’arrivée, avec un petit coffre-fort à leur offrir. Bon finalement, je me suis vraiment pris un coffre ! Résultat, j’ai pris du retard, les enfants n’ont pas réussi à tenir à cause du décalage horaire et quand je suis arrivé au ponton… ils étaient partis dormir !

DBA : depuis ton arrivée, as-tu passé du temps avec la famille salésienne, les frères salésiens, les jeunes de Lakou Bosco, etc. ?

J’ai notamment navigué avec une amie de Don Bosco, une amie à elle et leurs trois enfants. On est allés de Saint-François à Pointe-à-Pitre, on a fait une belle navigation. C’était assez émouvant, car cette dame a perdu son mari en mer, le père de ses deux enfants, qui était pêcheur. Quand elle m’a raconté ça sur le voilier, je me suis dit qu’il fallait du courage pour remonter sur un bateau avec ses enfants. Oui, c’était émouvant.
J’ai aussi passé du temps à la communauté salésienne des Abymes, avec les frères Pierre (Gernez), Emmanuel (Petit), John (Williams) et Isidore (Mbokolo). Ils m’ont invité à déjeuner, j’ai goûté les spécialités locales d’Emmanuel à base de bananes, c’était très sympa. Et puis je leur ai surtout livré la voile « Don Bosco Fra 1020- Croire en la jeunesse » que le père Pierre a ramenée en France pour les obsèques de Jean-Marie (photo ci-contre). Je vais repasser du temps avec eux pour les 5 ans de l’association Lakou Bosco désormais.

DBA : et maintenant ? On entend parler d’un tour du monde en famille…
Ecoute, c’est toujours pareil avec les rêves. Ce qui est important, c’est de les dire et puis, un jour, tu peux les faire mais pour l’instant ça ne reste qu’un rêve !
Au moins, je sais que je sais faire du bateau, je sais traverser un océan. Donc on verra. Pour l’instant, on va prendre un peu de repos à la maison, profiter de la Bretagne, probablement naviguer dans le coin. Et puis, on verra si, un jour, il y a l’opportunité de faire ce tour du monde. Quand ? Dans 5 ans, 10 ans, après ? On verra.

DBA : une dernière anecdote à nous partager ?
Oui, celle-ci : cela ne m’a pas vraiment gêné mais j’ai eu des grosses difficultés à manger pendant les trois quarts de la traversée. Je ne sais pas ce que j’avais, je pense le mal de mer associé à des douleurs d’estomac, probablement liées à un peu d’excès pendant l’étape à La Palma…
Du coup, tous les super repas que Ressins (la maison salésienne près de Roanne) m’avait préparés, je n’en ai mangés que 5 sur les 40… C’est un peu triste parce que c’était très bon. Mais, je les ai apportés à Lakou Bosco, à Arthur (Massiet du Biet, directeur de l’association), qui m’a dit qu’il y a des familles dans le besoin. Donc les repas ont été distribués, et ça, c’est super chouette !
Propos recueillis par Benoit Deseure
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