Fraternité au temps de la Covid

18 octobre 2020 à 12:18

Fraternité au temps de la Covid

A l’occasion de la publication de l’encyclique du pape François, sœur Catherine Fino nous explique en quoi cette deuxième vague du Covid peut être propice à la fraternité.

Le bilan de la 1ère vague est plutôt ambivalent, avec des processus d’isolement ou de stigmatisation, je pense aux personnes âgées, sans domicile fixe, aux migrants, sans compter la précarisation de nombreuses familles ou étudiants depuis le confinement. Mais l’épidémie a aussi suscité de belles initiatives solidaires, de la gratitude pour ceux qui ont pris des risques en première ou deuxième ligne, et l’espérance d’une réforme sociale et écologique.

 

La fraternité est-elle toujours solidaire ? Que penser de ces jeunes qui organisent des soirées ou envahissent les terrasses des cafés ?

Il faut sans doute distinguer entre égocentrisme et solidarité : je pense à cette interview d’une jeune de Marseille qui profitait à fond d’une « dernière journée » attablée avec ses amis et prévoyait de revenir le soir pour soutenir le patron du bar ! Mais surtout, comment motiver des actes de citoyenneté pour qu’ils soient choisis librement et non subis comme une atteinte à la liberté individuelle ? C’est d’autant plus nécessaire qu’il va falloir vivre avec l’épidémie pendant un certain temps. On voit ici la pertinence de la conviction exprimée par le pape François et le patriarche Bartholomée dans Laudato si (n°9) : il s’agit d’« apprendre à donner, et non simplement à renoncer », et de soigner nos relations en nous mettant au service les uns des autres.

 

Mais que veut-dire se mettre au service les uns des autres ? Et la situation ne nous dépasse-t-elle pas ?

Nos gestes ponctuels peuvent créer une dynamique positive. Le pape François le rappelle : « Personne ne se sauve tout seul, il n’est possible de se sauver qu’ensemble » (Fratelli tutti n°32). C’est bien un « gagner ensemble » qui peut nous motiver !

 

La fraternité n’est-elle pas un « grand mot », une exhortation qui a laissé place au chacun pour soi, chacun son réseau ?

Il est vrai que la « fraternité » semble déficiente dans nos sociétés, à en juger par la violence récurrente. La disqualification des autorités politiques ou religieuses rend difficile de reconnaître « par le haut » une référence commune qui puisse fonder le respect de l’autre. Mais une autre pédagogie est de faire faire « à la base » l’expérience bénéfique de la fraternité. De nombreuses pistes sont disponibles : porter le masque en gardant le sourire, faire attention aux personnes isolées ou au voisin qui glisse dans la précarité, mettre nos réseaux au profit de la solidarité, et reconstruire ainsi peu à peu la confiance en une qualité de vie dans notre « maison commune ».

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