Cent ans de l’arrivée des sœurs salésiennes à Lyon : au Campus Don Bosco, une fête pour « créer du lien »

12 juin 2026

Cent ans de l’arrivée des sœurs salésiennes à Lyon : au Campus Don Bosco, une fête pour « créer du lien »

Les 4 et 5 juin, le Campus Don Bosco de Lyon a fêté un anniversaire pas comme les autres : les 100 ans de l’arrivée des sœurs salésiennes en 1926. Une journée préparée depuis de longs mois et qui a réuni élèves, personnels, anciens élèves, familles, partenaires et amis du Campus dans une ambiance à la fois festive, conviviale et parfois même émouvante.

L’esprit de cette journée : créer du lien. De nombreuses animations étaient proposées, mais ce qui frappait surtout, c’était le plaisir de se retrouver. Dans la cour, les discussions allaient bon train. Certains se revoyaient après plusieurs années, d’autres découvraient le campus sous un nouveau regard. Beaucoup de visiteurs profitaient de l’occasion pour échanger et prendre le temps de se retrouver.

Parmi les projets présentés, les vidéos réalisées par les élèves des différents pôles ainsi que le podcast À nous la parole permettaient de découvrir des témoignages, des parcours et des expériences liés à la vie du Campus. Les expositions, le photobooth, l’arbre à messages, le puzzle géant et la fresque du centenaire ont aussi été appréciés.

La présence des soeurs

Les témoignages ont constitué l’un des temps forts du centenaire. Chacun a pu partager une partie de son histoire avec le campus, raconter un souvenir ou exprimer ce que ce lieu représente pour lui. Ces prises de parole ont permis de mesurer tout ce qui a été vécu ici depuis un siècle et de rappeler que derrière l’histoire du campus, il y a avant tout des personnes.

La présence des sœurs salésiennes a apporté une émotion particulière. Pour beaucoup, leur retour sur le Campus était l’occasion de retrouver des visages familiers et de faire revivre des souvenirs parfois très anciens. Parmi celles-ci, mère Yvonne, ancienne supérieure générale des Salésiennes de Don Bosco, toujours à Rome désormais.

Les souvenirs de mère Yvonne

Elle fut ici jeune enseignante d’histoire-géographie… il y a 50 ans. Elle partagea d’ailleurs deux souvenirs : « Un jour, des élèves qui étaient toujours assises au premier rang m’ont interpellée : « Sœur Yvonne, vous ne nous interrogez jamais. Vous interrogez toujours les filles du fond de la classe ! ». J’avais mes raisons de tenir à l’œil les élèves du fond ! Mais cela m’a marquée : je me suis rendue compte que toutes avaient besoin d’exister pour leur professeur. »

Retrouvailles entre Mère Yvonne et Christiane, salésienne coopératrice.

Et de poursuivre : « Voici une autre anecdote qui m’a fait réfléchir… Nous avions plusieurs élèves qui venaient d’une cité ouvrière proche de Lyon. Elles étaient pauvres à tous les niveaux : matériel, culturel, affectif… Une sœur du Prado qui vivait dans la même cité m’a un jour rapporté que ces filles lui avaient dit : “Avec sœur Yvonne, on est sûr qu’on va toutes réussir !”. J’étais étonnée car je ne leur avais jamais fait de déclaration sur ma foi en leurs capacités. J’ai réalisé que les jeunes sentaient ce qu’on pensait d’elles ! »

Le système préventif salésien

La veille, une table ronde intitulée « Entre crises, vulnérabilités et transformations sociales : que peut encore apporter le système préventif salésien à la formation des acteurs du soin et de l’accompagnement ? » était proposée.

« Concrètement, comment faites-vous pour que le jeune puisse être lui-même ?« , a demandé un père d’élève. « C’est ce qu’on appelle l’alliance éducative, la force du lien, a répondu Emmanuel Besnard, salésien de Don Bosco. Les adultes autour du jeune sont “répondants” et ça tient ! » Jean-Michel Mari, directeur général du Campus, de donner un exemple : le secret, c’est « Le faire avec, ça change tout. Quand, à Noël, les professeurs se déguisent et montent sur scène avec les élèves, ils gagnent en crédibilité, en fait ! »

Agathe de Framond et Bénédicte Pitti

 

 

 

Oeuvres salésiennes