« Le temps passé avec les exilés était un mélange de joie et de douceur, jamais de peur » : les volontaires salésiens témoignent au retour du camp à Calais

1 août 2026

« Le temps passé avec les exilés était un mélange de joie et de douceur, jamais de peur » : les volontaires salésiens témoignent au retour du camp à Calais

Pour la cinquième année, le camp de formation (et camp de volontariat) du V.I.D.E.S., l’association de volontariat international salésien s’est tenu en juillet à Calais et à Guînes, dans le Pas‑de‑Calais, là où les sœurs salésiennes de Don Bosco sont installées depuis 140 ans. Il a réuni douze jeunes, venus de France, de Belgique (Flandre et Wallonie) et de Slovaquie (1). Là aussi, à quelques kilomètres de la Grande-Bretagne, horizon rêvé des centaines de exilés, où la mer raconte ce que les mots n’osent pas toujours dire…

Cette année encore, la Manche a été notre témoin silencieux. Elle se retire et revient, comme un grand souffle du monde, portant en elle la promesse de vie et le risque de mort. Sur ses rivages, les exilés apparaissent comme des silhouettes fragiles et puissantes à la fois, et les jeunes découvrent, au fil des jours, une humanité qui bouleverse et transforme.

La rencontre comme révélation

Apolline raconte : « J’ai été profondément marquée par ces rencontres. Malgré leurs histoires que l’on imagine déchirées, ils nous offraient un amour immense, une gentillesse infinie, des sourires qui illuminaient tout. Les liens créés restent gravés dans mon cœur. Recevoir ces sourires, c’est recevoir une force. Pour moi, ce camp a été le témoignage d’une magnifique humanité. »

Claire poursuit : « Le temps passé avec les exilés était un mélange de joie et de douceur, jamais de peur. Ce sont des jeunes comme nous, sauf qu’ils ont dû fuir leur pays. Pourtant, ils gardent le sourire et l’envie d’apprendre pour continuer leur route. Ce camp m’a aussi offert des rencontres au sein du groupe. Nous venions d’horizons différents, mais nous avons su créer une vraie cohésion. Le week‑end “connaissance de soi” a ouvert un espace de parole rare, profond, précieux. »

Des valeurs qui renaissent

Tasnime confie : « Ce camp m’a reconnectée à des valeurs que l’on oublie parfois. Il m’a appris qu’il ne s’agit pas seulement de réussir sa vie, mais de réussir LA vie, comme l’a dit sœur Pilar. Et pour cela, il ne faut pas grand‑chose : partager, aimer, être présents les uns pour les autres. »

Sara évoque un instant qui l’a bouleversée : « Un homme est venu vers moi, avec un sourire calme, et m’a demandé : “Tu as des chaussures ou un jean ? Ce sont les derniers que j’ai.” Pendant une seconde, j’ai vu la douleur dans ses yeux. Puis il a souri à nouveau. À cet instant, j’ai compris la force incroyable de ces hommes : malgré tout, ils choisissent encore la joie. »

La beauté d’une communauté qui se tisse

Tamar se souvient : « Je me suis sentie accueillie, acceptée, aimée. Durant ces deux semaines, j’ai été sincèrement heureuse. Je revois les chants de louange sur la plage, les danses au bord de la mer, la messe dans la petite église où vivaient autrefois des migrants, les confidences du samedi en petits groupes, les jeux en plein air, les soirées de rires, les conversations profondes. Tant de moments simples, mais immenses. »

Cette magnifique humanité nous comble d’espérance. Elle nous rappelle que, même dans les lieux où le monde semble se défaire, quelque chose de lumineux continue de naître.

 

(1) Parmi eux, plusieurs se préparent à vivre un volontariat de longue durée à l’étranger, dans des communautés salésiennes du Costa Rica, du Népal et de Madagascar.

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