Assurer une présence dans la cour de récréation et dans les lieux de passage

30 novembre 2018 à 5:40

Assurer une présence dans la cour de récréation et dans les lieux de passage

La cour de récréation a toujours été un lieu privilégié dans le système préventif de Don Bosco. Lieu d’éducation informelle, elle n’est pas laissée au hasard pour autant. C’est un lieu éducatif. Un exemple à l’école La Providence, des sœurs salésiennes de Don Bosco, située dans le 20e arrondissement et au lycée Notre Dame d’Annay à Lille.

 

Les enfants sont les rois de la cour de récré

« Depuis un an, je viens tous les matins sur la cour de récréation de l’école La Providence, située dans le 20è arrondissement de Paris. J’aime cette présence gratuite auprès des enfants. Je n’ai pas l’intention d’enseigner ou d’animer. Il s’agit juste d’être présent. Ce sont les enfants qui viennent à moi, et non moi à eux. Ils engagent la conversation ou ils m’invitent à jouer. Ils sont à l’initiative de la relation. J’interviens peu. Parfois quand il y a des disputes, ou des tensions, je passe un bref message, un « mot à l’oreille », selon la pédagogie de Don Bosco.

Cette présence sur la cour a un impact positif sur les temps plus formels de réflexion et d’échange que j’ai avec eux. En effet, durant le temps de midi, j’anime un temps de réflexion que l’on l’appelle « la Petite Communauté Chrétienne » (ouverte aux musulmans comme aux chrétiens). Quand j’ai besoin d’un moment d’attention, je peux interpeller les enfants par leur nom, je les connais. Cette présence régulière dans la cours me permet de faire le lien entre ce qu’ils vivent et le contenu de mon intervention. »

Nicolas Schreiber, éducateur, école La Providence, Paris XXè

Dans les salles de loisirs, les adolescents sont sans filtre

« La salle de loisirs de Notre Dame d’Annay est occupée par les élèves le midi ou le matin avant le démarrage des cours. Ils y prennent le café, écoutent de la musique, discutent entre eux… J’y suis présente avec les surveillants. Les jeunes y sont sans filtre, ils se sentent à l’aise et peuvent parler facilement. A la Toussaint, j’ai eu l’idée d’y mettre une expo sur les saints d’hier et d’aujourd’hui, plutôt qu’à la chapelle où peu de jeunes l’auraient vue. Cette expo a permis de nombreux échanges : « C’est quoi un saint aujourd’hui ? … » Par quart d’heure, les groupes se sont succédés et les échanges étaient très riches. Ils m’ont permis de rencontrer les jeunes autrement. Dans cette salle de loisir, il y a des demandes spontanées de discussion ; et il est important, à ce moment-là, d’ouvrir les yeux, les oreilles et le cœur pour être au plus proche des jeunes. »

Annick Collet, Adjointe en Pastorale Scolaire à Notre Dame d’Annay à Lille

Oeuvres salésiennes