Michel Vantalon : Le Valdocco a besoin d’éducateurs et de bénévoles sur le terrain

1 décembre 2016 à 3:31

Michel Vantalon est entré dans l’aventure du Valdocco en 1998. A cette date, il n’y avait qu’une antenne à Argenteuil et 5000 francs de budget. Aujourd’hui, il y a quatre antennes, de nouveaux projets et 2 millions d’euros de budget annuel. Michel Vantalon a participé à cette aventure formidable, depuis près de 10 ans comme président.

 

Don Bosco Aujourd’hui : Quel est votre parcours personnel ?

Le Valdocco 

« Le Valdocco réalise des actions auprès des jeunes en faveur de la prévention, de l’éducation et de l’insertion professionnelle. Fondée en 1995 à Argenteuil de la rencontre entre un collectif d’habitants et des Salésiens de Don Bosco, Le Valdocco est aujourd’hui implanté dans 5 villes » à Argenteuil, Lille, Lyon, Nice et Vaulx-en-Velin.

levaldocco.fr

Michel Vantalon : Issu d’un milieu modeste, je suis un pur produit de l’ascenseur social de l’enseignement public. J’ai terminé ma carrière dans un grand cabinet d’audit international. De tout cela, j’ai gardé une envie de « rendre » un peu de tout ce que j’avais reçu. Je suis depuis longtemps impliqué dans le monde associatif, notamment auprès des jeunes des aumôneries de l’enseignement public, du scoutisme mais aussi ceux de la « périphérie ». Au décès de François-Xavier Lescanne, je suis devenu Président en 2007.

DBA : Qu’est ce qui fait la personnalité du Valdocco ?

M.V. : Le Valdocco a un projet fort, inspiré de la pédagogie salésienne revisitée par le Père Jean-Marie Petitclerc. La référence à la pédagogie salésienne est explicite. Je me souviens d’un éducateur qui, à l’embauche, s’est présenté comme un athée convaincu. Quelques années plus tard au moment de son départ, il nous a dit que nous lui avions fait faire de la route. Je me réjouis, chaque jour, de voir combien le Valdocco est en phase avec les positions prises par le Pape François.

 

DBA : Le Valdocco privilégie une approche festive. Pourquoi cette approche ?

M.V. : Nous nous adressons à des jeunes qui peuvent avoir un parcours difficile et qui doivent se convaincre de leur valeur. Un bon moyen est de proposer un climat de fête chaque fois que cela est possible.

« Les bénévoles assurent une passerelle
entre le monde des cités et les autres. »

DBA : Au Valdocco, les salariés et bénévoles travaillent bien ensemble. Quelle est la recette du Valdocco ?

M.V. : Dans le petit monde de la prévention spécialisée, il est important de se prémunir contre le risque d’une institutionnalisation trop forte. L’association peut se couper du terrain, se déshumaniser et s’éloigner de son projet en prétendant à une plus grande efficacité. Les bénévoles sont les garants du projet associatif. Un signe de bonne santé d’une association réside dans la présence d’un nombre important de bénévoles. Ils assurent une passerelle entre le monde des cités et les autres.

Cette association avec de nombreux bénévoles peut compliquer la gouvernance de l’association mais c’est fondamental. La recherche d’un bon équilibre entre salariés et bénévoles est une des tâches prioritaires du président. Je dis souvent « salariés, bénévoles tous professionnels ». Cela me parait d’actualité à un moment où la tendance est à un éloignement de la notion de « l’intérêt général « .

Oeuvres salésiennes