Ressins, un lycée pas comme les autres. Son directeur, Franck Roussier, en parle…

17 juillet 2015

Ressins, un lycée pas comme les autres. Son directeur, Franck Roussier, en parle…

« Un matin, Yves Bergeron, ancien directeur de Ressins, vient me voir et me dit : « Ecoute Franck, la revue du lycée, Notre Ressins est centré sur la pédagogie salésienne et j’aimerais que tu introduises ce dossier sur ce qui t’a marqué depuis une année et demie à la tête de l’Ecole. » C’est ainsi que Franck Roussier, actuel chef d’établissement de Ressins, apporte son témoignage. Pour lui, qu’est-ce que Ressins a de particulier ?

 

« Par quel bout commencer ? Comment traduire ce qui se vit avec des jeunes et dans une école, comparativement à ce que l’on a vécu dans d’autres lycées ? Ressins est tellement particulier par son histoire, son projet, son importance dans un territoire, la relation entre les personnes (élèves, anciens, collègues), sa vie quoi ! Bien, donc il faut que je me lance et un aller-retour en train à Paris ne me sera pas de trop.

Ressins, c’est plus une école qu’un lycée.

Première chose frappante, Ressins n’est pas un Lycée, c’est une Ecole. Quelle différence ? J’en vois une toute particulière. Dans l’expérience d’une personne, le passage à l’école est souvent un bon souvenir, les « instituteurs » sont proches des jeunes, les accueillent, les prennent en charge dans leur globalité, ont des relations directes et vraies avec les parents dans le souci du bien-être de l’enfant. Je crois que cela traduit bien le fonctionnement de Ressins et l’approche des adultes envers les jeunes et les familles.

 

De plus, à l’école, j’ai le souvenir d’une totale confiance faite par l’adulte. Et là, nous sommes au cœur du projet salésien vécu à Ressins. Don Bosco disait : « Sans affection, pas de confiance ; sans confiance pas d’éducation.»

Un signe de confiance : l’animation « Les Trèfles d’or » est confiée aux jeunes.

Comment cela se traduit-il ? Prenons l’exemple des Trèfles d’or. Nous confions à un groupe d’élèves, que le jeune ait 13 ou 19 ans, la responsabilité de l’animation pendant une période donnée. Il doit donc concevoir un projet, gérer un budget, encadrer ses pairs et rendre compte à l’adulte. Lorsque j’évoque cela avec une grande partie de mes collègues chefs d’établissements, ils me rétorquent très souvent que ce n’est pas possible, trop risqué, trop de responsabilité. Ma réponse est toujours : venez voir, cela fonctionne à Ressins et en plus les jeunes jouent parfaitement le jeu et cela concourt à leur formation scolaire mais aussi de futurs citoyens. En gros, ils s’éclatent ! Ça, je ne l’ai vu qu’ici.

L’école est ouverte 355 jours par an… c’est la réalité du métier.

Deuxième élément marquant, l’école fonctionne tous les jours de l’année du 1er janvier au 31 décembre. Je pense que c’est le seul établissement scolaire de France qui propose cela, enfin à ma connaissance. Vu de l’extérieur, cela paraît un combat de tous les jours avec tous les freins qui peuvent exister. Et bien oui, on se doit de le faire car c’est notre rôle de montrer et faire vivre à de futurs professionnels la réalité de leur métier. C’est exigeant, c’est contraignant, mais c’est une force car c’est vrai. De plus, cela implique le jeune au-delà des 36 semaines de l’année et il se sent chez lui, dans sa maison (voir le site des actualités à Ressins). C’est également vrai pour les adultes qui travaillent dans l’établissement. Cela peut se mesurer par le turn-over qui est très faible.

 

 

Un ancien m’interpelle : « J’étais à Ressins entre 1945 et 1947 ».

Troisième élément marquant, les anciens élèves restent attachés à leur établissement. Le réseau des anciens n’est pas virtuel, il est bien vivant. Cela se perçoit souvent, notamment lors des inscriptions de nouveaux élèves quand un des deux parents me dit : « je suis un ancien de 1978 ». Et aujourd’hui, c’est presque un rendez-vous sur trois. Ou, lors de la fête de l’école, un ancien m’interpelle en me disant : « Bonjour, c’est vous le nouveau directeur. J’étais à Ressins entre 1945 et 1947. Bienvenue ! Ici, on se tutoie». Vous ne pouvez pas savoir quel plaisir pour un directeur d’être accueilli dans l’établissement que l’on dirige par un ancien élève. Cela traduit bien « Un lycée pas comme les autres ». 

Une ferme au lycée : un exemple unique en France !

Dernier élément marquant de l’établissement, c’est la ferme. Combien de jeunes ont la possibilité dans leur lycée de s’intégrer à une telle diversité d’ateliers (culture, bovin lait, porcin, caprin, ovin, équin, transformation viande, fromagerie, jardin espace vert, bâtiment, mécanique) ? Combien d’établissements intègrent chaque jour de la semaine, tout au long de l’année scolaire, 80 jeunes sur sa ferme ? Combien d’établissements laissent la ferme ouverte à tous les élèves avec la plus grande confiance, qu’ils soient en 4ème ou en BTS ? Combien de jeunes peuvent aller en récréation sur une ferme ?

 

Tout ceci semble normal, mais c’est le fruit d’une longue histoire, d’une grande organisation, et d’une grande volonté de transmettre de la part des responsables de chaque atelier à la ferme. Ce qui est frappant à Ressins c’est que la ferme est au cœur de l’établissement.

 

Cette liste de particularités n’est pas exhaustive, et je pourrais développer le rôle particulier de la Communauté Salésienne dans et hors de l’établissement, le rôle joué par l’école dans ses territoires, grâce à l’accueil de groupes et à la mise à disposition de locaux à différentes associations (Centre de loisir, clubs sportifs,…)

Dans l’esprit de l’Oratoire tel que le pensait Don Bosco

En conclusion, je pense que Ressins est dans l’esprit de l’Oratoire, premier établissement créé par Don Bosco. Cet Oratoire était :

– une structure flexible, médiatrice entre l’Eglise et la société civile
– la valorisation d’un milieu populaire
– la conviction que l’instruction est essentielle pour éclairer l’esprit
– la valorisation du temps libre
– la bonté affectueuse comme style d’éducation et de vie chrétienne

 

Aujourd’hui, je pense que nous pouvons affirmer que Ressins est un centre de ressources ouvert au territoire qui offre aux jeunes :

– une maison qui accueille
– une école qui prépare à la vie
– une paroisse qui évangélise
– une cour de récréation pour se rencontrer en amis et vivre dans la joie. »

 

Témoignage recueilli par Yves Bergeron
 pour « Notre Ressins »

Lycée Agricole Ressins, Nandax

16 juillet 2015

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Oeuvres salésiennes