Faire coexister trois religions |
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Depuis quelques années, un groupe de dialogue interreligieux d’adultes se réunissait dans le 15e tantôt à la synagogue Adath Shalom, tantôt à l’église Saint-Léon ou à la mosquée de la rue de Javel. Ils ont proposé aux jeunes des trois communautés de se rencontrer autour d’un couscous, en septembre 2007. Un groupe est né qui s’est réuni régulièrement chez les uns et les autres pour un partage culinaire et spirituel. Puis, trois d’entre eux ont participé au Train de la Mémoire, en 2008, qui a emmené 500 jeunes à Auschwitz. En janvier 2009, suite aux événements de Gaza, le groupe a invité près de 500 jeunes à une veillée de prière pour toutes les victimes du conflit. Pour l’occasion ils avaient interprété un chant : « Salam à Shalom, Shalom à Salam, déposons les armes pour que vive l’homme. » À la suite de cela, le groupe des plus engagés prend le nom de « Coexister » et lance le projet d’un don du sang, symbole fort par définition, l’opération « Ensemble à Sang % », qui se déroula le 31 mai 2009 et toucha 150 donneurs, dans une ambiance cordiale, avec des conférences, des animations, et même un lâcher de colombes.
Actions en cours Et maintenant ? « Notre grand projet, c’est le don du sang qui va se dérouler le 30 mai 2010, précise Margot, On voudrait augmenter le dialogue interreligieux, les activités, projeter un film, celui de la chorale israélo-palestinienne « Une seule voix » qui a fait une tournée en France en 2006, faire des conférences, et surtout faire que les gens arrivent à se parler entre eux, à faire connaissance. » Cette année, le groupe a resitué son projet sur trois axes : la rencontre dans l’action avec le don du sang, la rencontre interculturelle et le témoignage. Réda donne l’exemple du Lycée Franklin, où ils ont rencontré à deux reprises les 5 classes de seconde. Ils avaient en cours un programme sur la découverte des trois religions, et la direction a appelé le groupe Coexister pour témoigner de ce qu’ils vivaient. Samuel commençait avec sa guitare à leur apprendre le chant « Salam à Shalom ». Ils étaient tout contents. Puis les trois prenaient la parole pendant 5 minutes, et demandaient aux jeunes de poser des questions. Samuel ajoute : « On cherche à partir de leurs connaissances. Qui connaît des juifs ? Certains lèvent la main. Qui connaît des musulmans ? Certains lèvent la main. Et on pose des questions, sur le Ramadan, sur la Bar Mitsva. Ils ne connaissent pratiquement pas l’Islam ».
Visibilité Le groupe est petit. Ils sont 15 actifs sur Paris 15e. Mais la visibilité du groupe a fait du chemin, grâce à leur site Internet, à Facebook, à la presse qui leur a consacré des articles, et au réseau de leurs communautés respectives. Ainsi il y a beaucoup de jeunes en France qui s’intéressent à leur projet. Deux groupes sont très avancés à Lyon et à Saint-Denis de la Réunion. D’autres sont en recherche à Rouen, Abbeville, Nantes… « Le principe c’est de leur laisser le Manifeste, qui ne nous appartient pas, ce n’est pas le nôtre, c’est pour tous les jeunes » ajoute Samuel. Pourtant, sa rédaction a demandé des réunions et des discussions serrées ; tous les mots sont pesés. Les membres du groupe ne demandent qu’à témoigner de ce qui les anime et de leurs projets.
Il n’est pas nécessaire d’être expert dans sa religion. Cependant « Le fait de témoigner à Franklin, cela implique de savoir de quoi on parle. Quand je ne savais pas répondre, je ne répondais pas n’importe quoi, dit Margot, j’en parlais à mon rabbin, et je leur parlais de la vie juive. » L’un des aspects de leur projet est d’inviter les gens à voir de leurs propres yeux. Proposer d’assister à une messe du dimanche, à un shabbat à la synagogue, à une prière à la mosquée, le vendredi. Et puis proposer des conférences pour expliquer. Mais personne dans le groupe ne se présente comme le représentant officiel de sa religion. Il y a tellement de courants que cela serait difficile. « Dans les questions des autres et dans le partage, on apprend plus sur notre religion nous-mêmes ; c’est l’occasion d’apprendre des choses et de chercher encore plus loin, dit Réda. On a tellement de valeurs communes ! Le fait que quelqu’un mette en avant une de ces valeurs, cela nous pousse à remettre cette valeur au centre de notre vie. »
Un théo-café Margot signale une autre initiative en cours : le Théo-café. Comme les café-philo, le but est de proposer des rencontres larges dans les différents lieux : l’un est prévu à la grande mosquée de Paris, un autre dans le quartier juif de la rue des Rosiers, et une autre fois près de Notre-Dame, dans le Marais. « On le fait savoir sur le site, on a une liste de membres, et dans nos communautés il y a des moyens de faire circuler l’info. Par Face book on atteint les réseaux et des gens inconnus qui cherchent à nous rencontrer, ajoute Samuel. »
Et Samuel conclut : « Notre manifeste veut, dans nos communautés, faire tomber les murs des préjugés. Les murs les plus dangereux sont les murs qui sont dans les têtes ». Contacts : http://coexister.venez.fr/
Le Manifeste : |
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