Notre-Dame Auxiliatrice : sauver un « trésor » de Don Bosco Nice | RCF
10 juin 2026
Alors que l’institution Don Bosco Nice célèbre ses 150 ans, un défi de taille se dresse pour la fondation : la restauration complète de son église emblématique. Un projet de six ans pour préserver un patrimoine historique et spirituel unique au cœur de la ville.
Daniel Gouilly, directeur général de Don Bosco Nice, détaille l’histoire de Notre-Dame Auxiliatrice au micro de RCF.
C’est un géant de béton qui veille sur l’est niçois. Notre-Dame Auxiliatrice, « la plus grande église de Nice qui peut accueillir jusqu’à 1000 personnes« , s’apprête à vivre une transformation majeure. Cent ans après la pose de sa première pierre le 31 janvier 1926, le bâtiment montre des signes de fatigue.
Une urgence architecturale et artistique
Le constat posé par Daniel Gouilly, directeur général de Don Bosco Nice, est sans appel : si l’édifice impressionne par sa stature, il est aujourd’hui vulnérable. « Cette église qui a été construite avec du béton armé ce qui rend l’édifice à la fois rayonnant et avec une certaine fragilité« . L’enjeu n’est pas seulement structurel, il est aussi artistique. L’église abrite des joyaux qui courent un risque réel si rien n’est fait. Pour Daniel Gouilly, il est « indispensable de restaurer l’enveloppe extérieure pour protéger le trésor intérieur de l’église fait de fresques et mosaïques« . . Sans cette intervention sur la « coque » du bâtiment, ces œuvres pourraient être « fortement altérées dans le futur« .
Un financement solidaire pour un lieu d’exception
Le coût total de cette opération est estimé à 2,8 millions d’euros, répartis sur un programme de six ans. Si l’État (via la DRAC) et le Conseil départemental apportent un soutien financier qualifié d’exceptionnel, une part importante reste à la charge de la Fondation. En raison de la loi de séparation de l’Église et de l’État, le bâtiment appartenant à la Fondation Don Bosco, sa rénovation ne dépend pas de la municipalité. « C’est à nous d’assurer sa restauration, son entretien pour lui permettre d’ouvrir son avenir« , rappelle Daniel Gouilly. C’est pourquoi un appel aux dons et aux legs a été lancé via la plateforme nationale jaidedonbosco.org
Un sanctuaire chargé d’histoire
Plus qu’un simple monument, cette église est un lieu de mémoire. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle fut un refuge : « 50 enfants juifs ont été cachés par les pères salésiens ici« , en lien avec le réseau Marcel. Les salésiens ont su « prendre des risques pour cacher ces jeunes et malgré le danger qu’ils encouraient et bien permettre à ces jeunes d’échapper aux drames qui les attendaient« . Aujourd’hui, l’église reste au cœur de la vie de l’établissement et de la ville. Pour Daniel Gouilly, elle symbolise cet esprit de joie et de bienveillance propre à la pédagogie salésienne. En témoigne la soirée de soutien organisée le 20 mai dernier, où les élèves ont eux-mêmes fait découvrir le bâtiment à travers douze tableaux artistiques. Car, comme le souligne le directeur, l’église est « au cœur de la pédagogie et de l’établissement de la fondation Don Bosco Nice« .