Pierre, en volontariat Vidès en Bolivie : « J’ai trouvé en Bolivie des personnes qui incarnent l’Évangile »

2 octobre 2026

Pierre, en volontariat Vidès en Bolivie : « J’ai trouvé en Bolivie des personnes qui incarnent l’Évangile  »

Le Vidès, volontariat international salésien, donne aux jeunes l’occasion de partir pour quelques mois ou un an dans un pays étranger. Sur place, les volontaires épaulent salésiennes et salésiens de Don Bosco dans leurs missions d’éducation. Pierre est parti en Bolivie pour cinq mois de mission auprès des jeunes. Il témoigne.

 

« Après quelques années à travailler comme juriste à Paris, j’ai eu l’envie, en fin d’année dernière, de prendre du temps pour voyager et l’Amérique du Sud m’avait toujours fait rêver. Au-delà de cette envie de voyager, j’avais également envie de vivre un temps de service auprès d’une communauté chrétienne. En effet, le rythme du travail et les occupations sociales de la vie de jeune professionnel ne me laissaient malheureusement que peu de temps pour consacrer de mon temps à ma paroisse, en plus de la messe, ou aux jeunes.

Une fois la certitude d’avoir quelques mois complètement libres de toute obligation sur une partie de l’année 2026, j’ai donc appelé mon parrain, Pierre Verger, prêtre salésien pour la Province France-Belgique, afin de savoir si un tel projet était envisageable avec les salésiens. A partir de là, j’ai pris contact avec une sœur mexicaine, missionnaire en France – Sœur Pilar Chombo. Nous avons évoqué ce projet et la nécessité, dans la mesure où je n’avais pas pu participer au camp d’été du VIDES, de vivre une période « test » en communauté, en France ou en Belgique, avant de pousser plus loin l’idée d’un départ à l’étranger. Quelques semaines après, j’arrivais donc à la communauté salésienne de la rue Monte Cristo à Paris pour un mois et demi. L’expérience fut marquante, tant concernant le plaisir de la vie en communauté, et de la rencontre des frères, que concernant la présence auprès des jeunes du quartier. En parallèle, le Père provincial, que je remercie grandement, échangeait avec le Père Lider afin de sonder la possibilité de partir en mission en Bolivie.

Une fois la possibilité de réaliser une mission dans l’Inspection bolivienne, à Kami, j’ai entamé toutes les démarches de demande de visa pour enfin me voir prendre un avion, direction Cochabamba, au mois de février. L’arrivée en Bolivie fut plutôt tranquille, les frères de la maison provinciale m’ayant accompagné pendant une petite semaine d’acclimatation. Mon premier contact avec la communauté de Kami eut finalement lieu dès mes premiers jours à Cochabamba, auprès de l’emblématique Padre Serafino. Après en avoir appris un peu plus sur l’histoire de cette communauté, de l’arrivée des premiers missionnaires au projet de centrale hydroélectrique, le Padre Sabino m’a transporté, au retour d’une de ses descentes à Cochabamba, jusqu’à Kami.

L’arrivée de nuit, après plusieurs heures de route fut un petit choc : l’effet de l’altitude, la piste poussiéreuse, les motos roulant sans phare, et leurs conducteurs sans casque… Assurément, il m’aura fallu quelques jours pour m’adapter à tout cela, d’autant que mon espagnol n’était pas encore parfait.

Auprès des jeunes de Kami

A Kami, ce sont les Pères Teofilo et Sabino qui m’ont accueilli et fait découvrir le travail de la paroisse San José Obrero. Une présence très marquante pour moi a également été celle des laïcs, dont l’implication dans la vie communauté est forte, tels que Don Roly, Doña Domi, Edwin, Laura, Richar et Luisa…

Messe à Kami.

Après un premier temps consacré plutôt au travail manuel dans les ateliers, j’ai commencé diverses missions auprès des jeunes, notamment en lien avec les sœurs la congrégation de Jésus-Marie au sein de leur collège. Aide aux devoirs, participation aux récréations, jeux et sports, en me rendant directement sur les terrains de sport du village ou dans le cadre de l’oratoire, ont été autant d’occasion de rencontrer les jeunes de Kami. Au même titre que la communauté salésienne, les jeunes m’ont très vite accueilli, à la fois comme un référent éducatif, notamment dans l’encadrement de l’aide aux devoirs, mais également comme un membre à part entière de leur quotidien, en m’incluant dans leurs jeux, en échangeant sur nos différences culturelles, sur les traductions de mots importants pour eux ou bien simplement en me proposant quelques galletas.

Les jeunes de l’Altiplano m’ont paru à la fois durs, dans le sens où ils sont confrontés à des situations m’ayant semblé parfois dramatiques, et d’une grande tendresse, capables d’une amitié et d’une solidarité à toute épreuve.

L’un des points marquants de mon expérience a également été de découvrir l’attachement des boliviens, de tous âges, aux traditions culturelles autochtones. La célébration de la fête des mères au collège de Kami a par exemple été l’occasion pour moi de découvrir diverses danses et tenues traditionnelles du pays présentées par divers groupes d’élèves de segundaria.

Comme à Paris, j’ai redécouvert cet esprit salésien valorisant et vivant pleinement l’accueil et la vie en communauté. Personnellement, cette force m’a donné envie de donner de ma personne, auprès de la communauté, mais également auprès des jeunes. En effet, selon moi, les personnes les plus inspirantes sont celles qui incarnent l’Evangile et les valeurs du Christ, au-delà du fait de les proclamer. Et c’est précisément ce que j’ai trouvé à Kami, qu’il se soit s’agit des frères salésiens ou des laïcs, et leur exemple ne peut que donner l’envie de tenter de suivre leur voie.

L’expérience bolivienne aura également été marquante dans toutes les autres communautés que j’ai eu la chance de découvrir entre mi-juin et mi-juillet. C’est pour moi vraiment la force de famille salésienne : savoir que, où que l’on soit, l’on trouvera une porte ouverte et des personnes impliquées auprès des jeunes et partageant la même approche pédagogique.

Pour tous ceux qui hésiteraient donc à partir, je dis qu’il faut se lancer en toute confiance ! »

 

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