A Don Bosco-Salem, les deux frères abandonnés retrouvent leur famille après 18 ans

14 décembre 2020 à 10:00

A Don Bosco-Salem, les deux frères abandonnés retrouvent leur famille après 18 ans

Cette rencontre, qui tient presque du miracle, a eu lieu à la fin du mois d’octobre, mais elle s’apparente sans conteste à un conte de Noël. Un conte indien.

Kumar et Rajkumar avaient à peine 3-4 ans, quand leur père les a confiés au patron d’un atelier de fabrication de bracelets de cheville en argent. C’est chose très courante en Inde, les enfants de familles pauvres sont mis au travail extrêmement jeunes. Les agents du Département chargé de contrôler la traite des enfants en ont découvert plus de trente en même temps que les deux frères. Ils ont été confiés à l’œuvre salésienne « Don Bosco Anbu Illam » de Salem, dans la province du Sud du Tamil Nadu. C’était en 2006.

Ce centre salésien qui accueille des centaines d’enfants de la rue, orphelins ou abandonnés, fait des recherches pour retrouver leur famille, mais les deux garçons étaient si jeunes au moment de leur abandon qu’ils ne se souvenaient de rien, ni de leur village d’origine, ni du nom de leurs parents. Pendant des années, les enquêtes n’ont pas abouti, et après six déceptions, les enfants étaient sans illusion.

Entretemps, protégés par les salésiens, les deux héros de notre histoire ont fait des études et obtenu des diplômes. Rajkumar a été admis à l’école polytechnique, tandis que Kumar, après des études professionnelles, a été engagé à l’usine Hyundai de Chennai (Madras). Les salésiens en ont fait de bons citoyens !

Les recherches ont repris en octobre dernier. On est reparti du patron de l’atelier où les garçons travaillaient, et cette fois, en remontant obstinément un à la fois les maillons de la chaîne, l’enquête a abouti. Le papa est mort, mais il reste la maman, une sœur aînée et plusieurs oncles.

Les deux frères ont souhaité les revoir, et le Centre Don Bosco Anbu Illam a organisé, le 29 octobre dernier, une rencontre. Personnalités locales responsables de la protection des mineurs et enquêteurs étaient présents.

En Asie du Sud, environ 2 500 religieux salésiens travaillent dans 400 centres en Inde, au Sri Lanka, au Népal, au Pakistan, au Myanmar (Birmanie). Leur engagement se vit d’abord auprès des populations les plus pauvres de ces pays, mais aussi les salésiens, fidèles à ce que souhaitait Jean Bosco pour ces jeunes, ont aussi la volonté de leur donner les meilleures formations possibles. Des dizaines de milliers jeunes sont ainsi accueillis dans près de 300 écoles, collèges universitaires, instituts professionnels et écoles d’agriculture. Et la plus importante université catholique du pays est la « Assam Don Bosco University » (ADBU), inaugurée officiellement… en 2008.

 

Jean-François Meurs

International