Question éducation : la confiance « Sans affection pas de confiance. Sans confiance, pas d'éducation. » Ce slogan, repris dans toutes les institutions salésiennes, constitue le meilleur résumé de la pensée pédagogique de Don Bosco.

 

 

 

Tous les travaux actuels, menés sur le thème de la résilience, confirment que la capacité de changement d'un jeune, engoncé dans des conduites de récidive, est liée à la rencontre d'un adulte qui a su porter sur lui un regard de confiance, ne l'enfermant pas dans son passé.

 

Confiance et estime de soi

Les adolescents qui ont le plus de mal à faire confiance sont ceux qui ont une très mauvaise estime d'eux-mêmes. La première chose, c'est de permettre à l'enfant de reprendre peu à peu confiance en lui-même. Pour Jean Bosco, c'est seulement lorsque l'enfant prend conscience de ses savoir-faire qu'il devient capable de les enrichir.

 

Et c'est en prenant peu à peu confiance en lui-même qu'il apprendra à faire confiance. Une telle confiance ne peut être que réciproque. On ne peut avoir confiance qu'en quelqu'un qui a confiance en vous. Et pour Jean Bosco, c'est à l'éducateur de faire le premier pas : n'attends pas que le jeune te fasse confiance pour lui faire confiance.

 

« On peut fonder le pouvoir sur la menace,
on ne peut fonder l'autorité que sur la confiance. »

 

 

La confiance n'est pas aveugle

Question éducation : la confianceUne telle confiance ne doit pas être aveugle. Car, comme le souligne Xavier Thévenot, faire confiance peut ne pas être constructif. « Tout d'abord, c'est le cas si la confiance se fonde sur les seules indications des affects ou des sentiments. Comme on dit familièrement : « Lui ? Il a une tête qui me revient. Je peux lui faire confiance. ! » Une telle façon de réagir peut faire le jeu des tentatives de mauvaise séduction. Ensuite, la confiance doit être modulée en fonction de la maturité et des capacités des personnes à qui elle est adressée. Par exemple, confier à un enfant de douze ans des responsabilités qui sont normalement dévolues à la mère ou au père, c'est l'écraser, c'est le priver d'une évolution normale, c'est engendrer en lui des difficultés psychiques qui se manifesteront un jour ou l'autre. De même, accorder aveuglément sa confiance à un adolescent, comme s'il n'éprouvait pas à cet âge une sorte de nécessité interne de s'opposer à ses éducateurs et de transgresser certains interdits, c'est risquer de le rendre trop dépendant du regard de qui lui fait confiance. »1 Les « actes de confiance » qui doivent tenir compte de la maturité du jeune et des circonstances.

 

Une confiance fondée sur la raison

Pour Don Bosco, une éducation fondée sur la confiance, c'est une éducation basée sur la raison. L'éducateur est toujours convaincu que le jeune, doué de raison, est capable de comprendre là où se trouve son intérêt. C'est sur cette conviction que repose le système préventif.

 

Il est en effet, nous dit Jean Bosco, deux manières d'éduquer un enfant, soit en le dissuadant (c'est la méthode répressive), soit en le persuadant (c'est la méthode préventive). Une illustration sera plus éclairante qu'un long discours.

 

Imaginez votre enfant de quatre ans intéressé par approcher ses doigts d'une prise de courant. Face à cette attitude, deux discours sont possibles. Le premier : " Si je te vois approcher les doigts de la prise, tu vas voir la raclée que tu vas prendre !" L'enfant ne touchera pas la prise par peur de la réaction. C'est la prévention dissuasive. Deuxième chemin possible : "Tu te souviens, la dernière fois que tu as approché la main de la cuisinière électrique, combien tu as eu mal. Eh bien, si tu mets les doigts dans la prise, ta douleur sera encore plus grande !" L'enfant ne touchera pas à la prise car il a compris qu'il y allait de son propre intérêt. C'est la prévention persuasive.

 

« La prévention persuasive demande
beaucoup de temps et de disponibilité »

 

 

Ces deux formes de prévention, loin de s'exclure l'une l'autre, sont en fait complémentaires. Car, en cas d'échec de la seconde, il faut recourir à la première. Mais, seule la seconde est véritablement éducative, car elle permet l'intégration de la règle.

 

La prévention persuasive demande beaucoup plus de temps et de disponibilité. Dialoguer, mettre l'autre en confiance, comprendre ses raisons, afin qu'il sache puiser la force de se lancer dans le dialogue.

 

Ce dont manque le plus grand nombre d'adolescents en difficultés, ce n'est peut-être pas tant d'adultes qui leur proposent leur aide (certains ont rencontré une kyrielle de psy !), mais d'adultes capables de leur dire : « J'ai besoin de toi. »

 

Tel est le message fort que savait si bien faire passer Don Bosco.

 

Jean-Marie PETITCLERC
Salésien de Don Bosco
Auteur de nombreux livres sur l'éducation
Editions Don Bosco

23 octobre 2015

 

 

 

 

1 : Xavier Thévenot, Une pensée pour des temps nouveaux, éditions Don Bosco, septembre 2005, p.91-92 <revenir à la source>

 

 

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Le nom est la dernière chose qui nous reste quand les parents ne sont plus là. C’est un lien qui atteste de notre humanité engendrée. Le nom nous inscrit dans une histoire, dans une filiation, dans une famille. Le nom ne nous appartient pas vraiment : il se transmet. Il constitue aussi une part de notre identité sociale : avec lui, nous sommes d’un peuple. L’engouement actuel pour la généalogie nous prouve l’importance vitale du nom et de ce qu’il représente.

Etre appelé par son nom, c’est être reconnu et rejoint dans son humanité. Quand Dieu appelle, il le fait à l’aide du nom, car chacun est unique. En nommant leurs enfants, les parents prennent soin de choisir un prénom qui ait du sens. On voit bien quelles difficultés personnelles peut vivre un enfant ou un adolescent qui n’aurait plus la possibilité de se référer à une filiation pour tisser les liens de son histoire. Pour aller de l’avant, chacun a besoin de savoir d’où il vient. Le nom est une pièce essentielle de cette origine.

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