Mgr Cristobal Lopez et le Recteur Majeur des Salésiens de Don BoscoC’est évidemment une grand joie pour toute la famille salésienne de Don Bosco de la province France, Belgique-Sud et Maroc : le père Cristobal Lopez Romero, salésien, ancien directeur de notre communauté de Kenitra et désormais archevêque de Rabat (Maroc), fait partie des 10 nouveaux cardinaux nommés par le pape François en ce début du mois de septembre. Qui est-il exactement ? Un Fils de Dieu, pontife, migrant, missionnaire ! Suivez-nous, on vous raconte…

 

Il y a un peu moins d’un an, lors du « Week-end Don Bosco jeunes et familles » organisé à Samoëns (Haute-Savoie), le père Cristobal avait témoigné devant l’assemblée. Ceux qui l’ont entendu là ne seront pas surpris par le message qu’il a posté sur Facebook dimanche 1er septembre, après l’annonce du pape : « J'aurais voulu répondre à tous les messages que je reçois... mais j'abandonne : il y en a trop... Que chacun de vos vœux se transforme en une prière pour le pape, pour l'Eglise, pour ce diocèse de Rabat et pour ma personne (…) Je répète ce que j'ai déjà expliqué quand j'ai été nommé évêque : mon titre et diplôme le plus grand est d’être "Fils de Dieu", ce que j'ai obtenu le jour de mon baptême. Je ne peux pas m'élever davantage ou être promu, car plus que fils de Dieu, il n’y a pas mieux ! Etre évêque, prêtre, cardinal, Pape... tout cela n'est qu'un service concret pour l’Eglise, mais qui ne me met pas au-dessus de vous. Priez pour moi ! »

« Le tablier de cardinal lui ira comme un gant »

 

Parmi les réactions lues, vues, entendues, don-bosco.net a aimé celle d’une lectrice de l’hebdomadaire La Vie, Chahina Baret, de Longjumeau : « Il nous rappelle vigoureusement avec son accent espagnol, et en digne disciple de Don Bosco, qu’il ne travaille pas pour l’Eglise, qu’il n’est pas au service de l’Eglise, mais avec l’Eglise au service du Royaume de Dieu, et elle n’est pas là pour faire nombre ! Je jubile, j’exulte. L’Eglise n’est pas une fin en soi, elle porte la responsabilité d’aider Dieu à faire grandir partout dans le monde la vérité, la justice et la paix.

Alors oui, c’est une joie que cette nomination parce qu’elle dit quelque chose d’une Eglise qui n’est pas autoréférentielle. Elle dit une manière d’être présent et d’habiter l’Evangile. Elle dit ce que c’est qu’être évêque : serviteur, présent dans la vie, les tourments, proche, dans un style de vie, sans conditions ni mérite. Le tablier de cardinal lui ira comme un gant. »

« Pour le service de l’amour »

Incroyable Cristobal : ce prêtre salésien, barbu, au regard pétillant et à la parole incisive, se voit confier une responsabilité énorme (faire partie de ceux qui, un jour, devront élire le prochain pape) mais garde son humilité, sa fraîcheur et son sens de l’autre. A 67 ans, cet Espagnol, passé par la France, le Maroc et l’Amérique latine, fidèle disciple de saint Jean Bosco, a vécu plusieurs vies, que nous avions évoquées dans un récent article de notre revue DBA, et dont voici les principaux extraits.

Imaginez, d’abord, un pays où l’Eglise catholique ne compterait plus comme membres que des citoyens étrangers... Science-fiction ? Parabole douteuse ? Provocation ? Pas du tout. Cette Eglise existe. Au Maroc, on est Marocain si on est musulman. On ne peut pas avoir une autre religion. C’est la loi. Pourtant, le pays compte 30 000 catholiques environ, de cent nationalités différentes. Cette petite communauté compte depuis mars 2018 comme pasteur, un homme venu, a-t-il dit lors de son ordination, non pas pour « organiser une activité, diriger les paroisses ou entreprendre des initiatives pastorales, mais pour le service de l’amour » : « Je suis venu pour vous aimer », a dit aux Marocains le père Cristobal. A l’époque, il succède au Français Vincent Landel.

D’abord, un migrant

Si le parcours d’un religieux salésien est toujours singulier (fait de déménagements, de changements de « mission »…), il faut bien reconnaître que celui de Cristobal Lopez Romero est assez incroyable. Né en Andalousie en 1952 dans une famille très modeste (il a vécu sans électricité jusqu’à ses 10 ans), le jeune Cristobal connaît une première migration à l’âge de 9 mois : ses parents traversent toute l’Espagne pour aller gagner leur vie en Catalogne. C’est là qu’il grandit. C’est là aussi qu’il rencontre les Salésiens. « Je suis allé dans cette école parce qu’il y a un garçon qui jouait bien au football et que j’admirais, qui y allait ! » Cristobal découvre la figure de Jean Bosco. Et les Salésiens. « Je les voyais autour de moi. J’ai vite compris qu’être Salésien, c’est être un éducateur, un ami, un frère, un prêtre. » A 12 ans, la décision est prise : il sera Salésien. 12 ans ? « Oui, mais à cette époque, on était adulte à 14 ans », corrige-t-il, avant d’ajouter, en rigolant : « D’ailleurs, ils m’ont envoyé dans une maison pour vocations tardives ! » A 16 ans, en août 1968, Cristobal prononce ses premiers vœux et débute sa vie religieuse en Espagne. A Barcelone, il étudie la théologie, la philosophie, le journalisme.

Ensuite, un missionnaire

Premier grand virage, à l’âge de 32 ans. « Je suis un missionnaire. Je voulais être avec les plus pauvres. D’ailleurs, à l’époque, j’accompagnais les gitans. Quel choc de culture c’était alors ! Et là, on me demande de partir pour le Paraguay… » Il traverse l’océan. Arrive dans un pays où il ne connaît qu’une seule personne. Il y exerce plusieurs « métiers » : pastorale des jeunes au collège salésien d’Asunción, directeur du Bulletin salésien (le DBA local !), enseignant, missionnaire, curé de paroisse et même de 1994 à 2000, provincial, c’est-à-dire supérieur des Salésiens du pays. « Je me suis fait Paraguayen. Je voulais d’ailleurs y rester toute ma vie ». On lui propose, et il accepte, la nationalité paraguayenne.

En 2003, il voit son ami, le Mexicain Pascual Chavez, être élu recteur majeur (autrement dit supérieur général des Salésiens). Il lui envoie un message à Rome, pour le féliciter. Il reçoit une réponse : « Prépare-toi… »

De fait, quelques semaines plus tard, le voilà envoyé… au Maroc. « Nouvelle langue, nouveau contexte. J’avais 50 ans et j’ai dû tout réapprendre, raconte-t-il. Ce fut une nouvelle migration. » La communauté de Kenitra anime le centre de formation professionnel Don Bosco, dont tous les élèves sont musulmans. « Là encore, j’y passe de merveilleuses années. Je me dis à nouveau, je veux y rester toute ma vie ». Après huit années sur place, il s’offre quelques mois de congé sabbatique… mais la congrégation le rappelle : nous avons besoin de toi en Bolivie, comme provincial. L’océan Atlantique est à nouveau traversé… provisoirement car 3 ans et demi plus tard, en 2014, le nouveau recteur majeur le rappelle en Espagne, à nouveau comme provincial. Jusqu’à cet e-mail, cette fois du nonce apostolique : « Vous risquez d’être nommé archevêque de Rabat ».

C’est ainsi que ce pigeon voyageur, migrant, est revenu au Maroc. « Vous comprenez que, du coup, pour moi, ma maison, c’est le monde. Et ma famille, l’humanité ». « Et de toute façon, ajoute-t-il, nous sommes tous des migrants : nous sommes en route vers le Ciel ».

Fils de Dieu et… pontife !

Mgr Cristobal Lopez Romero est donc, depuis le 10 mars 2018, archevêque de Rabat, un diocèse immense (400 000 km2). « J’ai une paroisse à 500 km au nord de Rabat et une autre à 600 km au sud ! ». Dans ce pays musulman, le père Cristobal se définit d’abord comme un chrétien. « Je nourris une vraie amitié avec Jésus, qui est la colonne vertébrale de ma vie. Ma vie, ça a été de connaître, d’aimer, de suivre Jésus. Le reste, être prêtre, être évêque, ce ne sont que des circonstances ». Il est aussi, aime-t-il ajouter, un « pontife », c’est-à-dire un constructeur de ponts. « Kenitra, où j’ai passé 8 années, en arabe, ça veut d’ailleurs dire petit pont ». « Etre pont, dans le monde d’aujourd’hui, c’est une vocation absolument nécessaire (…) Vous savez, ici au Maroc, nous sommes une Eglise insignifiante, toute petite, mais une Eglise belle et authentique, significative. Nous sommes un signe. »

Comment relit-il ce parcours hors normes ? « Oh, la vie est un peu un mystère. Il y a des circonstances. Le Seigneur a des chemins pour chacun pour nous guider. Et les déracinements, finalement, c’est très salésien : Don Bosco disait que le Salésien, c’est comme le chou, il faut le déraciner pour qu’il grandisse ! »

Le regard brillant, il se tourne alors vers nous, ce matin de 2018 lors du « Week-end Don Bosco jeunes et familles », comme le pape le soir de son élection demandant aux fidèles réunis place Saint-Pierre de prier pour lui : « Même si certains d’entre nous avons des responsabilités sur d’autres personnes, n’oublions pas que nous sommes tous frères. D’ailleurs, aidez-moi à être ce que je suis, suis du verbe « être » et suis, du verbe « suivre »… »

Le nouveau cardinal Lopez sera « créé » (c’est le verbe que l’on utilise dans ce cas) lors d’un consistoire qui se tiendra le 5 octobre au Vatican. Il rejoindra le collège de cardinaux qui compte environ 120 cardinaux électeurs.

Il a ensuite rendez-vous avec toute la famille salésienne de France, lors du rassemblement national programmé à Lourdes fin octobre.


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