Question d’éducation : « Quoi ? Faire alliance avec le jeune ! « 

2 juillet 2015 à 7:55

Question d’éducation : « Quoi ? Faire alliance avec le jeune ! « 

« Sans votre aide, je ne puis rien faire. » Don Bosco ne cessait de le répéter aux jeunes qu’il accompagnait. « J’ai besoin de votre accord.» Pour lui, le jeune n’est pas seulement un destinataire, mais également un partenaire de l’action éducative.

 

 

Le terme d’alliance conjugue « amour et loi » et conduit l’éducateur à se positionner dans un rapport de juste distance et de juste proximité avec le jeune. Conjuguer amour et loi, c’est savoir faire passer le message : « Je te dis non parce que je t’aime. Si j’en avais « rien à cirer » de toi, je te laisserais faire tout ce que tu veux. Si je pose des limites, c’est parce que je me soucie de toi, que je veux prendre soin de toi. »

 

Savoir faire passer le message :
« Je te dis non parce que je t’aime »

 

 

A un adolescent qui était furieux dans mon bureau car je ne l’autorisais pas à rentrer à 2h du matin comme il me le demandait, je disais : « Tu imagines ta réaction si je répondais à ta demande en te disant : rentre quand tu veux, à 2h, à 4h, à 6h, demain, dans une semaine…. Tu penserais que je n’en aurais « rien à cirer » de toi. Si je souhaite que tu sois là à 11h, c’est que je sais combien la cité est dangereuse pour toi, passé minuit. » C’est dans cette conjugaison que réside l’art éducatif.

 

Sans preuve d’affection, il ne peut y avoir de confiance

La «famigliarità » consiste à frayer avec les jeunes, à se mettre à leur niveau, à aimer les choses qui leur plaisent, estimer que le jeune peut nous faire découvrir des aspects de la vie inconnus de nous. Être présent à la façon de Don Bosco, ce n’est pas d’abord accepter d’être souvent physiquement présent, c’est surtout accepter de recevoir du jeune ; parce que, si je suis présent auprès de lui, lui aussi est présent auprès de moi.

 

L’alliance n’implique pas l’effacement de l’éducateur

 

La « famigliarità » et elle seule, permet de briser la « fatale » barrière de méfiance entre jeunes et éducateurs et de lui substituer une confiance cordiale. N’est-ce point souvent de la méfiance que ressentent les jeunes de prime abord face aux éducateurs et principalement les jeunes ayant des difficultés d’insertion sociale ? Il ne s’agit pas de tenir des discours aux jeunes (ils en ont entendu combien déjà !) … mais de participer à leur vie …

 

Une pédagogie de l’alliance

« Sans vous, je ne puis rien faire. » Ce propos de Don Bosco souligne deux aspects complémentaires : « Sans vous ». Il s’agit d’un appel à la participation. Mais Don Bosco ajoute « je ne puis rien faire ». La participation du jeune n’implique nullement l’effacement de l’éducateur. Celui-ci doit jouer son rôle. La part de chacun croît simultanément.

 

Jean-Marie Petitclerc
salésien de Don Bosco
auteur de : La pédagogie de Don Bosco en douze mot-clés
2 juillet 2015

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin

Jean-Marie Petitclerc est l’auteur du livre La pédagogie de Don Bosoc en douze mots clés destiné à toute personne intéressée par la pédagogie. Il s’adresse aussi aux équipes qui souhaitent travailler la méthode salésienne dans le cadre d’un parcours d’année, seul ou à plusieurs.

 

 

 

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