« Chers jeunes… chers adultes… »

1 novembre 2020 à 4:30

« Chers jeunes… chers adultes… »

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A l’occasion de la rentrée scolaire du 2 novembre, le père Daniel Federspiel et sœur Geneviève Pelsser, provinciaux respectivement des salésiens et des salésiennes de France, Belgique-Sud, Maroc et Tunisie, ont envoyé aux communautés éducatives ce « mot du jour ». Une tradition chère à saint Jean Bosco dans laquelle ils s’adressent à la fois aux adultes et aux jeunes. Précisons que ce texte a été écrit avant l’attentat de Nice.

« Nous sommes tous marqués par ce qui s’est passé au début de ces vacances : l’assassinat d’un enseignant à proximité du collège où il travaillait. Depuis lors, le nom de Samuel PATY nous est devenu commun, comme son métier. Par ce « mot du jour », dans une tradition chère à Don Bosco, nous voulons nous associer à ce moment significatif pour tout notre pays.

« Sans vous je ne peux rien faire », disait Jean Bosco aux jeunes et aux adultes qui se mettaient ensemble pour réussir l’éducation des uns et des autres dans le cadre d’une école ou d’un centre que tous appelaient « Maison ».

Mais doit-on avoir peur dans une maison ? Doit-on y risquer sa vie en exerçant son métier ? Chacun comprendra qu’il est nécessaire collectivement de réaffirmer que nous sommes là d’abord parce que nous voulons nous aider à grandir mutuellement.

Pour cela, il est important que chacun trouve sa place et s’y sente bien, estimé et aimé, attendu et encouragé…

Alors, cher jeune, que représente vraiment pour toi « un prof », c’est-à-dire, au sens large du terme, un adulte de notre communauté éducative qui est là pour exercer son métier ? N’est-il pas aussi un père de famille, une mère, un homme, une femme qui croit en toi ? Quelqu’un qui sait que l’éducation te permet de dire et de comprendre qui tu es et vers quoi tu veux grandir ?

Cher adulte, crois-tu qu’un élève peut devenir une personne à craindre, quelqu’un qui peut chercher à nuire à ton métier ? N’est-il pas plutôt un enfant, un jeune, un fils, une fille qui porte en lui/elle une aspiration à la vie et à l’amour et qui a besoin d’un regard positif pour la découvrir et la faire grandir ?

Il est très important que nous nous engagions TOUS à nous dire maintenant BIENVENUE dans cette maison et que nous puissions nous donner le temps – en respectant les gestes barrières ! –  de nous redire combien nous voulons manifester l’estime que nous portons les uns aux autres.

Enfin, dans la fidélité à la sensibilité éducative de nos fondateurs, que nous sachions marquer un temps de silence pour rendre hommage à toutes les victimes de cette terrible actualité qui nous a marqués :

ce jeune papa d’un enfant de 5 ans qui est mort pour avoir voulu apprendre la liberté à ces élèves.

ce jeune assassin qui ne connaissait pas cet enseignant et qui a été victime des informations qui l’ont poussé à commettre un geste de haine qui lui a coûté la vie aussi.

ces jeunes élèves de ce collège qui, devant le piège de l’argent, regrettent d’avoir commis l’irréparable.

Par cette cruelle actualité, nous voyons combien ont été brisés les codes et les valeurs de ce qui fait normalement le ciment d’une communauté éducative. Alors soyons forts, soyons solidaires et prions pour confier notre Maison au Père de la Vie et de l’avenir.

 

Sr Geneviève PELSSER, Provinciale des Filles de Marie-Auxiliatrice

P. Daniel FEDERSPIEL, Provincial des Salésiens de Don Bosco

Famille Salésienne