La plus haute distinction française, la Légion d’honneur, pour mère Yvonne Reungoat

9 janvier 2021 à 10:00

La plus haute distinction française, la Légion d’honneur, pour mère Yvonne Reungoat

Mère Yvonne REUNGOAT, supérieure générale des Filles de Marie Auxiliatrice,  vient d’être promue officier (elle était déjà chevalier) dans l’ordre de la Légion d’Honneur, promotion du 1er janvier 2021. Une distinction méritée pour une femme qui a consacré sa vie aux jeunes.

Rappelons d’abord que les Filles de Marie-Auxiliatrice, ce sont… les sœurs salésienne de Don Bosco. C’est en effet ainsi que s’appelle l’institut, qui regroupe aujourd’hui environ 12 000 religieuses, dans 1400 « maisons » répartis dans 97 pays sur les cinq continents. Ce qui en fait l’une des plus importantes congrégations apostoliques dans le monde.

Mère Yvonne fait partie des sept premières femmes à avoir été nommées membres de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique du Vatican, en 2019.

D’origine bretonne (elle est native de Plouénan), mère Yvonne est entrée chez les sœurs salésiennes en 1963. Après avoir enseigné l’histoire et la géographie quelques années à Lyon, puis avoir été responsable dans diverses communautés, elle devient provinciale de la France du Nord en 1983. A l’époque, en effet, la France était divisée en deux provinces salésiennes, Paris et Lyon.

Elle quitte ensuite la France et est envoyée comme missionnaire pour coordonner le nouveau projet Afrique. Elle y devient même provinciale de l’Afrique de l’Ouest en 1991. Cette Afrique, que mère Yvonne va découvrir et aimer profondément, comme elle l’évoquait dans le quotidien La Croix en 2009, parlant d’un « grand amour pour la réalité africaine ». « Non sans difficulté, car il a fallu comprendre les véritables besoins éducatifs, l’éducation étant le cœur de la vocation salésienne. Très vite, une priorité s’affirme : « répondre aux questions des filles africaines, les grandes laissées-pour-compte du système éducatif ».

Car l’Afrique, c’est aussi la découverte de la très grande pauvreté. « En Europe, nous connaissons la pauvreté, dit-elle, mais là, c’est un système entier, reflet d’énormes inégalités et dysfonctionnements au plan mondial. » Sentiment de désespoir ? « Non, car on peut bouger les choses. » Avec une dose de pragmatisme féminin : « Nous avançons en nous appuyant sur des microréalisations. », écrit alors le quotidien La Croix.

En 1996, elle est élue au Conseil Général de l’Institut (l’instance de direction de la congrégation pour le monde) comme visitatrice. Ses missions l’amènent alors à rencontrer les sœurs des Provinces d’Amérique Latine, de plusieurs pays d’Europe et de Corée.

En 2002, elle devient Vicaire Générale de la congrégation et, en 2008, la première Supérieure Générale non italienne, depuis la fondation de la congrégation par Jean Bosco et Marie-Dominique Mazzarello, le 5 août 1872.

Après deux mandats de six ans, sa mission aurait dû s’arrêter lors du chapitre général qui était programmé en septembre 2020. En raison de l’épidémie de Covid 19, ce chapitre a dû être reporté en avril 2021, ce qui a amené mère Yvonne à prolonger de quelques mois sa présence à la tête de l’Institut.

Partout, Mère Yvonne répand la joie d’être FMA et de donner sa vie pour l’annonce de l’Evangile surtout aux petits, aux pauvres et aux femmes. Elle est aussi convaincue que la vie religieuse au féminin a un avenir : « On nous a longtemps considérées pour ce que nous faisions : éducatrices, catéchistes Il faut désormais témoigner aussi de ce que nous sommes : des religieuses. », témoignait-elle dans La Croix.

L’équipe de DBA lui adresse toutes ses félicitations pour cette reconnaissance bien méritée !

Joëlle DROUIN

 

Pour aller plus loin : 

 

 

Famille Salésienne