Révolution Venezuela : du rêve bolivarien au cauchemar de la crise

14 décembre 2018 à 5:55

Révolution Venezuela : du rêve bolivarien au cauchemar de la crise

Les salésiens apportent leur aide autant qu’il est possible à la population vénézuélienne. Ils partagent la misère et les souffrances du peuple. « Missioni Don Bosco » a lancé un appel à la solidarité pour les aider.

 

Les gens riches ainsi que les instruits ont fui en masse à l’étranger. Les bourgeois sont devenus pauvres, les pauvres sont devenus misérables ; certains en sont venus à fouiller les poubelles et disputer leur butin aux chiens. Même dans les campagnes on a faim. Les jeunes enfants souffrent de dénutrition. Un jeune homme est mort faute de médicaments pour soigner son diabète : les pharmacies manquent de tout. Le président Hugo Chàvez a instauré un régime socialiste à l’imitation de Cuba, misant tout sur le pétrole. La situation est catastrophique, il faut tout importer, l’inflation galope, les prix montent deux fois par semaine. L’actuel président Nicolas Maduro s’obstine.

Les salésiens distribuent des centaines de repas, selon ce qu’ils ont, et il manque parfois de la nourriture pour eux-mêmes. Ils souffrent de voir leurs propres familles affamées, et certains en viennent à quitter le pays. Mais ils refusent de se décourager, ils veulent sauvegarder leurs œuvres et rester avec les jeunes. Ceux-ci, d’ailleurs, leur donnent des leçons d’espérance ; et leur optimisme est communicatif.

Le royaume de la rapine

Les salésiens sont présents dans le pays depuis 1894. Ils sont répartis actuellement dans 33 communautés, 23 dans le Nord et 10 en Amazonie. A Caracas, la capitale, en plus des animations dans les collèges et les paroisses, ils assurent notamment une présence auprès des jeunes du quartier dangereux de La Dolorita, un chaos de maisons accrochées à la montagne. Des briques rouges et des toits en tôle, pas de vitres aux fenêtres, mais des grilles bien solides. C’est le royaume de la rapine, de la bagarre, et c’est là que sont cachées les personnes enlevées dans le but d’en tirer une rançon, pas trop élevée, pour qu’elle puisse être réglée le jour même par la famille. L’oratoire ressemble à un fortin, mais un salésien, issu de ce quartier, parvient à établir le contact avec les jeunes et à leur offrir des activités éducatives. Deux centres de formation professionnelle organisent des cours, soit de brève durée pour ceux qui n’ont pas pu suivre les cours réguliers, soit d’une année pour acquérir une qualification professionnelle.

Une ferme dans la Cordillère des Andes

Dans la Cordillère des Andes, à Barinas, les salésiens sont fiers de leur école implantée dans une grande ferme, au milieu d’une vaste campagne. Elle est fréquentée par 200 élèves de 15 à 18 ans, tous internes, formant comme une grande famille. Ils pratiquent l’élevage de poules, cochons, chèvres, brebis, chevaux, veaux et taureaux, vaches à lait. Les jeunes ont une demi-journée de travail et l’autre de cours théoriques. Là, les jeunes sont heureux. L’un d’eux, venu d’Amazonie, est fier de raconter qu’il a marché durant neuf jours avec son père pour rejoindre la ferme du bonheur.

 

 

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