le mot-clé des tout-petits : « Pardon »

29 avril 2020 à 5:00

Aujourd’hui, Dieu nous parle de sa tendresse, en réponse au péché. Il s’agit d’abord de mensonge, de trahison, bref, tout ce qu’on a de pire en nous, et dont Il nous a libérés par le don de sa vie. Et il répond à notre péché avec les mots les plus doux :

Il dit qu’il est ta lumière, ton défenseur qui pardonne, qui te guérit et te couronne d’amour et de tendresse, lent à la colère, plein d’amour, bienveillant, doux et humble.

Mais il nous dit aussi sa condition : c’est en étant tout-petits que nous pouvons entendre, vivre sa parole.

En fait ? C’est quoi, un tout petit ? Écoutez ce que dit un de mes élèves, vous aurez une piste :

« Quand j’ai donné un coup à Gabriel, j’ai dit pardon. Je n’ai pas voulu faire du mal à Gabriel. »

Que font les tout-petits après avoir fait mal ? Et oui, sans exception, parce que les adultes leur apprennent, ils disent « pardon » ! Le petit qui parle a trois ans et demi. Il comprend encore cet évangile. Il comprend le prix de la tendresse : « si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste, va jusqu’à pardonner nos péchés. »  C’est si simple de réparer. Un petit acte, un petit mot, un cadeau de Dieu en cinq phonèmes, le mot-clé des tout-petits : « Pardon ».

Savons-nous le dire ? Savons-nous être petits devant l’autre ?

Ou bien, suis-je ce savant qui soutient avec des mots intelligents la raison pour laquelle je ne suis pas fautif ? Pour laquelle je n’ai pas l’obligation de réparer ? Pour laquelle j’ai raison ?

Le petit de ma classe n’a pas expliqué tout cela. Il ne s’est pas justifié. Il voulait vite retrouver la tendresse, le sourire, la douceur, la bienveillance de l’autre. Il voulait l’oubli de son geste.

Qu’avait-il de plus que les savants que nous sommes ?  Il avait juste le courage.

Pour dire un si petit mot, si court, si facile à prononcer, la seule chose qui nous manque souvent, c’est ça. Le courage. Le même courage qui te pousse à faire : ceci ou cela, ou encore ça pour te sentir aimé, reconnu, regardé. Mais tu es tombé combien de fois avant d’y arriver ? Les mêmes chutes nous attendent avant de maîtriser le geste. La même honte quand l’autre voit notre faiblesse. Mais le courage nous permet de nous relever, et de recommencer pour corriger notre erreur.

C’est le même courage dont nous avons besoin pour prononcer ce petit mot : pardon. C’est dans ce mot que se cache le tout petit à qui Dieu révèle sa tendresse, son amour et sa vérité. C’est facile, c’est simple, et ce n’est jamais trop tard.

Nous serons bientôt déconfinés. Ce sera de nouveau le temps d’exercer le courage d’être petit !

 

Fraternellement,

Szilvia

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