« On cherchait une seule chose, être aimée, et on l’était de la part des sœurs salésiennes et de nos profs » : à Guînes, d’anciens élèves de retour au lycée Jean-Bosco

3 juillet 2026

« On cherchait une seule chose, être aimée, et on l’était de la part des sœurs salésiennes et de nos profs » : à Guînes, d’anciens élèves de retour au lycée Jean-Bosco

La maison salésienne de Guînes (lycée Jean-Bosco) fête cette année les 140 ans de sa création, en mai 1886. Elle fut la première maison ouverte par des sœurs salésiennes dans la province de Paris. Le 26 juin, une fête a permis de rassembler des anciens élèves de la maison.

C’est toujours émouvant et joyeux, une rencontre d’anciens élèves. Le vendredi 26 juin, Dorothée Fetel, professeur de logistique au lycée Jean-Bosco de Guînes (Pas-de-Calais) et présidente de l’association locale des anciens élèves (ADBS), tous les membres du bureau des anciennes mais aussi de nombreux profs et profs retraitées étaient mobilisés pour accueillir les anciens élèves et assuré des groupes de visite par filière : mode-couture, sanitaire et social, électronique, logistique, transport, 4e techno…

Un événement ! Il n’y avait pas eu de retrouvailles d’anciens et anciennes à Guînes, depuis une trentaine d’années environ. Mais surtout, cela a permis de se souvenir de la fondation de cette maison salésienne par les Filles de Marie-Auxiliatrice en 1886. Ce dont se chargea, dans son discours, sœur Dominique Godino.

Un peu d’histoire

En 1883, lors de son dernier voyage en France, Don Bosco passe à Lille. Il y ouvre l’orphelinat Saint-Gabriel avec le père Bologne, salésien arrivant de Marseille, l’année suivante. Il rencontre les demoiselles Morgant qui lui demandent d’envoyer aussi des religieuses salésiennes à Guînes, dans le Pas-de-Calais, pour s’occuper des jeunes orphelines qu’elles accueillent.

Le 24 mai 1886, jour de la fête de Marie-Auxiliatrice, la mère générale qui succède à Marie-Dominique (décédée depuis cinq ans), nomme les trois premières FMA (Filles de Marie-Auxiliatrice) qui arrivent à Guînes : l’une vient d’Italie, l’autre de Marseille et la 3e de Saint-Cyr-sur-Mer. Guînes est la première maison-fondation de la province de Paris, il y a 140 ans !

Après l’orphelinat, est fondée en 1890 l’école Notre-Dame, école primaire pour filles. Puis, en 1945, après les guerres, une seconde bienfaitrice intervient, Mlle Léonilde de Guizelin qui lègue ses biens et son château à notre œuvre salésienne. C’est le début des classes d’enseignement ménager, la première ébauche du lycée professionnel Jean-Bosco.

En 1972, une convention est signée avec la DDASS, l’agrément est donné pour reconnaître la maison d’enfants à caractère social (70 enfants de 3 à 18 ans). La maison devient mixte en 1976, afin d’accueillir les fratries et ne plus séparer les enfants d’une même famille.

A Guînes, nos sœurs dirigent à la fois, l’école primaire, la maison d’enfants (24h sur 24) et le lycée professionnel. D’où la présence d’une grande communauté religieuse. De nombreuses sœurs sont passées ici, comme enseignante, éducatrice, directrice, infirmière ou animatrice en pastorale scolaire… Sœur Marie-Agnès Chetcuti, actuelle provinciale des sœurs pour la France, la Belgique-Sud et la Tunisie, y fut d’ailleurs professeur de mathématiques… et dernière directrice religieuse.

Et maintenant ?

« Aujourd’hui, nous ne sommes plus que 4 en communauté, dont Sr Geneviève Muller, la plus jeune, native du Pas de Calais, ancienne élève du lycée professionnel, carrière sanitaire et sociale ; soeur Alice, notre aînée, originaire d’Alsace, soeur Chantal Fert, notre responsable de communauté, et moi-même, institutrice retraitée, déléguée aux anciens et anciennes élèves », raconte sœur Dominique. « Nous sommes témoins chaque jour, de la vitalité de l’esprit de famille salésien et du climat de confiance qui règnent dans cette maison salésienne, grâce à toute l’équipe éducative. Certains professeurs sont des anciens élèves eux-mêmes des sœurs, qui ont fait le choix d’inscrire leurs propres enfants dans cet établissement scolaire Jean Bosco. »

Des témoignages

La rencontre a permis à certains visiteurs du soir de témoigner. « On cherchait une seule chose, à être aimée et on l’était de la part des sœurs salésiennes et de nos profs » témoigne Stéphanie Têtart, sortie en 1989 du temps de Sr Simone Bois. « J’ai fait des mini-camps. J’ai passé mon BAFA à Lyon avec soeur Marie-Agnès. Et nous avons même aidé les sœurs salésiennes à Paris. Elles venaient de construire un nouveau bâtiment. Il fallait nettoyer, déménager, installer et le soir on avait quartier libre dans Paris. Soeur Marie-Agnès nous faisait confiance » souligne pour sa part Stéphanie Hernault, sortie en 1992.

Gaëlle Bougas, filière carrière médico-social de 1994 à 1996, raconte : « J’étais une interne assez difficile. Je faisais très souvent le bazar ! Soeur Evelyne devait faire son rapport tous les matins à la directrice du lycée et, du coup, j’étais souvent convoquée dans le bureau de soeur Marie-Agnès… J’ai eu comme professeur Mme Catherine Bodelot. A l’internat, il y avait une très jeune sœur, Emmanuelle Nony (…) Après le lycée, j’ai poursuivi mes études et aujourd’hui, je suis juriste à Habitat des Hauts de France, à Calais. »

Hommage aux présidentes

Hommage fut rendu, durant les discours à celles qui ont fait, ces dernières années, vivre l’association d’anciens élèves (créée en 1978), en tant que présidente : Geneviève Parenty, ancienne élève de l’enseignement ménager dans les années 1968, Marceline Demaret, ancienne élève et maman d’élèves (et de profs !), qui a fait toute sa carrière professionnelle à Jean Bosco et, désormais, Dorothée Fetel.

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