Le parcours de Randy, mineur migrant, de la RDC

11 mai 2017 à 2:40

Randy vient de la République Démocratique du Congo (RDC). Il a été invité à participer au Camp InterJeunes où il a rencontré des salésiens de Don Bosco. Ses blessures étaient encore vives. Aujourd’hui, grâce aux Camps InterJeunes, il a découvert le métier d’animateur. Une étape importante dans son parcours.

 

Pourquoi es-tu parti du Congo ?

J’ai perdu mes parents à l’âge de 14 ans. Suite à leur décès, ma famille, côté paternel, m’a accusé de la mort de mes parents et m’a abandonné afin d’accaparer les biens de ma famille. Suite à cela, ma tante, du côté maternel, m’a pris pour habiter avec elle et vendre au marché. Mais, n’étant encore qu’un enfant, je ne pouvais pas vendre autant qu’elle n’espérait. Pendant cette période, nos relations se sont dégradées. Elle nourrissait de la haine vis-à-vis de moi et me battait jour et nuit. C’est pour cela que je me suis retrouvé dans la rue, pour échapper à ses agressions verbales et physiques.

J’ai fait la rencontre d’un ami de mon père qui était étonné de me voir vivre à la rue. Il s’est permis d’organiser mon voyage en Europe. Il m’a confié à un passeur qui m’a accompagné en France en vue d’habiter chez mon oncle. Arrivé en France, le passeur m’a abandonné dans la ville d’Annemasse. Un homme, qui m’a aperçu en train de me lamenter, m’a accompagné au conseil départemental. A partir de là, j’ai été placé dans un foyer pour mineurs isolé.

Quels sont tes liens avec la famille salésienne de Don Bosco ?

L’an dernier, j’ai participé aux Camps InterJeunes, le camp Créaction. J’ai découvert un groupe de jeunes ouverts d’esprit et accueillants. J’ai fait aussi la connaissance des salésiens de Don Bosco. Ce camp m’a permis de changer mes idées et de me sentir entouré de bonnes personnes qui se soucient de moi et de mon avenir. Là-bas, l’atmosphère générale du camp était géniale. J’ai participé à la préparation des activités du camp.

Durant le camp, les blessures que ma tante m’avait infligées se sont réveillées et m’ont empêché de participer à toutes les activités physiques du camp. Mais, malgré tout, cela m’a aidé à garder le moral. Nous avons monté un orchestre et pris des chants aussi bien européens qu’africains.

La participation aux CampsInterjeunes a été un tournant dans ta vie ?

J’ai découvert le rôle d’animateur auprès des jeunes, depuis je suis attiré, et motivé pour passer à mon tour le BAFA.

 

Ton avenir te semble-t-il plus clair aujourd’hui ?

Je suis en lien avec une famille qui m’aide à reconstruire ma vie en France et m’accompagne à la préparation de mon baptême. Je me suis fait des amis qui participent à la réussite de ma vie en France. J’ai pu être scolarisé au lycée professionnel CECAM en CAP menuisier fabricant. C’est une formation que je n’ai pas choisie mais qui me permet de découvrir un métier manuel. Pour le moment, ma scolarité se passe très bien. Mon projet est d’atteindre mes objectifs scolaires afin de faciliter mon insertion dans le monde du travail en France.

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