Week-end Don Bosco Jeunes et Familles : « Il y a des moments où on se dit : là, c’est Dieu qui parle »

4 novembre 2022

Week-end Don Bosco Jeunes et Familles : « Il y a des moments où on se dit : là, c’est Dieu qui parle »

La 11e édition du « Week-end Don Bosco Jeunes et Familles » s’est tenue, en cette Toussaint 2022, au village-vacances de l’AEC de Forgeassoud, à Saint-Jean-de-Sixt. Il a rassemblé 246 participants, dont un tiers venant pour la première fois.

Ce rassemblement, c’est quoi ?

En 2008, quelques bénévoles de la famille salésienne ont souhaité proposer un rendez-vous plutôt tourné vers les 20-40 ans. A l’époque, des propositions existaient pour d’autres tranches d’âge, mais les jeunes couples se sentaient alors un peu « isolés ». Le format ? Un temps de vacances qui allie spiritualité, rencontre avec des hommes et des femmes qui nous font grandir (et que l’on appela dès le départ des « grands témoins »), mais aussi découverte, repos, vacances. La première édition a eu lieu à Grasse, à la Toussaint 2008. Nous étions 60. Depuis, le « Week-end Don Bosco 20-40 ans » est devenu « Week-end Don Bosco jeunes et familles ». Il a pris ses aises à la montagne, entre Saint-Jean-de-Sixt et Samoëns.

 

Le frère Sébastien Robert

Le frère Sébastien Robert, salésien de Don Bosco.

Le frère Sébastien Robert, salésien de Don Bosco, économe provincial. Sébastien a découvert Dieu à 24 ans, a appris à prier au Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ)… et a fait le choix de la vie religieuse. Il a décidé de ne pas devenir prêtre, mais « frère », salésien coadjuteur.

Verbatims :

  • « La foi, c’est le moment où l’on commence à se questionner, à se demander ‘Et si Dieu existait vraiment ?’ »
  • « Chez nous, salésiens de Don Bosco, on est tous frères. Le coadjuteur, c’est ‘celui qui aide’, c’est un homme en bras de chemise. »
  • « Quand mon frère prêtre est à l’autel, moi, je suis là où sont les jeunes »
  • « La vocation, l’appel de Dieu, c’est un appel au bonheur. Et la vie, c’est une succession de choix, de petits ‘oui’ qui font un gros ‘oui’ ».
  • « Confiance, Dieu agit ! On témoigne tous les jours de notre vie. »

 

Séverine et Jean-Baptiste Hibon

Séverine est logopédagogue. Jean-Baptiste est psychosociologue. Il est aussi diacre dans le diocèse de Lyon. Surtout, Jean-Baptiste est handicapé, suite à une erreur médicale à la naissance. Conférenciers et écrivains tous les deux, ils font partie de la famille salésienne.

Verbatims :

  • « On a tous été des numéros 1. Petit à petit, on se rend compte : numéro 1, j’ai été ; numéro 1 je ne le suis plus. Il y a alors deux stratégies pour redevenir le ou la meilleure : la compétition… ou la coopération »
  • « L’autonomie, c’est savoir demander de l’aide à la bonne personne et au bon moment ».
  • « Le diaconat semblait tomber sous le sens avec Jean-Baptiste. C’est une aventure très belle, très profonde, qui s’impose à vous. Les diacres sont aux frontières. Et nous, les femmes de diacres, nous sommes aux frontières œcuméniques (pensez aux femmes de pasteurs ou de prêtres orthodoxes). »
  • « Je suis le seul à pouvoir le dire avec force : le handicap, c’est une erreur de la nature ! Et face à une erreur, il y a trois réactions possibles : la fuite en avant, la désespérance… et la « bonne attitude » : est-ce que cette erreur m’aide à avancer, à devenir meilleur ? Jésus les a prises sur lui pour les transformer ».

Hugo et Geoffroy, du groupe Holi

Depuis plusieurs années, six jeunes chrétiens originaires de la métropole lilloise (9, si on compte les techniciens, qui font partie intégrante du projet) ont à cœur de partager leur foi par leur musique. Chaque année, Holi rencontre plusieurs milliers de personnes pour partager des moments, parler de leur vision du monde qui les entoure et comment ils vivent leur foi. Alors que leur quatrième album sort ces jours-ci, Hugo et Geoffroy, deux membres du groupe, ont témoigné. L’un est un « bébé salésien », familier de ces rassemblements. L’autre a grandi dans la foi grâce au projet Lyon-Centre. Tous ont un métier, car ils ont décidé de rester bénévoles.

Verbatims :

  • « A quoi bon dire que l’Eglise ne nous ressemble plus… parce que l’Eglise, c’est nous ! »
  • « Cet engagement n’est pas que le nôtre »
  • « Quand on explique ce que l’on fait, ce que l’on vit le week-end, on reçoit toujours un bon accueil, curieux, bienveillant ».
  • « Ce projet nous amène à vivre des rencontres exceptionnelles dans des lieux parfois exceptionnels ».

 

Mais aussi…

Le week-end Don Bosco, c’est aussi un grand jeu en soirée, des messes quotidiennes, des sketches, des chants, des danses, une course d’orientation dans la montagne intitulé Boscathlon, une veillée des talents, des clubs chaque matin pour les enfants animés par des jeunes du Mouvement salésien des jeunes, des temps de convivialité, la prière du matin (les laudes) animée par les sœurs salésiennes. Ainsi qu’une veillée spirituelle marquée cette année par un spectacle interactif interprété par Isabelle Laurent, intitulé « La petite fille qui voulait sauver le monde ». Dans un spectacle plein de poésie, Isabelle nous a invité à partir à la recherche de la petite fille joueuse, rieuse et blagueuse. L’occasion de prendre conscience des petites voix qui, parfois, nous empêchent d’avancer… et de prendre conscience de nos capacités.

 

Et alors ?

Durant la dernière matinée, les participants ont partagé leurs sentiments. Voici quelques-unes de leurs réactions et remarques.

Comment je suis arrivé ?

  • J’avais besoin de me recentrer et de me couper du quotidien
  • Je suis arrivé très fatigué.
  • J’avais besoin d’un break, d’arrêter de courir et de me déconnecter du quotidien.
  • J’étais un peu anxieuse à l’idée d’être nombreux (j’aime la solitude).
  • J’étais assez curieux, des frères salésiens m’avaient dit que c’était super. J’étais dans l’attente et la confiance.
  • Je suis arrivé très découragé et la veillée spirituelle m’a donné une claque et m’a donné envie de repartir et de mettre en pratique davantage ma foi.
  • Avec un urgent besoin de faire une pause et de déconnecter.
  • Je suis arrivée fatiguée, mais avec le désir de partager ce temps avec mes petits-enfants.
  • On est un peu isolés, alors on était content de revoir la famille salésienne, de retrouver des gens que l’on ne croise qu’une fois par an lors de cette session et de rencontrer de nouvelles personnes.
  • Impatient de retrouver l’ambiance salésienne et les connaissances des années précédentes, c’est une deuxième famille.
  • Avec une légère appréhension de savoir si on va trouver sa place. Et aussi l’envie de comprendre l’enthousiasme de ceux qui nous ont dit de venir.
  • Je venais pour la première fois, avec l’envie d’être surpris, de rencontrer. Les enfants (16, 13, 8 ans) étaient moins ravis et on devait donc repartir plus tôt. Finalement, ils nous ont demandé de rester !
  • Je suis arrivé avec l’envie de faire découvrir ce genre d’Eglise que j’aime.

Quelle pépite ai-je envie de partager ?

  • J’adore le Boscathlon, cette marche d’orientation dans la montagne : c’est beau de voir tout le monde, notamment les jeunes, se dépasser.
  • J’ai fait de belles rencontres.
  • Chaque temps est vécu intensément, c’est vraiment un lieu de communion
  • Le témoignage de Jean-Baptiste Hibon m’a transporté, subjugué. Quelle intelligence, quelle humanité, quelle joie !
  • Tous les témoignages : c’est important, je viens pour ça.
  • Les laudes : c’est accessible facilement.
  • J’ai aimé les relations entre les grands jeunes et les plus petits, leur bienveillance, leur accompagnement, ça respirait le bonheur.
  • Ma pépite, c’est une conversation spirituelle que j’ai eue avec un frère salésien.
  • L’intergénérationnel qui se vit très naturellement.
  • J’ai adoré la fin de la veillée spirituelle, un beau moment de recueillement.
  • Pour moi, c’est l’entraide durant le Boscathlon : la force du groupe quand on se perd.
  • Le témoignage de Jean-Baptiste : ça m’a beaucoup touché et j’ai pris conscience que dans le monde, on a besoin de personnes handicapées. Sa théorie du « meilleur ». Sa définition de l’autonomie.
  • Les témoignages d’Hugo et Geoffroy : ce sont de super modèles pour nos jeunes.
  • La soirée des talents : ma fille a osé prendre le micro, c’était inimaginable pour moi.
  • La lumière d’Hugo et Geoffroy dans leurs messages porteurs d’espérance pour les jeunes. C’est l’Eglise de demain qui se construit.
  • La voix de Gwenaëlle. Celle de Solène. Et les interactions de Gwenaëlle avec les enfants pendant les célébrations.
  • La joie de voir nos enfants s’épanouir avec les autres enfants de façon spontanée.
  • Ma pépite, c’est ce projet à dimension collective avec du sens (habitat partagé à Saint-Geniez-d’Olt, présenté par Simon-Pierre et Brigitte Escudero).
  • Le mot du soir d’Agathe et Camille.
  • La veillée des talents : avec rien, en quelques heures, voir ce qui se construit, ces sketches magnifiques.
  • Le témoignage de Sébastien.
  • Le mot du soir de Jean-Marie Petitclerc, son homélie du mardi… et ses colliers de coquillage !
  • J’ai vécu deux rencontres qui m’ont touchée particulièrement car elles ont fait écho avec des choses vécus en moi à ce moment-là, le Seigneur fait bien les choses, j’en avait besoin.
  • L’esprit « Don Bosco » : il y a quelque chose ici qui est unique.
  • Le spectacle sur la « petite fille » a résonné en moi.

Ce que j’en ai pensé

  • Il y a des moments où on se dit : là, c’est Dieu qui parle
  • J’avais oublié que c’était si bien, pourtant j’étais venu l’an dernier !
  • On voudrait que ça dure plus longtemps
  • Il y a ici une vie fraternelle qui n’est pas que dans le « dire ». Je repars ressourcé.
  • Il y a une grande simplicité, cela se fait tout naturellement, on rencontre des gens, on mange avec eux, on échange…
  • Le cadre (en Haute-Savoie) et le temps : les conditions étaient optimales. Et c’est merveilleux de ne pas s’occuper des repas, des lits, etc.

Comment je repars ?

  • Je vais essayer d’être davantage un homme de lien au boulot. Et être aux frontières.
  • Je repars avec des outils d’animation pour les gamins des rues dont je m’occupe.
  • Ma découverte, c’est que je peux vivre ma vie en associant Dieu à mes actions.
  • Pour moi, un chemin de réflexion se met en route vers les salésiens coopérateurs.
  • Je repars… avec de la joie, mais là, je veux diffuser la joie autour de moi. Le monde en a besoin, « les gens » se plaignent beaucoup, il y a beaucoup de négatif.
  • Mettre ma foi en pratique. Etre un témoin au boulot.
  • Je repars avec de l’optimisme pour l’Eglise.
  • J’aimerais vivre d’autres temps comme le « Week-end Don Bosco » dans l’année, je réfléchis pour agir.
  • Les batteries sont rechargées ! La question, c’est comment surfer sur cette vague le plus longtemps possible.
  • Je repars avec des amitiés encore renforcées.
  • Ma foi a grandi.
  • Je crois que je repars plus ouvert à la différence de l’autre, ses contrariétés, ses angoisses.
  • J’ai reclassé mes priorités.
  • Je repas avec des questionnements suite aux témoignages : sur ma vie, sur mes projets.
  • Avec une grande question : comment capitaliser ce vécu sans se laisser à nouveau submerger par le quotidien ?
  • Je vais essayer d’être plus un homme de lien au travail, essayer de partager ma foi au travail.

Famille Salésienne