Quitterie, en volontariat salésien : « Chaque journée à Madagascar me fait grandir un peu plus »

30 mars 2024

Quitterie, en volontariat salésien : « Chaque journée à Madagascar me fait grandir un peu plus »

Quitterie de Hédouville a 22 ans et a obtenu son diplôme d’infirmière il y a dix-huit mois. Après avoir travaillé pendant un an en réanimation au Centre Hospitalier Universitaire de Rennes, elle décide de démissionner afin de partir vivre une expérience humanitaire avec le VIDES, le volontariat salésien, à Madagascar.

 

Quel est ton rôle à Madagascar auprès des sœurs salésiennes ?

Quitterie, à gauche.

J’habite depuis bientôt 5 mois dans une communauté salésienne dans un petit village de brousse au centre de Madagascar, dans la région des hauts plateaux. Tous les matins je travaille au dispensaire, et chaque après-midi je donne des cours de français puis des cours d’alphabétisations aux enfants du village qui ne peuvent pas aller à l’école la journée par manque de moyens ou parce qu’ils travaillent aux champs.


Qu’est-ce qui te marque profondément au quotidien dans la vie malgache ?

Les habitants de mon village sont pour la plupart de modestes cultivateurs, qui vivent de leurs productions. La misère et la pauvreté sont très présentes. Une chose me marque particulièrement, en travaillant au dispensaire, c’est que lorsqu’un problème de santé survient, ce n’est pas la maladie ou la blessure qui inquiètent mais l’argent que cela va coûter pour espérer guérir. J’ai vu des patients et des familles pleurer, non pas à cause de l’annonce de la maladie et des souffrances qu’elle engendre, mais à cause des dépenses que celle-ci va entraîner.

Les Malgaches, principalement ceux qui vivent à la campagne, ont une très belle tradition qui se nomme le « Fihavanana ». Le Fihavanana désigne la solidarité, l’entraide qui les lie à leur famille, à leur voisinage et à tout le village. On est très loin d’une société individualiste, c’est d’ailleurs ici tout l’inverse. Depuis que je travaille au dispensaire, je n’ai encore jamais vu un patient venir seul à une consultation. Dans certains cas graves, il peut y avoir une cinquantaine de personnes qui accompagnent un seul malade. Tout le monde se doit d’être présent dans ce genre de situation et d’aider si possible financièrement ou en donnant du riz à la famille. Le décalage avec la France est énorme !

Que veux-tu dire par là ?

Dans ma petite expérience d’infirmière en France, j’ai vu tellement de patients, notamment de personnes âgées, souffrir de ne pas avoir de visites et de se sentir si isolées ! Mais grâce à notre système de santé, j’ai rarement vu des patients pleurer à cause du coût financier que représente une annonce de diagnostic, quand ils pleurent c’est davantage à cause du diagnostic en lui-même.

Chaque journée passée ici m’apporte son lot de joies, d’interrogations, de difficultés, de surprise et d’émerveillements, me faisant ainsi grandir chaque jour un peu plus.

Propos recueillis par Nicolas BOGAERT

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

Le volontariat salésien (le Vidès) permet à des personnes entre 18 et 35 ans de vivre un bénévolat de plusieurs mois au service de l’éducation des enfants ou des adolescents et de partager la vie et la mission éducative des frères ou des sœurs, salésiens de Don Bosco, en France, en Belgique ou dans un pays d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine. Plus d’infos en cliquant ici. Contact : pilarchombo@gmail.com

« Cela fait plaisir de voir les enfants progresser, apprendre, grandir. On se sent utile » : le témoignage de Lucie, en volontariat VIDES

Volontariat salésien VIDÈS à Calais : « En donnant de son temps, on apprend énormément des autres et de soi-même »

Maxence, volontaire VIDES à Glasgow (Ecosse) : « J’ai pu avancer dans ma foi et voir plus clair dans ma vie »

 

Actualités